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Cuba. L'opération vérité n'est pas finie

24 Oct 2016
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La Havane. Lundi 24 Octobre 2016. CCN. Ces jours-ci, est remis en évidence le fait que le mensonge est l'arme par laquelle les pouvoirs établis s'efforcent de discréditer les processus révolutionnaires. Comme on peut pas ignorer l'absence de victimes humaines et la présence de la plus haute direction du gouvernement cubain dans la zone sur laquelle s'est abattu l'ouragan Matthew, on cherche à détourner l'attention internationale avec des calomnies et des stupidités qui ne résistent pas à une analyse sérieuse de l'action des autorités dans la zone du désastre et du rôle des médias publics à ce moment-là.

La Révolution a une longue expérience d'affrontement de ces campagnes toxiques. Dans les premières semaines qui ont suivi le triomphe de la Révolution, Cuba a livré l'une de ses grandes batailles contre la désinformation et la manipulation. Ce n'était pas le premier de ces conflits dans le domaine de la communication. Dans la Sierra Maestra, exactement 2 ans auparavant, le Commandant en Chef Fidel Castro avait accordé une interview au journaliste du New York Times Herbert Lionel Matthews pour détruire la fiction, qui pouvait être démobilisatrice, que le chef de l'Armée Rebelle était mort.

Immédiatement après que la Révolution ait renversé la dictature et bien avant qu'elle ne se proclame socialiste et même qu'elle promulgue la Réforme Agraire, les transnationales de la presse et les médias de droite de l'hémisphère et du monde encouragés par les Etats-Unis lancèrent un déluge de calomnies et de choses déformées contre elle. En réponse, Fidel organisa « l'Opération Vérité » à La Havane les 21 et 22 janvier 1959. 380 journalistes des Etats-Unis, d'Amérique Latine et des Caraïbes répondirent à son appel.

Parmi les organisateurs de « l'Opération Vérité » se trouvait l'Argentin Jorge Ricardo Masetti. Ami et disciple révolutionnaire d'Ernesto Che Guevara, Masetti avait gravi la Sierra Maestra. Il s'est chargé de créer l'agence Prensa Latina à propos de laquelle il dit : « Nous, nous sommes objectifs mais pas impartiaux. Nous considérons que c'est une lâcheté d'être impartial parce qu'on ne peut pas être impartial entre le bien et le mal. »

Comme c'était arrivé pendant la guerre contre la dictature de Batista, la direction de la Révolution a accompagné chaque bataille politique et chaque bataille militaire, en plus des batailles économiques et sociales par une croisade pour faire connaître les sujets d'intérêt national qui n'apparaissent pas ou sont dénaturés dans les versions uniformisées de l'ensemble des médias internationaux. La presse cubaine est la fille, par conséquent, d'une conception du journalisme éthique, restée fidèle à la majorité qu'elle représente et qui a démontré en plus d'un demi-siècle, qu'en réalité, il n'y a pas de contradiction insoluble entre la recherche de la vérité et de l'objectivité et le caractère révolutionnaire des médias et des journalistes.

Cela ne signifie pas que les problèmes accumulés dans ce secteur et dans d'autres qui accompagnent l'apparition de toutes sortes de contenus et de plateformes digitaux qui transforment la communication dans la société contemporaine aient été résolus. Aussi bien le Parti que les professionnels de la communication conviennent qu'on a besoin de changements pour améliorer les fonctions de la presse et accompagner les transformations qu'affronte le socialisme à Cuba. La volonté expresse du Parti est de faciliter cela et que rien ne détourne la presse et ses journalistes de la recherche d'un exercice de la profession très complet, qui oriente et analyse et qui soit capable d'encourager la réflexion et la participation des citoyens.

La Révolution, loin de s'affaiblir, se renforce avec le travail des journalistes. Que la population se soit mobilisée avec tellement de confiance et de discipline est une preuve digne de foi de la crédibilité des institutions du pays et, évidemment, de son système de médias publics. Cela a démontré les énormes réserves de ce secteur pour exercer un journalisme véritable, cohérent, sensible aux problèmes des Cubains et objectif, à la manière que Masetti et les légions de journalistes révolutionnaires que nous avons appréciaient.

Le peuple cubain a confiance dans ses médias et dans ses journalistes tout autant qu'ils méprise ceux qui profitent de chaque nouvelle pour se faire l'écho de la calomnie et de la provocation. Les grandes transnationales et leurs alliés qui, d'instinct, ont réagi contre le gouvernement révolutionnaire qui arrivait à peine au pouvoir en 1959 sont de vieilles connaissances. Actuellement, ils sont des acteurs politiques à gros intérêts économiques et dans des pays comme l'Argentine, le Venezuela, le Brésil, la Bolivie et l'Equateur, ils sont devenus les porte-paroles de l’opposition en se renforçant eux-mêmes en tant que putschistes. Une action politique qui s'exerce sous le masque d'une soi-disant objectivité « apolitique ».

A Cuba, il n'y aura de place ni pour les médias privés financés de l'étranger ni pour discréditer la presse de la Révolution ou ses institutions. Les journalistes révolutionnaires sont et continueront à être des acteurs clefs de notre amélioration en tant que société et pour la mobilisation des citoyens comme cela a été démontré lors du passage de Matthew où l'essentiel était d'éviter les pertes de vies humaines et que le pays puisse passer à la réconstruction des zones touchées.

La Révolution a tout à fait le droit d'affronter le mensonge, c'est l'antidote avec lequel se sont forgées l'unité nationale, la conscience politique du Cubain, notre appréhension du monde et notre vocation socialiste, notre capacité à penser de façon indépendante et à séparer l'authentique du faux et notre confiance dans la direction de la Révolution. Que personne n'en doute : « l'Opération Vérité » a commencé en 1959 mais elle n'est pas encore terminée.

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CCN

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