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Cuba, Venezuela : Les Etats-Unis contre Cuba et le Venezuela, réactions et implications

25 Mai 2019
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Foto: Juan Carlos Lacruz/Misión Verdad. Foto: Juan Carlos Lacruz/Misión Verdad.

La Havane. Samedi 25 mai 2019. CCN/Bolivarinfos/Françosie Lopez. Le 5 avril dernier, le Gouvernement des Etats-Unis a pris des mesures coercitives contre des bateaux et des entreprises qui travaillent pour PDVSA en « exportant du pétrole à Cuba, » selon le vice-président Mike Pence.

« Les Etats-Unis sanctionnent 34 bateaux de plus qui travaillent pour PDVSA en « transportant le brut à Cuba, » a-t-il dit lors d’une conférence de presse tout en soulignant que Cuba a « de l'autorité dans l'hémisphère, c'est pourquoi il faut provoquer un changement politique au Venezuela. »

La « voie Cuba » pour accélérer l’intervention et le coup d'Etat

Les sanctions devraient toucher 34 bateaux grâce auxquels les Etats-Unis bloqueraient toute transaction et 2 compagnies maritimes, Ballito Bay Shipping Incorporated, basée en Grèce, et ProPer In Management Incorporated, basée au Liberia, pour leurs liens avec le bateau Despina Andrianna qui, selon les autorités étasuniennes, a transporté du pétrole à Cuba en février et en mars 2019.

Pence s'est exclamé : « Le pétrole du Venezuela appartient au peuple vénézuélien ! » au milieu des applaudissements des membres de la communauté vénézuélienne qui soutiennent le coup d'Etat contre le président Nicolás Maduro, réunis à l'Institut Baker de l'Université Rice, à Houston (Texas).

Il a ajouté : « Comme l'a affirmé le président Trump: toutes les options sont sur la table et Nicolás Maduro ferait bien de ne pas mettre à l'épreuve la détermination des Etats-Unis. »

A son tour, Steven Mnuchin, secrétaire du Département du Trésor, indiquait dans un communiqué que « Cuba a été une force de fond en faisant diminuer la crise au Venezuela » et que « le Venezuela est en train de prendre des mesures contre les bateaux et les entités qui transportent du pétrole et apportent une aide vitale pour maintenir le régime illégitime de Maduro. »

Il a aussi souligné que «  Cuba continue à profiter du régime et à soutenir grâce à des mécanismes pétroliers en échange d'une (aide pour la) répression pour maintenir Maduro au pouvoir. »

Ainsi, Washington accusait La Havane de profiter du brut vénézuélien en échange de l'envoi à Caracas de conseillers politiques, d'agents du renseignement, de militaires et de médecins en élargissant leur ingérence dans les 2 pays et menaçait de prendre plus de mesures. Le signalement de « l'ingérence cubaine » dans la Force Armée Nationale Bolivarienne (FANB) a été répété par des porte-parole de l'anti-chavisme en même temps que le Gouvernement déclarait que ce discours était une tactique destinée à diviser l'Armée et à favoriser un coup d'Etat.

Plus de sanctions our tenter de ramollir l'armée

La semaine suivante, le 12 avril, le Département du Trésor des Etats-Unis sanctionnait 4 compagnies dont le siège est au Liberia et en Italie et 9 bateaux cargos pétroliers sous pavillon de l'Italie, de Malta, de la Grèce et du Panamá. 

Vendredi 10 mai, le Bureau de Contrôle des Actifs Etrangers (OFAC) du Département du Trésor des Etats-Unis sanctionnait 2 autres compagnies maritimes.

Les dernières compagnies maritimes sanctionnées sont Monsoon Navigation Corporation et Serenity Maritime Limited. La première a son siège à Majuro, Iles Marshall, et est propriétaire du bateau Ocean Elegance qui a transporté du brut du Venezuela à Cuba de fin 2018 à mars 2019 et la seconde a son siège à Monrovia, Liberia, et est propriétaire du bateau Leon Dias également utilisé de la fin de l'année dernière à mars de cette année pour amener du brut vénézuélien à Cuba.

Dans le communiqué de vendredi dernier, l'OFAC précise que, suite aux sanctions imposées, « dorénavant, tous les biens et les intérêts des entreprises sanctionnées et de toute autre dont celles-ci seraient propriétaires à 50 % ou plus qui se trouvent taux Etats-Unis ou sont en possession ou sous le contrôle d'Etasuniens sont « bloqués et doivent être dénoncés à l'OFAC. »

De plus, l'OFAC a menacé de nouvelles mesures punitives dans le secteur de la défense et de la sécurité du Venezuela en précisant que les sanctions sont une réponse directe à « l'arrestation illégale de membres de l'Assemblée Nationale (AN) par le Service Bolivarien de Renseignement National (SEBIN), en référence à l'arrestation du premier vice-président du Parlement dans l'illégalité Edgar Zambrano, le 8 mai.

Zambrano, est poursuivi pour avoir participé ouvertement au coup d'Etat manqué organisé par le Gouvernement Trump le 30 mars dernier. Au cours de cette tentative, le dirigeant anti-chaviste Leopoldo López a réussi à s'évader de sa résidence surveillée et on a découvert un militaire infiltré par la CIA dans le renseignement vénézuélien.

