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Haiti. Gary Bodeau : “ le départ du président peut être une option “

30 Oct 2019
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Port-au-Prince. Mercredi 30 octobre 2019. CCN/LeNouvelliste. Jusqu’à présent, le président de la Chambre des députés paraissait être un indéfectible allié du président Jovenel Moïse et aussi attaché que lui à la poursuite per fas et nefas du mandat présidentiel. Ce lundi, avec un poste sur son compte Twitter, le député de Delmas, Gary Bodeau a radicalement changé de position. Le navire Haïti coule, tout, y compris le mandat du président doit être sur la table. Interview. 

« Nous sommes dans une situation difficile où chacun doit faire preuve de responsabilité. Mais celui qui a le plus de responsabilité dans cette affaire c’est le président de la République. Même s’il est élu, aucun sacrifice n’est trop grand. Je pense qu’il est arrivé le temps pour le président de mettre son mandat sur la table et d’entamer les discussions appropriées », a confié au journal le président de la Chambre des députés, Gary Bodeau, lundi 28 octobre 2019.

« Le président doit être plus à l’écoute des revendications de son peuple. Le président doit écouter son peuple et prendre les dispositions qui s’imposent. Le président n’est pas seul à bord. Je veux le souligner à l’attention de tout le monde. Il est le pilote mais il y a des copilotes, des passagers. Haïti est pratiquement un bateau à la dérive », a indiqué Gary Bodeau, soulignant que  « le départ du président peut être une option ».

« Le départ du président peut être une option. Lorsque vous êtes dans ces genres de situation, toutes les options doivent être sur la table. Je pense que le débat ne peut plus continuer à se faire à la radio. Il faut que les acteurs s’asseyent. Que ce soit à travers le Nonce apostolique, à travers la plateforme des trois pouvoirs de l’Etat qui se réunissent et qui prend en compte toutes les propositions et une issue à la crise », a poursuivi Gary Bodeau.

«  Le président a dit qu’il n’est pas attaché à un mandat, qu’il le prouve. Nous prenons le président au mot et nous pensons que des efforts doivent être consentis pour résoudre la crise parce que nous sommes au bord du chaos », a ajouté Gary Bodeau, qui soutient avoir poussé un « cri désespéré » dans l’espoir de conjurer des incidents encore plus regrettables que ce que vit le pays depuis plusieurs semaines.

Pour Gary Bodeau, les appels à la démission du président Jovenel Moïse sont de bonne guerre.« Il faut disséquer les appels à la démission du président. C’est de bonne guerre. Il faut dire que le président peine à rétablir la situation », a-t-il expliqué. « Les appels à la démission du président doivent être considérés omme une option. Maintenant, c’est comment. S’il y a un point d’accord avec le président Moïse est qu’on ne peut pas se lever un matin et laisser le Palais. Je pense qu’il faut un accord politique pour déboucher sur une transition qui soit à même de ramener le calme et la sérénité », a indiqué Gary Bodeau, qui croit que la transition a déjà commencé.

« Nous parlons de transition. Elle a déjà commencé. La Chambre des députés est à sa dernière vacance. Au deuxième lundi de janvier 2020, son mandat prend fin. Il n’y aura pas de convocation. A moins que le président choisisse de nous convoquer sur la crise. Il ne peut pas y avoir de convocation sur un budget. Il n’y a pas de gouvernement. La Chambre des députés a ratifié un Premier ministre qui est encore au Sénat de la République. Le Premier ministre n’a pas donné sa démission et vous avez un Premier ministre démissionnaire qui a un statut de de facto », a expliqué Gary Bodeau.

« Aujourd’hui, cette situation n’est plus soutenable. Elle n’est plus acceptable. Il faut que les leaders politiques Haïtiens, que la société civile, le secteur privé, le secteur populaire, la jeunesse, l’ensemble des corps organisés du pays finissent par trouver un accord sur nos désaccords pour sortir le pays de cette   crise conjoncturelle pour aller vers une feuille de route permettant de poser les problèmes structurels notamment la constitution, les différentes réformes qui doivent être effectuées au niveau de l’Etat », a longuement expliqué le président de la Chambre des députés.

Concrètement, Gary Bodeau, qui a observé que les interviews du président Moïse n’ont pas d’effets, a estimé que le chef d’Etat doit faire « appel aux trois pouvoirs de l’Etat pour une analyse de la situation et essayer de prendre des dispositions qui s’imposent ». « Dans le contexte actuel, nous ne pouvons pas faire de fuite en avant, dire ce que le président peut faire ou pas. La situation qui se développe dans le pays dicte un comportement. Le comportement va en guerre du président lui-même et de l’opposition ne conduira nulle part. Le président a plus de responsabilité parce qu’il est au pouvoir. Lorsque vous êtes président de la République, pas un candidat, vous êtes au-dessus de la mêlée. Je ne sais pas comment il a fait. Il s’est embrouillé avec tous les secteurs de la vie nationale », a indiqué Gary Bodeau, qui dit avoir eu des contacts avec l’Alternative, la Passerelle autour de la situation du pays. « Force est de constater que les institutions républicaines sont pratiquement en faillite », a admis Gary Bodeau, allié du président Jovenel Moïse.

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CCN

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