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Venezuela. CITGO dans l'objectif : Infiltration et pillage des ressources vénézueliennes

28 Nov 2017
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Caracas. Mardi 28 Novembre 2017. Bolivarinfos/CCN. L'arrestation de la direction de CITGO Petroleum, la filiale en territoire étasunien de l'entreprise d'Etat vénézuélienne PDVSA, est un point d'inflexion d'une lutte au plus haut niveau concernant le destin d’une entreprise clef du patrimoine vénézuélien.

Ces emprisonnements ont été provoqués par l'implication des directeurs de CITGO dans un contrat de refinancement de la dette d'un montant de 4 000 millions de dollars avec 2 compagnies de fonds à capital à risque (equity funds).

Ce contrat met en danger les actifs de la République, selon le procureur général Tarek William Saab.

La Tabla rapporte que « le contrat a vouluf être fait dans des conditions défavorables pour l'industrie pétrolière et donnait comme garantie la filiale elle-même dans une négociation dans laquelle semblent impliquées les firmes à fonds à risques Frontier Management Group LTD y Apollo Global Management LLC, cette dernière étant considérée comme l'une des plus importantes et des plus agressives corporations de financement alternatif du monde. » Ce sont des organisations financières qui peuvent être qualifiées de « fonds vautours. »

La réponse au plus haut niveau ne s'est pas faite attendre. L'agence Reuters cite un prétendu fonctionnaire du Département d'Etat (sans le nommer) qui fustige les autorités vénézuéliennes pour ces arrestations parce que 5 des 6 impliqués ont aussi la nationalité étasunienne en plus de la nationalité vénézuélienne.

Les personnes défendues par les Etats-Unis seraient :

  • Tomeu Vadell Recalde, vice-président pour les opérations de raffinage
  • Alirio Zambrano, gérant général de la raffinerie Corpus Christi
  • Jorge Toledo, vice-président pour la fourniture et la commercialisation
  • Gustavo Cárdenas, vice-président pour les relations avec les actionnaires, le Gouvernement et les affaires publiques
  • José Luis Zambrano, vice-président pour les services partagés.
  • Pour sa part, le président de CITGO, Jose Pereira, a la nationalité vénézuélienne et sa résidence permanente aux Etats-Unis, a déclaré la source.

« L'Ambassade des Etats-Unis au Venezuela a demandé aux autorités (vénézuéliennes) de lui donner accès au consulat à tous les citoyens étasuniens arrêtés au Venezuela. Nous demandons au Gouvernement qu'il se mette immédiatement en conformité avec la Convention de Vienne sur les Relations Consulaires, » a dit le fonctionnaire du Département d'Etat cité par Reuters.

Cette affaire est également embrouillée par la discrétion concernant sa gestion. Selon le procureur général Tarek William Saab, les cadres de CITGO auraient donné des informations stratégiques sur les activités pétrolières du Venezuela à des agents du renseignement étasunien.

Unir les pièces du casse-tête

CITGO a fait parler d'elle pendant ces derniers mois pour différentes raisons toutes concernant les Etats-Unis, dans le cadre du siège de l'économie vénézuélienne et de cet important actif à l'étranger.

Avant et après les sanctions mises en place par Donald Trump, l'entreprise vénézéulienne CITGO avait commencé à affronter de sérieux problèmes dans les systèmes de recherche internationale pour l'achat de brut pour soutenir le régime de ses 3 raffineries. Les opérations d'embargo pétrolier non déclaré contre CITGO ont été mises en place grâce au refus d'agences bancaires de faire les démarches de crédit à court terme pour que l’opératrice fasse des achats de brut aux Etats-Unis.

Les sanctions de Donald Trump du 25 août ont assigné à résidence les dividendes de CITGO en ordonnant à l'entreprise de ne pas rapatrier ses bénéfices à PDVSA et au Venezuela. Selon la firme Ficht Ratings, CITGO aurait généré quelques 2,5 millions de dollars de dividendes à PDVSA depuis 2015. De cette façon, Trump a accéléré des mécanismes de discrédit des finances vénézuéliennes dans un contexte de déclin des entrées de devises à cause de la baisse importante du prix international du pétrole.

D'autre part, le processus de restructuration de la dette vénézuélienne a déchaîné d'autres attaques des instances financières qui ont cherché à recréer une situation de défaut de paiement du Venezuela. Il y a quelques jours, Standard & Poors a déclaré le Venezuela en défaut de paiement et, en conséquence, a ouvert le possibilité que, par l'intermédiaire de l'Association Internationale de Crédits croisés et Dérivés (ISDA) située aux Etats-Unis, soient entreprises des actions coercitives qui viseraient l'éventuelle confiscation des actifs vénézuéliens à l'étranger, en fait de CITGO.

