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Haiti. Hommage à Fidel Castro : « il y a un géant qui passe sur son cheval »

02 Déc 2016
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Port-au-Prince. Vendredi 02 Décembre 2016. Ahphaiti/CCN. Déclaration du Secrétariat Exécutif National du Parti Rasanbleman Sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tounèf (RASIN) Kan Pèp La à l’occasion de la mort du Fidel Castro

Listwa louvè pòt ou, kraze ankadreman yo, louvri baryè, louvri tout baryè paske gen yon potorik gason kap travèse sou chwal li

L’Histoire doit ouvrir grandes ses portes, détruire les chambranles, ouvrir toutes les barrières parce qu’il y a un géant qui passe sur son cheval

Le Parti RASIN Kan Pèp La tient à exprimer sa profonde douleur à l’occasion de la mort du camarade Fidel Castro. Nous présentons nos sympathies à ses parents, au peuple cubain, à tous les peuples qui luttent pour leur libération, à tous les travailleurs et travailleuses qui gémissent sous le poids de l’oppression, à tous ceux et celles qui défient l’impérialisme sous toutes ses formes, à tous les faiseurs d’utopies qui construisent des lendemains libérés de l’oppression, de la domination, de l’exclusion et de l’exploitation capitaliste. Nos fraternelles accolades et nos condoléances à tous ceux et toutes celles qui luttent pour une autre humanité.

Fidel disait après Martí « Patria es humanidad » en exprimant l’une des plus grandes forces de sa vie et qui sera à jamais l’un de ses plus beaux héritages : un internationalisme radical et intransigeant. Plus de 35.000 médecins cubains coopèrent avec d’autres pays et 80.000 médecins originaires d’autres pays ont été formés gratuitement dans les Universités cubaines. Pendant près de 6 à 7 décennies Fidel a toujours actualisé et réinventé l’internationalisme à travers la guérilla de la Sierra maestra puis en inspirant les révolutionnaires de tous les continents, de Malcolm X à Nelson Mandela en passant par Amilcar Cabral, Thomas Sankara, Mehdi Ben Barka, Agostino Neto, Kwame N’Krumah, Maurice Bishop, Ernesto Cardenal, Salvador Allende, Hugo Chavez…etc Cette extraordinaire vision internationaliste il l’a sans doute apprise en partie avec les travailleurs haïtiens coupeurs de canne qu’il fréquentait dans les bateys de son père et grâce à des études approfondies qu’il a réalisées sur la révolution haïtienne de 1804 qu’il a toujours admirée.

Le 25 novembre à 22h29 le monde a tremblé sur ses bases. Les bourreaux et les exploiteurs savent que quand les peuples pleurent une disparition de cette nature ils doivent commencer à s’inquiéter parce que nos larmes pour la mort de Fidel arroseront pendant peut-être plusieurs siècles nos luttes de libération et notre détermination à construire le socialisme.

RASIN Kan Pèp La salue respectueusement la mémoire de l’un des plus grands révolutionnaires qui a su transformer, par la force de ses idées, sa clairvoyance, ses immenses capacités d’élaboration stratégique, les rapports de force sur l’échiquier mondial à partir de la petite île de Cuba.

La révolution haïtienne de 1804 et la révolution cubaine de 1959 démontrent, dans la glaise du réel, qu’il est possible de construire un projet national à contre-courant de la logique de la globalisation capitaliste dominante. A quelques encablures de la plus grande puissance hégémonique du système capitaliste mondial une petite île rebelle a construit un autre monde basé sur la justice, l’égalité, la dignité et la solidarité.

Nous voulons souligner ici quelques éléments parmi les nombreuses leçons de Fidel

1.- Lutter sans cesse pour la révolution quelque soient les circonstances objectives. Ne pas se soumettre au contexte mais défier ces conditions objectives grâce à l’audace, à la créativité et aux innovations stratégiques. C’est ce que Fidel nous a démontré avec brio en plusieurs occasions, citons entre autres :

• le renversement de la dictature féroce de Fulgencio Batista par un petit groupe de guérilleros,

• l’éclatante victoire militaire face à l’invasion de la Baie des cochons en avril 1961,

• la victoire contre l’armée de l’Afrique du Sud (la plus puissante du continent africain) ce qui a signifié, comme le reconnait Nelson Mandela, le début de la fin de l’apartheid,

• les douloureuses et miraculeuses adaptations après la chute de l’Union Soviétique au cours de ce qu’on a appelé « la période spéciale »,

• la victoire contre le blocus criminel imposé depuis 1962 par l’impérialisme américain.

2.- Avoir des racines intellectuelles et philosophiques cohérentes et claires mais pratiquer systématiquement l’étude permanente et l’anti-dogmatisme. Si on écoute les discours de Fidel on notera avec étonnement la grande quantité de réflexions autocritiques et la remise en question des options antérieures. Grande fidélité au idées communistes et au marxisme qu’il a commencé à étudier alors qu’il se formait à l’Université de la Havane dans le domaine du Droit, des sciences sociales et du Droit diplomatique. Mais aussi il a toujours pratiqué un anti-dogmatisme qui le pousse à inventer une pensée autonome qui s’enracine dans la tradition de José Marti (qu’il cite constamment) et une fine connaissance de la culture populaire cubaine. De même que sa passion de la lecture lui a permis de conserver une grande ouverture d’esprit qui le pousse à adorer discuter avec ceux qui ne partagent pas ses convictions, à aimer les Beatles (en particulier John Lenon) et certaines productions du rap cubain. Sa boulimie pour connaitre et comprendre les sciences dites exactes sont aussi un versant de cette disposition.

