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Cuba : A l'avant-garde de l'accès universel aux soins de santé

06 Mai 2018
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Séance inaugurale de la 3e Convention internationale de la santé, en présence de Miguel Diaz Canel Bermudez, président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, José Ramón Machado Ventura, deuxième secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba. À la tribune Roberto Morales Ojeda, vice-président du Conseil d'État et ministre de la Santé. Photo: Ismael Batista Séance inaugurale de la 3e Convention internationale de la santé, en présence de Miguel Diaz Canel Bermudez, président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, José Ramón Machado Ventura, deuxième secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba. À la tribune Roberto Morales Ojeda, vice-président du Conseil d'État et ministre de la Santé. Photo: Ismael Batista

La Havane. Lundi 7 mai 2018. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. La santé universelle au service du développement durable que Cuba a concrétisée a été saluée à la 3e Convention internationale sur la santé 2018, au cours de laquelle l’Île a conclu d'importants accords avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS)

LA mise en œuvre de la Stratégie pour l'accès universel à la santé, signée il y a 40 ans dans la ville d'Almaty, au Kazakhstan, a été au centre des débats de la 3e Convention internationale sur la santé 2018, qui s'est tenue au Palais des Conventions de La Havane, du 23 au 27 mai, en présence de 2 865 délégués de 93 pays.

« La santé constitue un droit humain dont chacun devrait bénéficier. Pourtant, plus de la moitié des habitants de la planète n'ont pas accès à des soins médicaux. Des millions d'êtres humains sont contraints de vivre dans la pauvreté en raison du coût des soins », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans l'une de ses interventions.

Toutefois, il a reconnu que Cuba représente un modèle de système gratuit et inclusif pour toute sa population. Il a remercié le président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, Miguel Diaz-Canel Bermudez, qui assistait à la séance d'ouverture et avec qui il a eu un dialogue cordial.

En poste depuis l'année dernière, le Dr Adhanom Ghebreyesus, de nationalité éthiopienne, a signalé en conférence de presse lors de l'événement international que Cuba est l'endroit idéal pour apprendre comment atteindre une couverture universelle, même avec des ressources limitées.

Il a évoqué plusieurs succès cubains en 2017 : une espérance de vie moyenne à la naissance de 78,45 ans ; un taux de mortalité infantile de 4,0 pour mille naissances vivantes, l’éradication de 11 maladies immunoprévisibles et la certification (en 2015) de l'élimination de la transmission mère-enfant du syndrome d'immunodéficience acquise (VIH/SIDA) et de la syphilis congénitale.

Le Dr Tedros Adhanom, Directeur général de l'OMS (à droite), Roberto Morales Ojeda, vice-président du Conseil d'État et du Conseil des ministres et ministre de la Santé publique (au centre) et la Dr Carissa F. Etienne, directrice de l'Organisation panaméricaine de la santé durant la signature d’importants accords de coopération entre les deux parties. Photo: Ismael Batista

À plusieurs reprises, il a souligné que ce n'est pas la première fois qu'il vient à Cuba, où il trouve quelque chose de nouveau à chaque visite, non seulement dans le domaine de la santé, mais aussi dans la recherche scientifique, la mise au point de médicaments et de vaccins. « L'île détient plus de 160 brevets sur ses médicaments, produit 8 des 13 vaccins qu'elle administre à ses enfants et reste toujours ouverte à la coopération sur la scène internationale », a-t-il déclaré à la presse.

Il a également salué la capacité de Cuba à se préparer et à répondre aux urgences et aux épidémies, la présence de 50 000 membres de son personnel dans 64 pays, la formation de ses ressources humaines en médecine, en soins infirmiers et en technologie de la santé, et le fait que plus de 28 500 jeunes d'une centaine de pays aient obtenu leur diplôme dans ces professions dans notre pays.

Pour atteindre ces résultats, a-t-il dit, il faut la volonté politique et l'engagement cohérent et systématique d'un État garant du développement de ce secteur au bénéfice de la population.

