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Cuba : Un budget à vocation sociale en dépit des tensions

27 Déc 2018
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La Havane. Vendredi 28 décembre 2018. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Les membres de la Commission des affaires économiques ont également pris connaissance de la mise en œuvre du plan 2018, des estimations de l'exécution du budget cette année et des projections pour 2019

Yudy Castro Morales 21 décembre 2018  

La croissance du PIB en 2018 est essentiellement liée à la dynamique de secteurs tels que les transports et les communications, l'industrie manufacturière, le commerce, ainsi que la santé publique, la culture et le sport, selon les informations fournies aux membres de la Commission des Affaires économiques, qui ont également été informés des estimations concernant l'exécution budgétaire cette année et les projections pour 2019.

Selon le ministre de l'Économie, Alejandro Gil Fernandez, on a constaté cette année une baisse dans l'industrie sucrière, l'agriculture, la construction, ainsi que l'exploitation minière et des carrières. Ainsi, des inexécutions des exportations de sucre ont été signalées et les niveaux d'importation prévus ne sont pas atteints non plus, ce qui a sans aucun doute une incidence sur les niveaux d'activités.

Gil Fernandez a également fait référence au niveau élevé d'endettement avec lequel l'économie a opéré, en raison du non-paiement des dettes restructurées, un problème qui se répercutera également sur la gestion de 2019, cette tension financière ne pouvant être résolue à court terme.

Concernant le plan d'investissement, il a indiqué qu'il restera autour de 85%, un chiffre sur lequel influencé, par exemple, par les retards dans les travaux liés aux énergies renouvelables. À la fin de l'année, 4,5% de la production devait provenir de ces sources et nous en sommes à peine à 3,5%.

Les objectifs convenus en matière de transport de marchandises ne sont pas atteints non plus, tandis que le transport de passagers augmente par rapport aux prévisions, bien qu'il soit encore loin de satisfaire la demande.

En revanche, la distribution des marchandises au détail se maintient à des niveaux similaires à ceux prévus, mais elle est également inférieure aux niveaux exigés, car des pénuries de produits de base sont survenues à différentes périodes de l'année.

Quant au tourisme, selon Gil Fernandez, le nombre de visiteurs est estimé à 4 750 000, soit un chiffre inférieur aux 5 100 000 prévus.

Malgré les tensions décrites ci-dessus, les mesures mises en œuvre au second semestre de l'année ont donné des résultats positifs, a reconnu le ministre de l'Économie. Ces mesures visaient à assurer une plus grande rationalité des décisions d'importation et des dépenses en devises, la réduction de la consommation de carburant et l'utilisation des stocks pour garantir les principaux niveaux d’activités.

Le solde favorable a été évident, a-t-il souligné, dans l’exécution de programmes prioritaires tels que les chemins de fer, le terminal multifonctionnel de Santiago de Cuba et l'expansion des lignes téléphoniques et de l'accès à Internet.

De même, certains produits comme le tabac, la langouste, les crevettes et le rhum ont enregistré de bons résultats à l'exportation, tandis que les plans de production de riz et de haricots ont été respectés, ainsi que les prévisions en tonnes de viande de porc.

Alejandro Gil a également salué les réalisations dans la récupération des entrepôts de nourriture, dans les réseaux d'approvisionnement en eau, dans la construction de logements par l'État, ainsi que les travaux réalisés dans le cadre du plan d'État pour la lutte contre les effets du changement climatique, dénommé Tarea Vida (Tâche vie) et dans la Zone spéciale de développement de Mariel.

Et même s’il n’est pas encore possible de couvrir la demande, l'industrie nationale de conditionnement et emballages, la production de tuiles, luminaires, articles de cuisine et produits de toilette ont montré une dynamique favorable.

Tous ces résultats, bien que modestes, a souligné le ministre, sont atteints malgré le durcissement du blocus, qui a provoqué, rien qu’en 2018, des dommages évalués à 4, 321 milliards de dollars.

LE COÛT D'UN BUDGET SOCIAL

Les tensions financières qui ont affecté la réalisation du plan 2018 et les projections pour la nouvelle année se sont également répercutés sur l'exécution budgétaire de cette année qui touche à sa fin, et influé sur la planification du Budget de l'État pour 2019, selon Lina Pedraza Rodriguez, ministre des Finances et des Prix.

Cependant, dans le cadre des obligations budgétaires, les demandes financières pour assurer les services de base à la population, la sphère productive, la mise en œuvre et la continuité des politiques sociales, ainsi que pour le relèvement après l'ouragan Irma et autres événements ont été prises en comptes.