3.- Accorder une grande priorité au travail de masse et aux êtres humains. Fidel a toujours voulu rester proche et à l’écoute des masses. Son émouvant passage et ses échanges avec Malcolm X à Harlem le démontrent clairement. Nous avons vu Fidel se passionner pour les débats qui se déroulaient au Palco lors des rencontres annuelles intitulées « Globalisation et problèmes du Développement » auxquelles il participait pendant plusieurs jours. Nous avons vu ce même enthousiasme quand il participait aux rencontres hémisphériques contre la ZLEA, qui se déroulaient chaque année à la Havane et qui ont abouti à la grande victoire des Peuples de l’Amérique Latine le 5 novembre 2005 à Mar del Plata. On peut vérifier dans ces événements comment Fidel valorisait la réflexion théorique approfondie et l’exigence permanente de lier réflexion théorique et pratiques concrètes de lutte. Fidel exigeait que tous ces débats soient intégralement diffusés par la télévision cubaine et soient l’occasion de forums ouverts sur les places publiques.

4.- Amour, tendresse et respect pour la révolution haïtienne, le Peuple et la culture haïtiennes. A Cuba c’est le seul endroit de la Caraïbe où un État, à travers ses politiques officielles, expriment tant de respect pour la culture haïtienne. En 1966 dans un grand discours Fidel décide d’accorder la nationalité cubaine aux haïtiens et à leurs descendants nés à Cuba en reconnaissance de leur extraordinaire contribution et de leurs sacrifices pour l’édification de la richesse de l’industrie sucrière de son pays. Nous connaissons tous la beauté du modèle de coopération qu’entretient Cuba avec Haïti qui a eu des résultats spectaculaires sur tous les indicateurs de santé publique dans notre pays. Depuis l’accord de 1996 plus de 800 médecins et spécialistes de santé publique cubains travaillent en permanence en Haïti et des brigades spéciales ont été déployées après le séisme du 12 janvier 2010, après l’explosion du choléra en octobre 2010 et après les dévastations du cyclone Matthew en octobre 2016. Nous savons tous que le nombre de décès dus au choléra aurait été beaucoup plus important sans cette présence de la coopération médicale cubaine. Cette relation entre Haïti et Cuba offre un modèle de coopération alternative respectueuse de la culture nationale et qui ne génère pas de processus de surendettement et de dépendance comme c’est le cas avec la coopération multilatérale et bilatérale classique. Fidel et Chavez ont été les seuls chefs d’État du continent latino-américain à dénoncer ouvertement l’occupation de notre pays par la MINUSTAH et à plaider pour le retrait de ces troupes et la défense de l’autodétermination du Peuple haïtien.

Fidel, tu continueras encore pendant des siècles à éclairer le chemin des luttes de libération. Nous avons tellement besoin de ta présence et de la puissance de tes idées, de ta force morale et idéologique pour affronter l’avalanche des politiques d’extrême droite qui s’affirment déjà dans de nombreux pays et qui sera brutalement renforcée au cours de l’ère Trump. Le Capital transnational cherche, par tous les moyens, à refermer la belle parenthèse d’un continent bolivarien qui voulait ouvrir une saison nouvelle pour et par les Peuples. Tu as travaillé pour que renaisse et se fortifie cette espérance qui n’aurait pas été possible sans toi. Plusieurs dirigeants de notre Parti étaient présents, à la Havane, quand en décembre 2004 tu décides avec Hugo Chavez, au cours d’une cérémonie dans l’enceinte du théâtre Karl Marx, de lancer cette belle aventure de l’ALBA.

Nous avons la ferme conviction que ce continent bolivarien rêvé par Jean Jacques Dessalines et Hugo Chavez renaitra et dans le mouvement de sa nouvelle émergence nous entendrons ta voix, tes longs discours édifiants et mobilisateurs. Ta foi dans la victoire finale galvanisera les révolutionnaires qui sont en train de naitre et qui peupleront bientôt nos nouveaux combats. Ils crieront avec toi : Hasta la victoria siempre. Venceremos tout en réfléchissant sur et travaillant pour la révolution permanente !

«  La révolution est le sens du moment historique ; c’est changer tout ce qui doit être changé ; c’est l’égalité et la liberté pleine et entière ; c’est être traité et traité les autres comme des êtres humains ; c’est nous émanciper pour nous-mêmes et avec nos propres efforts ; c’est défier de puissantes forces dominantes dans et hors du champs social et national ; c’est défendre les valeurs dans lesquelles nous croyons au prix de n’importe quel sacrifice ; c’est la modestie, l’abnégation, l’altruisme, la solidarité et l’héroïsme ; c’est lutter avec audace, intelligence et réalisme ; c’est ne jamais mentir ni violer les principes éthiques ; c’est avoir la conviction qu’il n’existe aucune force au monde capable d’écraser la force de la vérité et des idées. La Révolution c’est l’unité, c’est l’indépendance, c’est lutter pour nos rêves de justice pour Cuba et pour le monde, ce qui constitue la base de notre patriotisme, notre socialisme et notre internationalisme » Fidel Castro Ruz

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