Carissa F. Etienne, directrice de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), a partagé ce point de vue. Elle a donné une conférence magistrale dans laquelle elle a souligné que les valeurs structurées dans le système de santé cubain sont strictement liées à celles prônées par l'OPS, qui visent la solidarité, l'équité et le droit de la population à avoir accès aux services médicaux, un principe défendu en septembre 1978 à la Conférence internationale sur les soins de santé primaires à Alma-Ata (aujourd’hui Almaty), au Kazakhstan.

La directrice de l’OPS a rappelé que bien que plusieurs pays du continent aient réalisé des progrès dans ce secteur, ceux-ci sont encore insuffisants pour différentes raisons en termes de localisation géographique, de défaillances institutionnelles, matérielles et financières : « Plus d'un tiers des habitants de cette région n'ont pas accès à des services de santé intégraux », a-t-elle dit, avant d’ajouter : « En 2013 et 2014, on a dénombré plus de 1,2 million de décès qui auraient pu être évités si les systèmes de santé avaient fourni des services accessibles et de qualité. »

De même, elle a mis en exergue le caractère novateur des efforts de Cuba pour résoudre les problèmes matériaux et financiers, malgré son statut de pays du tiers monde, ce qui l'a conduit à organiser son système de santé en donnant la priorité aux soins de santé primaires, orientés vers les individus et les familles dans une interconnexion décisive avec la communauté, à partir de réseaux intégrés à même d'atteindre tous les points du pays et en assurant la disponibilité de services intégraux de qualité.

L’OPS ET L’OMS, DES ALLIÉS STRATÉGIQUES DE CUBA

Plus loin, elle s’est félicitée des liens étroits entre son organisation et la Grande Île des Antilles, depuis la création même de l'OPS, et de l’adoption d’une stratégie de coopération à mettre en œuvre de 2018 à 2022, axée sur cinq principaux objectifs : davantage de santé, davantage d'efficacité, davantage d'intersectorialité, davantage de résilience au changement climatique et davantage de participation à la santé mondiale.

« Je suis persuadée que ces priorités nous guideront dans la concrétisation de notre coopération technique là où elle est le plus nécessaire et là où elle a le plus d'impact et là où elle nous permettra d’obtenir de meilleurs résultats. C'est un grand privilège pour l'OMS et l'OPS de travailler avec ce pays », a-t-elle déclaré à l’issue de la signature de l'accord.

Nestor Maremon, directeur des Relations internationales au ministère cubain de la Santé publique (MINSAP), a signalé dans un entretien exclusif avec Granma International qu'un travail conjoint avait été effectué pour proposer ces lignes thématiques, appelés à devenir des projets et des missions de coopération spécifiques au cours des quatre prochaines années.

« Il s'agit d'ordonner nos priorités de coopération en fonction des besoins de notre système de santé, car ces organismes internationaux nous accompagnent en permanence dans le développement des principaux programmes, essentiellement dans les services de formation et de conseil. Notre grande force médicale et professionnelle aide aussi d'autres pays à combattre les maladies et les épidémies », a-t-il indiqué.

Roberto Morales Ojeda, membre du Bureau politique du Parti communiste de Cuba et ministre de la Santé publique, a considéré le travail conjoint avec ces institutions comme une ascension progressive.

« Nous nous réjouissons des résultats obtenus, mais il ne fait aucun doute que ce nouveau moment où nous proposons de travailler dans cinq domaines qui illustrent les objectifs définis à l’échelle mondiale nous permettra de faire en sorte que la prochaine période de quatre ans soit une étape pour consolider notre travail », a indiqué le Dr Morales Ojeda, qui est également vice-président du Conseil d'État.

Il a relevé les liens bilatéraux fructueux avec ces deux organisations internationales, avant de souligner que ce pas pourrait représenter une amélioration des indicateurs de santé de la population cubaine et de la qualité des services. Ce sujet a également été abordé par le ministre Morales Ojeda dans son discours d'ouverture de la Convention, où il a mis en garde contre la responsabilité des systèmes de santé dans le traitement des maladies, d'alerter et d'exiger la nécessité de protéger l'espèce humaine afin de contribuer à une vie saine et digne pour les populations.

