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Trinidad. Célébration de l’arrivée des premiers Indiens en 1845

30 Mai 2016
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Port of Spain, 30 mai 2016. CCN. Tous les ans, le 30 mai représente l’occasion pour la population de Trinidad et Tobago de renouer avec un important pan de l’histoire du pays : l’arrivée d’hommes et de femmes venus d’Inde spécifiquement pour travailler sous contrats dans les champs de canne désertés par les esclaves récemment libérés. En Guadeloupe  les 1ers indiens n’arrivent qu’en  décembre 1854.

En mai 1845 (la date exacte fait encore débat), un peu plus de 200 hommes et femmes arrivent à Trinidad, au terme d’un voyage difficile de plus 90 jours à bord du Fatel Rozack, nom du navire qui a fait le premier voyage entre l’Inde et Trinidad. Entre 1845 et 1917, environ 145 000 personnes seront amenées à Trinidad, principalement en provenance de Calcutta en Inde (environ 300 voyages auront lieu au cours de la période).

Quelques années avant l’arrivée des premiers travailleurs venus d’Inde, le 1er août 1838, les esclaves de Trinidad et Tobago deviennent officiellement libres. Pour tâcher d’effacer les mauvais souvenirs de cette pénible période au cours de laquelle ils étaient uniquement les sujets de maîtres cruels, vivant dans de terribles conditions, ils s’éloignent quelque peu des plantations, constituant des villages aux abords de celles-ci.

Très vite, le problème de la main d’œuvre se pose pour les planteurs, qui doivent absolument trouver une solution à la pénurie de travailleurs immédiatement après l’abolition de l’esclavage. Les planteurs, usant alors de leur influence sur les autorités locales et le gouvernement de Londres, obtiennent l’adoption d’un mécanisme grâce auquel de la main d’œuvre venue d’Inde sera employée dans leurs plantations de canne à sucre pour éviter que l’industrie sucrière ne s’effondre. A l’époque, il en va du développement économique même de Trinidad.

Les indiens qui font le voyage sont en grande majorité des hindous, et faisaient partie en Inde d’une population rurale, pauvre, apparemment habituée au travail de la terre et développant ainsi un attachement profond à celle-ci.

Si les travailleurs indiens n’étaient pas à proprement parler des esclaves, des rapprochements avec l’esclavage peuvent cependant être faits, car après la traversée depuis l’Inde (dont les rudes conditions auront été fatales à certains, qui mourront au cours du voyage) les hommes et femmes qui avaient fait le voyage n’étaient pas libres. Ils étaient affectés à une plantation, sans possibilité de changer d’employeur, ne pouvaient pas quitter la plantation sans autorisation écrite. Toute infraction à leur contrat de travail était passible de peine de prison ferme. Malgré tout, les travailleurs sous contrat recevaient une compensation financière et pouvaient continuer à pratiquer leur religion. Au terme de leur contrat, ils pouvaient choisir entre un retour vers leur pays natal ou l’obtention d’un lopin de terre. Au fil des années, un grand nombre de travailleurs venus d’Inde firent le choix de rester à Trinidad.

Malgré le choc culturel, y compris la barrière de la langue, des conditions de travail pénibles et relativement strictes, les Indiens ont su maintenir et ensuite transmettre leurs traditions, rites culturels, coutumes et habitudes culinaires. L’on ne peut nier leur influence, et l’on ne peut évoquer la culture trinidadienne sans prendre en compte l’apport de la culture indienne dans son ensemble : la musique, la cuisine, la religion et même la langue. Depuis 45 ans, le Conseil national pour la culture indienne, considéré comme la première organisation culturelle indienne du pays, s’attache à maintenir les traditions et organise, tout au long de l’année, divers évènements et échanges culturels.

Aujourd’hui, 35% de la population totale actuelle (environ 1 million 300 000 habitants), est de descendance indienne, par opposition au deuxième groupe ethnique majoritaire, de descendance africaine, selon l’appellation officielle : un peu plus de 32%.

Le 30 mai fut officiellement déclaré jour férié en 1995. Avec l’appui du gouvernement, chaque année, diverses reconstitutions de l’arrivée des premiers travailleurs indiens sont organisées sur des plages de Trinidad, afin de célébrer les ancêtres d’une partie de la population, venus, il y a presque deux siècles, contribuer au maintien d’une industrie sucrière sur le point de s’effondrer. Dans son message à la nation à l’occasion de la célébration du 171ème anniversaire de l’arrivée des Indiens, le 30 mai 2016, le président de la République, Anthony Carmona, a tenu à rappeler la contribution de nombreux descendants de ces travailleurs asservis à l’héritage et au patrimoine de Trinidad et Tobago, notamment dans les domaines de l’économie, de la finance, des arts et de la littérature, en citant par exemple VS Naipaul, prix Nobel de littérature en 2001.

Le Président Carmona a aussi souhaité rappeler l’importance que la culture indienne a toujours accordé aux valeurs de la famille, du respect des parents et des anciens, ainsi que la valeur du travail et de l’éducation, invitant ses concitoyens à s’en inspirer.

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