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Trinidad. Keith Rowley, le nouveau Premier Ministre a-t -il changé la donne ?

29 Mar 2016
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Dr. Keith Rowley Dr. Keith Rowley

Port of Spain  Mardi 29 mars 2016. CCN. Le 7 septembre 2015, le Mouvement National pour le Peuple (People’s National Mouvement – PNM) mettait fin à 5 années de pouvoir d’une coalition menée par celle qui fut la première femme Premier ministre de Trinidad et Tobago, Kamla Persad-Bissessar.


 

Les derniers moments de la mandature de Persad-Bissessar auront été riches en rebondissements peu glorieux, laissant parfois un goût amer à ceux qui avaient placé leur confiance en elle, même si certains  grands projets furent certes inaugurés peu de temps avant les élections, tel l’hôpital pour enfants de Couva, doté d’équipements ultra-modernes.

Lorsqu’il prête serment le 9 septembre, Dr. Keith Rowley est très certainement conscient de tous les espoirs qu’une majorité de ses concitoyens ont placés en lui. D’emblée, et en accord avec la thèse selon laquelle les caisses de l’Etat seraient vides, le nouveau Premier ministre promet de réduire de manière significative les dépenses de l’Etat.

Il annonce que les membres de son administration ne se rendront à l’étranger qu’en cas d’absolue nécessité. Tout en maintenant que les déplacements ont leur importance, le Premier ministre affirme que le temps est venu d’être beaucoup plus sélectif et  que les voyages ne sont pas censés « récompenser » tel ou tel membre de l’administration. Des procédures seront d’ailleurs  mises en place pour évaluer le bien fondé des voyages en première classe. L’usage des véhicules de fonction sera aussi beaucoup plus régulé.

A titre de comparaison, et sans doute parce que certains chiffres en disent long, Rowley fait référence aux déplacements en hélicoptère de Persad-Bissessar : 636 heures pour un coût total de 6 millions de dollars trinidadiens (environ 800 000 Euros).

Ces décisions interviennent dans un contexte économique incertain : en effet, Trinidad et Tobago, dont 45% du PIB annuel provient de la production de produits pétrochimiques, fait les frais de la baisse du prix du baril de pétrole, qui n’a cessé de chuter au cours de l’année 2015 en particulier. Si la criminalité et la sécurité nationale font certes aussi partie des préoccupations principales de la population, la situation économique, à l’aube du mandat de cinq ans du premier Ministre Rowley promet alors d’être une question tout aussi centrale.

En effet,  trois semaines avant Noël, une déclaration du gouverneur de la Banque centrale fera l’effet d’un coup de tonnerre : Jwala Rambaran annonce que Trinidad et Tobago est officiellement en récession. A priori, rien de particulièrement choquant. Le terme de récession fait référence à un ralentissement de l’activité économique, et pour étayer son propos, le gouverneur de la Banque centrale affirme que la croissance économique est en baisse, avec un PIB en déclin pour la quatrième année consécutive. Ce qui  suscitera  une controverse, c’est que le gouverneur n’a pas consulté le ministre des Finances ou le premier Ministre avant de faire cette annonce publique. Une semaine plus tard, Jwala Rambaran révèle le nom des sociétés qui utilisent la majeure partie des devises étrangères, information qui serait confidentielle. Une chose est sûre, le premier Ministre Rowley n’apprécie pas ces libertés prises par le gouverneur de la Banque centrale, et critique publiquement ses actions.

Ainsi, avant la fin du mois de décembre, Rambaran se verra remercier par le ministre des Finances, et perdra  son poste de gouverneur de la Banque centrale.

Un peu plus de 3 mois après son élection, et tandis que l’effervescence des fêtes de fin d’année et d’une très courte saison carnavalesque commence à se faire sentir, le premier Ministre trinidadien se voit contraint de rassurer ses concitoyens. Il affirme que son gouvernement est plus que conscient des défis auxquels il doit faire face, et que la population ne doit pas céder à un sentiment de panique.

Le 30 décembre, dans une allocution télévisée d’une demi-heure, Dr. Keith Rowley s’adresse à ses concitoyens. Le gouvernement précédent détient une part de la responsabilité au regard de la situation à laquelle son gouvernement doit faire face, et c’est la raison avancée pour justifier une augmentation de la limite de l’emprunt : pour payer les dettes accumulées par le gouvernement de Persad-Bissesar. Rowley affirme également avoir à cœur de maintenir le niveau de vie de ses concitoyens et d’achever certains grands projets, notamment des centaines de logements sociaux.

C’est donc la situation économique apparemment fragile qui semble être au cœur des préoccupations de la nouvelle administration. En effet, nous examinerons prochainement certaines des mesures concrètes qui, six mois après le changement de gouvernement, ont eu un impact direct sur les finances des citoyens de Trinidad et Tobago.

 

By Loiza Rauduel, Correspondante de CCN

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