« Aujourd'hui, les menaces à la paix mondiale, les guerres, les pénuries de nourriture et d'eau, l'épuisement des sources d'énergie et le changement climatique, font de cette planète un endroit dangereux et hypothèquent la perpétuité de l'espèce humaine », a-t-il indiqué en brossant un tableau exhaustif de l'histoire de la santé publique cubaine.

Par ailleurs, il a rappelé qu'au cours des quatre dernières décennies, la Déclaration d'Alma-Ata a constitué l'axe central des déclarations politiques cubaines en faveur de la santé pour tous. Ceci se traduit par une couverture universelle, impliquant l'accès des individus et de leur famille, sans discrimination, à des services complets adéquats, opportuns et déterminés à l'échelle nationale, ainsi qu'à des médicaments de qualité, efficaces et abordables.

Afin de garantir cette accessibilité sur l'île, il existe 451 polycliniques, 10 869 cabinets de consultation du médecin et de l’infirmière de la famille, 110 cliniques dentaires, 151 hôpitaux, 131 maternités, 287 foyers du troisième âge et 150 maisons de retraite, entre autres institutions, pour une population de 11 200 000 habitants.

Le budget alloué à ce secteur et à l'assistance sociale représente 27 % du budget total de l'État et 11 % du Produit intérieur brut. Cuba compte aujourd'hui un médecin pour 122 habitants, un dentiste pour 602 et une infirmière pour 128 habitants, soit des chiffres supérieurs à ceux des pays développés.

PRÉSENTATION À CUBA DE LA SEMAINE DE VACCINATION DANS LES AMÉRIQUES

Le Forum international a servi de plateforme pour lancer, pour la première fois à Cuba, la 26e Semaine de la vaccination dans les Amériques, la plus grande initiative d’immunisation du continent depuis 2003, qui a permis de vacciner près de 70 millions de personnes dans cette partie du monde contre plus d'une douzaine de maladies.

Lors de la cérémonie, qui s'est déroulée à l'Institut des sciences de base et précliniques Victoria de Giron dans la capitale cubaine, il a été rappelé qu'à ce jour, Cuba a éradiqué des maladies telles que la polio, le tétanos néonatal, la diphtérie, la rougeole, la rubéole et le syndrome de rubéole congénitale.

Depuis, cette démarche a bénéficié à 720 millions de personnes sur le continent et, en sept jours, la vaccination contre la rougeole a été renforcée dans 11 pays, face à l'apparition plus de 380 cas et flambées signalés au cours des premiers mois de l'année.

En outre, 14 pays ont également entrepris des vaccinations contre la grippe, 16 contre la polio, 13 contre le papillomavirus humain (HPV) et 5 contre la fièvre jaune.

La vaste campagne de vaccination prévoyait également d'autres activités dans 16 pays, telles que la distribution de vitamine A et le déparasitage de la population. Un large accès à la vaccination dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire permettra d'éviter 24 millions de décès d'ici 2030.

Cette pratique permet de sauver chaque année trois millions de vies de maladies comme la variole, la coqueluche, entre autres, et donne aux enfants la possibilité de fréquenter l'école. Par l'intermédiaire du Centre de génie génétique et de biotechnologie (CIGB), Cuba distribue des vaccins de haute qualité à des prix abordables dans 44 pays.

FOIRE SANTÉ POUR TOUS

Parallèlement, en présence du Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS, et de la Dr Carissa Etienne, Directrice générale de l'OPS, le 14e Salon de la Santé pour tous 2018 a été inauguré au Parc des Expositions de Pabexpo de La Havane, principal lieu d'échange commercial de médicaments, d'équipements et de technologies médicales dans la région.

Cette édition réunit 190 entreprises de 32 pays, dont 139 étrangères. Par ailleurs, 89 conférences ont été données par des spécialistes d'une trentaine d'entreprises étrangères et d’autres par d'éminents scientifiques cubains.

