Breaking News

Cuba : Le Che doit être plus présent dans notre économie

23 Jui 2018
340 fois

La Havane. Samedi 23 juin 2018. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Ernesto Guevara fut l'un des piliers de la réussite de la Révolution Cubaine en janvier 1959 et une personnalité importante pendant les premières années du Gouvernement instauré dans l'île après le triomphe des rebelles dirigés par Fidel Castro.

Ce 14 juin 2018, on a commémoré le 90° anniversaire de sa naissance. A cette occasion, le docteur Aleida Guevara, fille du Guérilléro Héroïque, a évoqué avec Prensa Latina les idéaux de son père dans la Cuba actuelle et ce qu'il reste à faire pour honorer son héritage.

D'après Aleida, qui collabore au Centre d'Etudes Che Guevara, la pensée du Che reste en vigueur au quotidien dans la société cubaine depuis le salut matinal des élèves de primaire et l'appel qui évoque le combattant légendaire internationaliste :

« Pionniers pour le communisme : Nous serons comme le Che ! »

Précisément, l'une des fonctions du Centre est d'analyser la façon dont le Che arrive aux plus petits : « Nous avons travaillé avec des groupes d'enfants et ce qui se passe quand on leur explique des valeurs comme l'internationalisme est très sympathique. »

« Une fois, en parlant de ce sujet, un enfant s'est levé et a dit à un autre : « Ecoute, petit, tu pleures tous les jours parce que ta maman est partie travailler au Venezuela. Petit, ta maman est comme le Che. Pourquoi tu pleures ? »

« Cet enfant – poursuit la pédiatre – est arrivé à sa propre conclusion sur la nature de l'internationalisme actuellement et il a été capable de l'associer au Che. C'est ce que nous cherchons, que son image soit là, de façon permanente, souvent comme l'une des bases de l'éducation de nos jeunes. » 

Selon elle, il y a d'excellentes expériences dans beaucoup d'écoles bien qu'elle ne les connaisse pas toutes. Cependant, si on évoque la Solidarité avec le Panamá, un centre unique dans son genre dans le pays conçu pour des enfants qui ont des besoins spéciaux, des limites physiques, motrices ou mentales, le travail humain qui se fait là est fantastique. C'est le genre d'écoles où les maîtres enseignement non seulement les mathématiques, l'espagnol ou la physique mais les valeurs de la vie, la solidarité, le respect de l'être humain, l'amour de tous. Et ce sont aussi les valeurs du Che.

Elle pense que si nous arrivons à avoir cette sorte d'écoles, alors, nous aurons protègerons 'enfance et c'est très important pour notre pays : « Quand nous arrivons à ce qu'un enfant aime son école et s'identifie avec elle, cet enfant grandira avec le désir de savoir, d'apprendre et d'être utile dans la société, ce qui pour nous, est essentiel. » 

A propos des valeurs et de la pensée de son père, Aleida Guevara a mis sur le tapis le processus d'actualisation du modèle économique et social en cours à Cuba : « Nous devons améliorer l'économie du pays, c'est indéniable, mais sans oublier la formation des valeurs. Si nous résolvons seulement les problèmes matériels et nous oublions l'être humain, nous perdrons, » a-t-elle déclaré.

Ce qui reste à faire

Selon le docteur Guevara, l'héritage du Che est visible au quotidien dans diverses sphères et divers processus de la Cuba d'aujourd'hui, même dans actualisation économique et sociale. Cependant, elle considère que ce n'est pas suffisant et qu'il faut encore l'étudier et le pratiquer plus.

« Qu'est-ce qui est le plus urgent ? Du point de vue économique, le Che envisageait des choses qu'on en peut oublier d'aucune manière, par exemple le fait que la qualité est le respect du peuple. C'est une phrase très simple mais réellement importante pour les gens. »

« Qu'un de nos travailleurs ne puisse acheter toutes les choses nécessaires pour vivre avec le salaire qu'il touche est un problème que la Révolution affronte et essaie de résoudre. L'objectif n'est pas d'être millionnaires mais que es familles dépendent moins des envois d'argent de l'étranger.»

Le Che – rappelle-t-elle – a pensé à ces choses dès le premier moment quand il parlait de la nécessité d'obtenir des dérivés de a canne à sucre et de les commercialiser et de ne pas se consacrer uniquement à la matière première : « Maintenant, nous commençons à le faire mais regardez combien de retard nous avons pris. C'est pourquoi le Che doit être plus présent dans notre économie, » a-t-elle ajouté.

D'autre part, en analysant certaines tendances économiques, on voit que le Che nous manque dans différents aspects dont la planification : « On planifie beaucoup, oui, mais disait-il lui-même, cela échoue si les ouvriers ne la reconnaissent pas ou n'en sont pas conscients. »

Guevara a ajouté qu'on ne peut laisser perdre rien de ce qui a été dit par son père : la société doit être une gigantesque école où on va former l'homme nouveau : « Si on ne pense qu'au porte-monnaie pour vivre mieux, on peut oublier que nous cherchons une société différente et c'est un réel danger, ces derniers temps. »

Selon Aleida, à Cuba, beaucoup de chose sont été négligées bien qu'on doive aussi reconnaître que le pays a été durement frappé pendant des moments difficiles comme la période spéciale.

« On a cherché des solutions, peut-être pas les meilleures, mais ça a été les solutions de ces situations. Maintenant, il est temps d'en trouver d'autres : rectifier est l'une des belles qualités du processus révolutionnaire, » a-t-elle déclaré.

Concernant l'image du Che, le docteur Guevara a indiqué qu'elle ne peut pas rester seulement des images et des textes dans les écoles : « C'est l'une des dettes que nous avons envers lui. »

Delon elle, dans l'un de ses discours destinés aux étudiants, le Che a déclaré que l'objectif des nouvelles générations était de les oublier, lui et Fidel Castro : « Quand je l'ai entendu, je me suis demandé : il est fou, mon papa ? Comment peut-il dire cela ? Mais ce qu'il voulait dire, c'était que quand, dans l'avenir, nous pourrons les oublier, ce sera parce que nous aurons réussi à mettre en pratique tout ce qu'ils nous ont enseigné. »

« C'est ce que le Che demandait : que nous arrivions à un échelon supérieur, alors, nous l'aurons fait. »

(Avec des informations de Prensa Latina)

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires