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Equateur : L'élection de Duque en Colombie et ses effets sur l'Equateur

06 Juil 2018
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Quito. Samedi 7 juillet 2018. CCN. Une victoire de la droite est toujours une mauvaise nouvelle. A celle-ci succède toujours des annonces de politiques d’ajustement contre le peuple bien que sa capacité à tromper réussisse à provoquer le vote d'importants secteurs sociaux. Que ce soit la victoire, comme aujourd'hui en Colombie, de quelqu'un qui, même avant d'être candidat à la présidence a fait des déclarations contre la paix dans son propre pays en s'opposant à des exigences minimales pour que l'accord entre les FARC et le Gouvernement soit possible est encore plus préoccupant.

Iván Duque, comme on e sait, est le candidat imposé par Álvaro Uribe, l'ex-président dénoncé pour ses liens avec le trafic de drogues, la para-militarisme et des crimes contre l'humanité. Bien qu'il s'agisse de se différencier de lui pour renforcer la démagogie et soutenir des accords avec d'autres forces politiques, il continuera les politiques uribistes. Dans ces conditions, rien n'est plus correct que la décision des forces démocratiques qui ont démontré leur croissance en qualité et en quantité autour de la candidature de Gustavo Petro, de commencer à s'y opposer.

Mais que représente pour l'Equateur le fait que Duque soit président ? Bien que les relations bilatérales aient eu peu d'importance dans la campagne électorale et que dans le programme de Duque, composé de 148 propositions, on ne se réfère à a politique étrangère que dans 2 points, plusieurs signes doivent être pris en compte.

Basée sur des déclarations de l'ensemble de l'uribisme et même de déclarations faites dans le passé par Duque, qui a travaillé à l'USA et à la BID, jusqu'à sa première visite à ce centre impérialiste, se trouve la décision de s'aligner sur les politiques de domination de Washington. Pendant ce temps, le vice-président nord-américain parcourt les pays latino-américains, y compris l'Equateur, pour isoler le Venezuela en parlant de droits de l'homme alors qu'il garde dans son pays dans des geôles et des camps de concentration des enfants séparés de leurs parents migrants. Duque, aux Etats-Unis, a dit pratiquement la même chose sujet et s'est engagé à être le fer de lance de l'impérialisme pour en finir avec l'effort d'intégration de l'UNASUR et à inviter d'autres Gouvernements laquais à déposer une plainte devant la Cour Pénale Internationale contre le Gouvernement de Maduro. Le même interventionnisme qu'aujourd'hui contre le Venezuela s'exprimera facilement plus tard contre d'autres pays voisins.

Alimenter la crise du Venezuela impliquera de répéter les processus de blocus et de soi-disant isolement de Cuba. Faciliter le fait que l'impérialisme arrive à ses fins nous affecte tous parce qu'avec la désunion de l'Amérique Latine, la région sera l'arrière-cour qu'i a toujours souhaitée. Mais cela provoquera des dommages essentiellement au peuple vénézuélien dont la migration vers les pays proches augmentera, plus encore si Duque leur donne son soutien q'ils passent par la Colombie. L'Equateur, en tant que pays qui reçoit ces migrants, verra augmenter leur nombre mais sans avoir de véritable politique d'accueil alors que la droite locale cherche à exacerber les sentiments xénophobes liés aux attaques idéologiques contre le socialisme et le communisme.

Duque envisage d'abandonner l'UNASUR et évidemment son Conseil de Défense au moment où la Colombie devient « partenaire mondial » de l'OTAN, ce qui fait arriver cette organisation de guerre impérialiste en Amérique du Sud et dans les Caraïbes. C'est sans doute un danger pour tout le monde, comme le maintien des bases militaires nord-américaines en Colombie bien qu'il soit évident qu'elles ne servent pas à freiner le trafic de drogues. Duque, cependant, ratifie la « guerre contre les drogues » qui n'a servi qu'à attaquer les populations qui, par milliers, fuient pour se réfugier en Equateur.

Ce qu'on appelle la « guerre contre les drogues » amènera une succession de réfugiés qui passeront la frontière. Plus encore alors qu'il y a déjà eu plus de 200 dirigeants paysans assassinés après que les FARC aient quitté ces territoires. Il appelle « opérette et saynètes » les négociations de Paix menées par le Gouvernement sortant avec l'ELN et annonce que les accords avec les FARC ne seront pas mis en place.

Rex Tillerson, ex-secrétaire d'Etat de Trump, a annoncé lors de sa visite en Colombie le renouvellement pour 5 ans de la « coopération » qu'on pourrait très bien appeler “Plan Colombie II” et qui implique des menaces pour l'Equateur. Maintenant, ils parlement même d'une force d'occupation sous le nom de Force d'Opération Conjointe dont on peut prévoir qu'elle sera stationnée dans des zones partagées par la Colombia avec le Venezuela et principalement l'Equateur sous prétexte de culture de la coca.

Il a montré clairement son intention de reprendre les fumigations (El Nuevo Herald, 28 juin) qui ont empoisonné la nature et les populations équatoriennes de la zone frontalière où on a observé de graves dommages chromosomiques et des maladies dont le cancer, en plus de la perte des cultures et des animaux de ferme.

Plus grave encore : dans une interview publiée dans le journal espagnol ABC du 7 mai, Duque parle de collaboration avec le Gouvernement équatorien contre les « activités criminelles, » ce qui, dans un discours uribiste, a toujours été la recherche d'actions d'enclume et de marteau contre les forces insurgées. Le journaliste lui demande : « Des bombardements, autant qu'il faudra ? » Et Duque répond : Si on peut faire quelque chose qui permette de réduire les effets collatéraux sur la population civile, on appliquera tous les mécanismes de sécurité que les pays ont décidés. »

Comme on le voit, il est décidé à bombarder l'Equateur comme l'aurait fait Uribe. Au mieux, il propose de réduire les effets collatéraux sur la population mais seulement « si on peut. »

L'élection de Duque est aussi une mauvaise nouvelle pour l'Equateur. Pour affronter les menaces, on a besoin d'un Gouvernement qui défende réellement sa souveraineté nationale et d'un peuple conscient de ses droits.

  • enseignant et ex-ministre de l'Environnement de l'Equateur. Associé au Centre Latino-américain d'Analyse Stratégique

Edgar Isch López

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CCN

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