Outre les activités strictement commerciales, des réunions entre universitaires et scientifiques ont été organisées dans le cadre du 1er Forum des investissements Santé pour tous 2018, un espace de rencontres et d'échanges sur les défis de l'attraction des capitaux étrangers et de la réalisation de partenariats et de co-développement.

Granma International a visité le stand de la société allemande d’orthopédie Ottobock, créée en 1919, leader dans le développement des technologies innovantes et de dispositifs médicaux de compensation du handicap. Les responsables du stand se sont félicités de l'alliance stratégique établie avec Cuba sur la base de la solidité d'un système gratuit et inclusif, de la qualité des professionnels du secteur, des savoirs et de l'expérience accumulées, qui favorisent des progrès rapides vers des objectifs plus élevés.

Thomas Pfleghar, prothésiste orthopédique de la firme allemande, a annoncé que depuis l'année dernière, les Cubains ont bénéficié des appareillages produits par cette société, à partir d'un projet scientifique appelé Cuba en Movimiento (Cuba en mouvement), qui sert de modèle pour l'introduction de cette technologie dans le pays.

Le représentant pour la région et pour l’Amérique latine de l'entreprise, l'Argentin Marcelo Cuscuna, a précisé que 20 autres patients sont inscrits pour recevoir les prothèses et, à cette fin, les dossiers ont été préparés et les produits ont été commandés aux laboratoires de fabrication par l'intermédiaire de la société Medicuba.

Quant à l'ingénieur Hector E. Cork Morales, directeur d'Ottobock à Cuba, il a expliqué que le siège social à La Havane a été ouvert en 2016 et que grâce au projet Cuba en mouvement, plus d’une soixantaine 60 techniciens de l’Île ont été formés.

La deuxième étape consistera à moderniser sept laboratoires dans plusieurs provinces afin de procéder à la fabrication de ces prothèses.

La société japonaise Atom a exposé un modèle de base d'incubateur Air Incui, qui permet à plusieurs installations destinées aux soins du nouveau-né de contrôler la concentration d'oxygène et la variabilité de la température, et le poids corporel avec une manipulation minimale du bébé, selon l'ingénieur biomédical colombien Gilbert Andrey Andrey Lopez, représentant régional de cette entreprise.

« Notre marque est présente à Cuba depuis 50 ans avec des équipements installés dans ses hôpitaux. Beaucoup de visiteurs de la Foire sont venus au stand pour nous dire que leurs institutions médicales ont encore des incubateurs qui leur avaient été vendus il y a plusieurs décennies et qu’ils ont donc besoin d'investissements pour les moderniser. Ils nous demandent des informations sur l'équipement spécial pour la chirurgie néonatale ou pour les interventions cardiovasculaires, ce qui a généré des contacts en matière de conseil », a-t-il affirmé.

Pour sa part, l'Argentine Maria José Bianco représentant l’entreprise Fresenius Medical Care, une société allemande, leader mondial des traitements d'hémodialyse et avec l'exposition de plusieurs reins artificiels, a salué le partenariat établi avec l'importateur Medicuba, qui lui a permis de se mettre en conformité avec les réglementations nationales.

« Ce travail conjoint nous donne la possibilité de rencontrer des professionnels dans les domaines scientifique, technique et commercial afin qu'ils puissent assimiler nos technologies dans tout ce qui concerne l'hémodialyse et les thérapies de dialyse péritonéale. Cela a favorisé un échange fructueux, une croissance pour l'entreprise, ainsi qu'une meilleure qualité des produits vendus et une réelle prestation de services aux patients », a-t-elle précisé.

Dans le cadre de la Convention et de la Foire commerciale, plusieurs événements ont été organisés, notamment le Congrès d'hygiène et d'épidémiologie, le Congrès d'informatique et le Congrès de formation des ressources humaines, sous diverses modalités d'exposition telles que symposiums, ateliers, conférences de maître et posters.

L’accent a été mis sur l'atelier sur l'organisation, la qualité et l'efficacité des systèmes et services de santé dans la mesure où il répond au processus de transformations en cours dans le secteur et où de nombreux délégués étrangers ont souhaité en savoir plus sur l'expérience cubaine dans ce domaine.

 

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