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Saint-Martin. Dans 7 mois, le début d’une nouvelle saison cyclonique…

01 Déc 2017
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Marigot. Vendredi 1er Décembre 2017. Stmweek/CCN. La saison cyclonique 2017 dans l’océan Atlantique nord s’étend officiellement du 1er juin au 30 novembre 2017 selon la définition de l’Organisation météorologique mondiale même si avec Arlène, elle a en fait débuté en avril.

Nous devrions en voir le bout dans quelques jours, pour le plus grand soulagement de tous, même si ce n’est qu’une date théorique…

Pourtant…

Vous êtes maintenant au fait de ce que nous réserve notre avenir climatique, l’article précédent est clair sur le sujet et s’il persiste des sceptiques, nous ne leur souhaitons pas d’avoir à vivre un errement du climat pour être convaincus.

Dans 6 mois maintenant, une nouvelle saison va débuter et c’est la Ministre de l’Environnement de Sainte-Lucie qui fait de ce moment sans doute la plus belle synthèse :
“Dans 6 mois, la nouvelle saison cyclonique débute, nous n’avons pas le luxe de l’avenir.”

La responsabilité collective

On ne peut naturellement pas demander à la Collectivité de porter seule la responsabilité du réchauffement climatique mais on sait qu’en fait nous y participons tous. Dès lors et puisque nous sommes aujourd’hui bien mieux et plus directement sensibilisés que d’autres territoires qui sont à l’abri de ses conséquences, on peut espérer voir se développer à notre échelle un modèle politique en la matière. A titre d’exemple, il est difficile aujourd’hui d’accepter que nous soyons électriquement dépendant et strictement de moteurs diesels, donc d’énergie fossile, alors que le territoire présente des caractéristiques évidemment favorables en matière de solaire, d’éolien ou d’énergie marémotrice…

On va ici mettre à l’honneur cet homme responsable mais malheureusement trop singulier qu’est BJ Welsch. Lui et son équipe de la loterie Farm sont malheureusement habitués à “reconstruire” ce lieu parmi les plus beaux et les plus prisés de l’île, entre cyclones et incendie, BJ est devenu maître en matière de reconstruction. Mais son dada est ailleurs : celui de créer un modèle économique respectueux de cet environnement qui est en fait l’essence même de son commerce. Ainsi, cette fois, BJ reconstruit-il en ayant préalablement pris le temps du tri, de la récupération de ce qui peut être réutilisé… Combien de longueurs de bois et autres matériaux ont-ils fini purement et simplement en décharge sans que l’idée même d’une valorisation se soit posée ?

BJ, lui, a décidé que la reconstruction de la Loterie Farm prendrait le temps de la raison, celui d’un plan Phœnix qui intègre pleinement la notion d’empreinte carbone et de réchauffement climatique : “They say that necessity is the mother of invention. I say that it’s the seed of creativity and design. This seasons theme will be born from leftovers. I call it “recycled chic” with a distinct “boho” feeling, flavored with sprinkle of “déjà vu”. We’re gonna start moving fast now that we have a roof over our heads. Thanksgiving weekend. Be a part of it!!!!”

S’attacher à traiter le problème à la source…

A l’heure où localement, tous les yeux sont portés sur l’économie et l’emploi, la reconstruction, les budgets, le maintien de conditions de sécurité suffisantes, les négociations entre l’état et la COM, on en oublierait presque que nous n’avons pas ce temps.

Il est indéniable que beaucoup doit être fait pour reconstruire cette société qui comme partout ailleurs et peut être même plus qu’ailleurs au regard de notre mono-économie, repose sur l’abondance des finances qui aujourd’hui garantissent tout, jusqu’à la paix sociale.

Et pourtant, pour rejoindre Pierre Rabhi, il n’est pas de société sans hommes et c’est bien là que le bât blesse : s’il faut avant tout garantir les conditions de vie et de développement de l’homme, cela ne peut se faire sans prise en compte de l’environnement qui le lui permet. Si l’on ajoute des risques “naturels” auxquels nous sommes exposés, ce ne sera pas une mince affaire. Les aléas climatiques ont voulu que nous soyons relativement épargnés depuis Luis mais rien n’indique que la saison cyclonique 2018, pour ne parler que de ce risque, ne soit pas intense, voire trop intense.

Les risques et les urgences

Nous sommes tous témoins de la reconstruction en cours au niveau du privé en tous cas… de l’urgence à effacer ces bâches, à les remplacer par ces fameux “toits béton” quand on en a les moyens, à reconstruire comme avant quand on en a moins voire à récupérer ce qui peut l’être pour disposer d’un abri.

Reconstruire à l’identique est pourtant clairement aujourd’hui une hérésie puisqu’il est avéré que cela ne fût pas adapté à ce petit matin du 6 septembre, mais parallèlement, il ne peut être demander à l’habitant de se priver d’un toit même de fortune.

Le toit béton semble être la bonne idée… si l’on occulte le risque sismique. Ce risque, on le nie bien volontiers puisqu’il ne s’est pas encore réellement imposé à nous. Et pourtant : “Les Antilles sont les régions où l’aléa et le risque sismique sont les plus forts du territoire national. Un séisme majeur, tel que ceux qui se sont produits en 1839 en Martinique et en 1843 en Guadeloupe, ferait, dans les conditions actuelles de vulnérabilité, des milliers de victimes et plusieurs dizaines de milliards d’euros de dommages.” (Source : www.planseismeantilles.fr)

Vivre à Saint-Martin, c’est risqué…

On vous épargnera le risque de tsunami, nous contentant de conclure sur le fait qu’une bonne part de la population, puisque nous sommes parmi les Collectivités les plus pauvres de France, n’a pas les moyens de répondre à ces risques et de les prendre en considération dans la construction de leur habitat.

Dès lors, est-ce que la solidarité nationale, qui s’est pourtant largement exprimée dans le cadre de l’urgence et va se poursuivre au travers d’un soutien à la Collectivité, aux entreprises ou aux particuliers les plus nécessiteux, est appréhendée sur le bon axe ?

Si le Préfet Gustin lors de sa dernière conférence de presse affirmait que la France n’a aucune intention de détourner le regard de Saint-Martin, ajoutant qu’il n’en est peut être pas de même des Pays-Bas vis à vis de Sint Maarten, alors peut être faut-il rapidement changer la nature de ce regard pour que soient pris en considération les réels besoins du territoire si l’on ne veut pas que notre société s’effondre à nouveau comme un château de cartes lors de la prochaine manifestation d’un risque “naturel”.

Construire un modèle économique durable sur un territoire aux risques connus

Comment aujourd’hui prendre la décision d’investir durablement à Saint-Martin sans la garantie d‘infrastructures résolument adaptées qui permettraient des visions à long terme ? Est ce qu’en s’en privant, nous ne fixons pas nous même l’essence d’un système économique fait d’opportunismes, d’une succession de coups à la profitabilité rapide qui n’auront rien à voir avec le principe de “développement durable” et ne sauront pas répondre à notre problématique de l’emploi ?

Cette part de France où nous résidons et vis à vis de laquelle le Ministre Hulot dit qu’il faut se poser la question de l’habitabilité, a besoin d’aménagements lourds du front de mer, d’ouvrages hydrauliques conséquents, de réseaux efficaces et enterrés, d’accompagnement tout aussi lourd dans la reconstruction pour que l’habitat soit pleinement adapté aux contraintes qui sont les notres… à défaut, le bilan humain d’Irma, même dans sa part strictement officielle, n’aura été qu’un avertissement non entendu.

Url de cet article : http://www.stmartinweek.fr/2017/11/28/7-mois-debut-dune-nouvelle-saison-cyclonique/69499 

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