C'est pourquoi Mnunchin a souligné que « le soutien permanent du régime illégitime de Maduro aura de graves conséquences pour les services militaires et du renseignement du Venezuela et ceux qui les soutiennent, » rappelant que les sanctions des Etats-Unis ne doivent pas être permanentes et il a pris pour exemple la levée des sanctions contre l'ex-chef du SEBIN, Christopher Figuera, après que celui-ci ait soutenu la tentative manquée de rébellion militaire.

Réactions et implications

Ces mesures impliquent le gel des actifs financiers que les entreprises peuvent avoir sous juridiction étasunienne et interdisent de faire des transactions financières avec celles-ci.

En plus d'affecter le Droit International et la souveraineté des 2 pays, elles cherchent à briser l'alliance entre le Venezuela et Cuba pour des raisons idéologiques, ajoutant ainsi une autre ligne sur la liste des blocus, sabotages et tentatives de coup d'Etat que Washington applique au Venezuela.

A ce sujet, le chancelier vénézuélien Jorge Arreaza a déclaré que les embargos anti-vénézuéliens des Etats-Unis violent aussi bien le Droit International que les principes économiques et commerciaux que le propre Gouvernement Trump prétend défendre. Concernant la coopération énergétique avec Cuba, il a dit : « Nous respecterons toujours les engagements du Venezuela et, évidemment, nos engagements envers les peuples frères comme Cuba et envers le peuple vénézuélien. »

Interrogé sur les sanctions, Arreaza a affirmé qu'il ne peut pas révéler la stratégie et il a ajouté : « Nous, nous sommes experts en guérilla » et « Même quand le pouvoir conventionnel du capitalisme t'attaque, tu dois savoir répondre par des voies non conventionnelles, toujours en respectant le Droit International. Nous sommes des experts. »

Le président du Conseil d'Etat et des Ministres de Cuba, Miguel Díaz-Canel a déclaré que ces mesures sont « un acte d'extra-territorialité, d'ingérence et d'arrogance. » et le chancelier cubain a ajouté que « l'attaque contre PDVSA et ses bateaux est un acte de piraterie. »

Pour sa part, la Russie a qualifié « d'illégales » ces sanctions et souligné son soutien à ces 2 pays qui sont des alliés stratégiques, par la bouche du vice-ministre des Affaires Etrangères Sergueï Riabkov : « L'objectif des Etats-Unis est d'obtenir le changement de direction politique de ces Etats dans le sans dont ils ont besoin. » Et il a souligné que Moscou est « en alerte » face aux politiques de Washington et fera tout son possible pour aider ses alliés en Amérique Latine.

Objectif : briser l'alliance Cuba-Venezuela

Face à l'impossibilité de chasser le chavisme du pouvoir au Venezuela grâce au blocus économique, le Gouvernement Trump cherche à porter atteinte encore plus à l'économie cubaine pour démanteler “la troïka”, comme Bolton a appelé en novembre dernier à Miami l'Accord Intégral de Coopération Cuba-Venezuela-Nicaragua.

Certainement, l'échec subi le 30 mars a rendu fou furieux le groupe qui dirige actuellement la Maison Blanche et les conséquences des mesures contre Caracas et La Havane ne se sont pas faites attendre : elles portent beaucoup plus atteinte aux économies des 2 pays et sont destinées à provoquer la peur et l’incertitude parmi les entreprises et les pays qui font du commerce ou ont des relations avec le Venezuela de la même façon que la Loi Helms-Burton qu'on veut renforcer maintenant en activant pleinement son chapitre III agit contre Cuba depuis 1996.

Les dirigeants Fidel Castro et Hugo Chávez ont signé cet Accord le 30 octobre 2000. Cela a donné la possibilité à des dizaines de milliers de professionnels cubains de prêter des services au Venezuela dans des secteurs clef comme l'éducation et la santé tandis que le Venezuela, pour sa part, garantissait à Cuba la fourniture de combustible qu'elle devait importer auparavant de pays plus éloignés et plus chers.

Court-circuiter cette alliance affecterait la Mission Dans le Quartier dans laquelle des médecins cubains ont donné plus de 1 300 000 000 de consultations à des patients vénézuéliens et certainement sauvé des millions de vies.

De même, cela affecterait plus de 60 000 patients vénézuélien qui souffrent de maladies ophtalmologiques comme ceux qui ont bénéficié en 2017 d'opérations chirurgicales dans le cadre du programme social Opération Miracle.

Dans 21 des 24 états du pays, on applique actuellement le nouveau médicament cubain contre l'ulcère du pied diabétique, l' Heberprot-P, qui a amélioré la vie de quelques 300 000 patients dans le monde.

Les sanctions affecteraient d'autres secteurs comme le sport, la culture et l'éducation qui ont aussi bénéficié de la méthode d'alphabétisation “Yo sí puedo” (« Moi, je peux ») et la Mission Robinson grâce à laquelle le Venezuela a été déclaré pays libre d'analphabétisme.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/noticias/2019/05/13/estados-unidos-vs-cuba-y-venezuela-reacciones-e-implicaciones/#.XNpm5S3pMRE

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2019/05/cuba-venezuela-les-etats-unis-contre-cuba-et-le-venezuela-reactions-et-implications.html

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