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Haïti. Cap-Haïtien : la nécessité d’appliquer une politique publique concrète et efficace

01 Fév 2018
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Port-au-Prince. Jeudi 1er Février 2018. Lenouvelliste/CCN. Plus de 500 000 habitants vivent au Cap-Haïtien. La ville est surpeuplée et enclavée. Elle est aussi menacée, à multiple niveaux, par des désastres tant écologiques qu’environnementaux. Les études prédisent le chaos qui attend la deuxième ville du pays. Les risques de tsunami, de séisme, d’inondation.

Au niveau de la municipalité, quoique dépassée, il y a la volonté d’agir. Des efforts sont en train d’être consentis, mais il reste la volonté politique du pouvoir central et les moyens de financement pour agir en conséquence, à en croire Frantsdy Jean, directeur de la mairie.

Cela va sans dire que la cité christophienne périclite dans une insalubrité déconcertante, voire révoltante. La ville est coincée. Les constructions sont anarchiques. Tant au niveau du flanc des montagnes que sur le bord de la mer, les habitants, avec un « je-m’en-foutisme » collectif qui ne dit pas son nom, s’en contrefichent et dressent leurs baraques. Les dangers sont réels. Bien qu’elles soient conscientes, les autorités locales sont visiblement dépassées. Le directeur de la mairie évoque la volonté des responsables locaux d'adopter des mesures nécessaires. Des actions sont en cours, mais ils n'ont pas les moyens de leur politique, d’après le responsable. « Il faut que la mairie trouve l’appui politique, technique du côté du pouvoir central ainsi que les financements», estime-t-il.

Absence de plan de relocalisation

Les autorités municipales sont bien conscientes de la gravité de la situation. Même si elle semble avoir une volonté de déplacer des gens, la mairie n’est pas en mesure de présenter un plan de relocalisation. « Certes, il y a des cas d’urgence qui nécessitent des interventions. Mais il n’y a pas encore un plan de relocalisation », confirme le directeur de la mairie du Cap-Haïtien.

Face aux risques sismiques, de tsunami et d’inondation, de concert avec le cartel municipal, certains organismes partenaires travaillent sur un projet y relatif. Le PNUD a déjà effectué une cartographie des zones à risques de la commune, a déclaré Frantsdy Jean, soulignant l’esquisse d’un plan d’urbanisme ayant été élaboré de concert avec le ministère de la Planification. Néanmoins, le plus grand problème reste la question de la maîtrise du territoire, ainsi qu’une prise de conscience du côté de la population par rapport aux choix à faire, estime-t-il, croyant plus loin qu’il faut orienter la population par rapport aux aléas.

Selon les informations qui émanent de la mairie, la ville du Cap-Haïtien produit quotidiennement environ 400 tonnes métriques de déchets, soit l’équivalent de 180 camions de 15 mètres cubes. En plus d’alimenter le litoral et le bassin Wodo, ces déchets font partie du décor des différentes rues de la deuxième ville du pays. À ce niveau, apparemment tout aussi interpellées par la situation, les autorités municipales évoquent des actions en cours pour y remédier. Il y a un projet visant à apporter une solution durable, garantit le directeur Frantsdy Jean. Ce dernier indique qu’un site a été identifié et retenu dans la commune de Limonade pour assurer la gestion des déchets, dans lequel on va placer un centre de tri et de compostage. Et pas moins de cinq points de regroupement sont déjà construits pour effectuer la précollecte de ces déchets avant de les transporter au site. Il s’agit d’un projet transversal au développement de la région, dit le responsable, qui se veut rassurant. Dans un élan de solidarité, les communes de Quartier-Morin, de Limonade et du Cap-Haïtien se sont mis ensemble dans cette lutte. Ce que le directeur appelle une réponse stratégique aux préoccupations réelles.

À l’instar d’autres cartels municipaux du pays, celui du Cap-Haïtien fait face à des défis majeurs qui paralysent du coup sa capacité à agir sur la commune. Selon un rapport, cette municipalité est « classée au rang de catégorie 2 des mairies qui n'arrivent pas à financer des projets de développement durable à partir de ses propres fonds. Elle ne parvient pas non plus à « rémunérer convenablement les employés municipaux, même les membres du Conseil reçoivent un salaire de misère, en dessous de 1000 $US/mois », à collecter les déchets municipaux, fournir à la population les services sociaux de base tels que : eau potable, école, routes, logements sociaux, électricité et loisirs ». Cela provient, selon les conclusions avancées, des problèmes de moyens de financement, même si, estiment les responsables, les opportunités sont à portée de main.

En effet, les chiffres avancés (depuis 2013) au niveau fiscal montrent en termes de Contribution foncière sur la propriété bâties (CFPB), que seulement 10 000 maisons sont enrôlées pour payer leur contribution foncière sur la propriété bâtie, dite CFPB sur 100 000 recensées par le SERTIT, une firme française spécialisée en Système d’information géographique (SIG). La ville pourrait également bénéficier des avantages offerts par les dix principaux centres commerciaux qui nécessitent des travaux de restructuration. Ces espaces de commerce seraient capables de donner à la municipalité une certaine autonomie financière afin de développer la commune. Les chiffres présentés à ce niveau indiquent que « les recettes financières peuvent être de l’ordre minimal de 60 millions de gourdes au cours de cette année fiscale », sur un échantillon de 10 000 marchands recensés. Et seulement dans le secteur des transports en commun mal organisé, il y a possibilité d’arriver à des recettes réelles de l’ordre minimal annuel de 20 millions de gourdes, d’après une étude réalisée à ce niveau.

Url de cet article : http://lenouvelliste.com/article/182686/cap-haitien-la-necessite-dappliquer-une-politique-publique-concrete-et-efficace

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