Face à une probable déclaration discrétionnaire fausse et arbitraire de l'ISDA disant que le Venezuela n'a pas rempli ses engagements envers les détenteurs de bons, la saisie d'actifs vénézuéliens à l'étranger est une possibilité très sérieuse. Cette affirmation a été faite par Landon Thomas Jr., analyste financier du New York Times, qui a envisagé que, dans le cadre des signalements disproportionnés concernant la situation financière du Venezuela, le pays devienne « un foyer de fonds vautours. » D'autre part, Thomas a signalé que « la compagnie vénézuélienne (PDVSA) a des actifs très lucratifs à l'étranger qui pourraient être l'objet de réclamation et de confiscation par ces capitaux (vautours) au cas où le Venezuela cesserait de payer. »

La stratégie d'asservir les Etats pour prendre leurs ressources

Les éléments qui entourent la situation de CITGO dénotent une politique évidente développée par les Etats-Unis pour établir la capture d'actifs, de biens et de ressources. Les modalités sont complexes et adaptées à de nombreux contextes mais le dénominateur commun est le même : les Etats-Unis coordonnent des mécanismes pour asservir d'abord les Etats-nation en diminuant leurs capacités politiques, en affaiblissant leurs lignes de défense et ensuite en prenant leurs ressources.

Des exemples récents ? L'invasion de l'Irak de 2003, qui fut la guerre de pillage du pétrole la plus importante de notre temps. Deuxièmement, la sécession du Soudan et la naissance (sous le patronage des Etats-Unis grâce à un referendum) du Soudan du Sud, une vaste région pauvre mais qui abrite les plus importantes réserves de pétrole de l'ancien pays uni. Une zone captive, facile à trans-nationaliser. D'autre part, l'invasion mercenaire et la sécession de fait de la Libye, un pays auquel ses réserves internationales (supérieures à 200 000 millions de dollars) ont été confisquées et qui a subi la fragmentation de son territoire et la prise de ses actifs pétroliers.

Les possibilités concernant CITGO surgissent de l'éventuelle escalade vers de nouvelles situations de blocus et d'asphyxie de l'économie vénézuélienne pour favoriser le remplacement du chavisme au Venezuela. Une opération à grande échelle d'affaiblissement modulé des capacités du Venezuela à donner de l'oxygène à son économie grâce au vol d'une pièce importante dans les revenus vénézuéliens. Les particularités, dans ce cas, résident dans la reproduction du modèle de pillage perfectionné au préjudice de la Libye et de ses réserves : les Etats-Unis n'ont plus besoin d'occuper un pays pour obtenir des parties de ses biens stratégiques, ils ont seulement besoin que ceux-ci soient en situation de captivité, dans les entrailles du tissu économique et financier étasunien même.

Cette affirmation est-elle étonnante ? Non, pas dans le cadre d'une politique étrangère étasunienne dirigée par Rex Tillerson, chef du Département d'Etat, ex CEO d'ExxonMobil et adversaire déclaré du chavisme depuis les nationalisations légitimes des actifs de cette compagnie sur la Ceinture de l'Orénoque en 2007. Tillerson, de plus, est un agent du patronat qui a déjà des antécédents dans la capture de ressources vénézuéliennes, juste maintenant, quand ExxonMobil fait de façon fallacieuse (comme sponsor du Gouvernement du Guyana) des explorations et des essais d’extraction de brut léger dans la zone réclamée par le Venezuela grâce à des opérations off shore1.

Le Gouvernement de Trump est précisément un Gouvernement qui subit l'influence du lobby de l'industrie pétrolière. En fait, il s'agit d'un ensemble d'acteurs ouvertement ennemis du chavisme dans tous les domaines de la politique étasunienne, patronnés par la conspiration pétrolière internationale comme c'est le cas des congressistes Marco Rubio, Ileana Ros et Bob Menendez, des agents qui modulent ouvertement l'ingérence et l'intervention contre le Venezuela.

Il ne s'agit pas de représailles pétrolières, il faut le dire. Ces actions font partie d'un ensemble d’activités propres au manuel stratégique des Etats-Unis mises en place sous diverses latitudes avec des variantes.

L'action d'infiltration de la direction de CITGO grâce à des « chevaux de Troie » (à présent défendus par le Département d'Etat) est, évidemment, une tentative de démantèlement des ressources vénézuéliennes par l'entrée dans des conditions pseudo-légales de capitaux ayant intérêt à démembrer l'économie vénézuélienne et ce qui est plus grave, à partir des signalements d'espions favorables aux Etats-Unis. Des méthodes assez sophistiquées mais pas nouvelles.

De cette façon et dans le cadre de la plus importante purge et de la plus importante lutte anti-corruption connue au Venezuela, avec l'arrestation de 50 cadres de haut niveau de PDVSA, la poussée sur les actifs vénézuéliens se fait du front extérieur et du front intérieur simultanément. Il s'agit d'un acte chirurgical sans précédent pour protéger le cœur de l'économie vénézuélienne, la moelle épinière la plus sensible qui est à présent attaquée à l'intérieur du pays et de l'étranger par des actions de sabotage à l'intérieur et par un siège financier et légal de l'étranger.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos


1Dans le domaine de la finance et de la gestion d'entreprise, le terme offshore est utilisé pour désigner la création d'une entité juridique dans un autre pays que celui où se déroule l'activité, afin d'optimiser la fiscalité (paradis fiscal) ou la gestion financière des capitaux. L'entité juridique en question est alors qualifiée de non-résidente, puisqu'elle n'exerce aucune activité de production ou de service dans le pays où elle est enregistrée. À ce titre, cette pratique se distingue de la délocalisation, qui concerne généralement un transfert d'activités et d'emplois.

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