LES ESTIMATIONS DU BUDGET 2018

57, 722 milliards de pesos de recettes brutes. Elles sont liées à l'augmentation de la gastronomie étatique, aux services médicaux à l'étranger et à la contribution des formes de gestion non étatiques.

66, 421 milliards de pesos de dépenses totales, sur lesquelles la non-exécution des investissements a eu une influence.

Environ 9 milliards de pesos de déficit budgétaire.

En ce qui concerne le budget de l'État pour 2019, Lina Pedraza a réitéré sa vocation sociale, axée, comme toujours et malgré toutes les tensions, sur le maintien des services de base à la population, les politiques sociales, la défense du pays, l'ordre intérieur, ainsi que les programmes de développement intégral des provinces et municipalités.

AVANT-PROJET DE BUDGET DE L'ÉTAT POUR 2019

60, 020 milliards de pesos de recettes brutes : Le secteur public participe à 85% de ce recouvrement. Les recettes fiscales représentent 74 %. Les impôts sur les bénéfices des entreprises représentent 21 %.

65,957 milliards de pesos de dépenses.

38,711 milliards de pesos de dépenses de l'activité budgétisée. L'éducation et la santé représentent 51%.

1,358 milliards de pesos de contribution territoriale au développement local.

LE BUDGET DE LA SÉCURITÉ SOCIALE :

5, 437 milliards de pesos de recettes brutes.

6,670 milliards de pesos de dépenses.

1 661 000 retraités.

QUELQUES MESURES FISCALES POUR 2019

– Étendre la taxe pour l'oisiveté de la terre aux provinces d'Artemisa, Mayabeque et Matanzas.

– Appliquer la perception de l'impôt sur les revenus des athlètes recrutés à l'étranger et des marins qui s'engagent pour travailler sur des navires étrangers, conformément aux politiques approuvées.

– Appliquer progressivement le financement des dépenses courantes de l’activité non budgétisée à partir des budgets municipaux.

–Les entreprises qui, au cours de l'exercice, réalisent des excédents supérieurs à 20 % des bénéfices prévus devront apporter une contribution au budget de l'État pour l'excédent obtenu.

En général, a signalé Lina Pedraza, il est possible d'améliorer le résultat budgétaire dès la phase de planification. Elle a rappelé qu’il est essentiel de veiller à un respect rigoureux et efficace des chiffres prévus, de mobiliser les réserves qui génèrent les contributions les plus importantes, d'imprégner d'une plus grande rationalité l'utilisation et la destination des dépenses budgétaires et d'impliquer les travailleurs dans le contrôle.

LES COMPTES NE PEUVENT PAS ATTENDRE

Jusqu'à quand allons-nous continuer à parler de la mauvaise gestion des stocks ?, a demandé Victor Manuel Gutierrez, député de la municipalité havanaise de Boyeros. Des mesures doivent être prises d'urgence pour transformer cette réalité, et il a insisté sur la nécessité, par exemple, de procéder à des analyses plus approfondies de la qualité des maisons construites par l'État.

Jesus Martín Casanova, représentant la municipalité de Sancti Spiritus, a également parlé des inventaires. « Il est temps de revoir la gestion des achats et la qualité des stocks des entités, car dans certains cas, bien qu'abondants, leur dégradation ne leur permet plus de répondre aux niveaux d'activité prévus », a-t-il dit

Et d’ajouter : « On n'entend pas beaucoup parler de comptabilité non plus, alors que de nombreuses entités sont confrontés à ce genre de problème. Aujourd'hui, les chiffres dont nous discutons passent par la fiabilité des systèmes comptables. »

Ana Teresa Igarza, députée de Bauta, a quant à elle attiré l'attention sur l'importance des chaînes de production, et les entreprises doivent être compétitives pour y parvenir. Parfois, les entités nationales sont liées entre elles, mais pas avec les investissements étrangers, un créneau de marché important dont nous ne tirons pas suffisamment parti. Un marché exigeant, oui, qui a besoin d'être planifié, mais qui apporte au pays des devises fraîches indispensables pour le pays.

Le rôle du syndicat au moment d’expliquer aux travailleurs les raisons des tensions du plan et de les impliquer dans sa mise en œuvre a été le sujet abordé par Ulises Guilarte de Nacimiento, membre du Bureau politique du Parti et député de la municipalité de Guanabacoa.

« Notre tâche principale est de mener à bonne fin tout ce qui est planifié », a déclaré Esteban Lazo Hernandez, président de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire, avant de souligner qu’ « il est de notre responsabilité d'assurer le suivi et le contrôle ».

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CCN

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