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Venezuela. Les agences de nnotationn à l'attaque ! Représailles contre CITGO

11 Jan 2018
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Caracas. Jeudi 11 Janvier 2018. Bolivarifos/CCN. Seulement 2 semaines et demi après que le Ministère Public vénézuélien ait révélé une grande affaire de corruption à CITGO, les grandes agences de notation étasuniennes ont engagé une grande campagne de discrédit pour suggérer « un événement d'impayé (défaut) dans la filiale de PDVSA sur le sol nord-américain.

Protection d'un pillage planifié

Suite à une enquête demandée par le président Nicolás Maduro, le Ministère Public a déterminé la responsabilité de 6 hauts dirigeants de CITGO et même de son président José Ángel Pereira Ruimwyk, dans la signature d'un contrat de 4 000 millions de dollars de refinancement de la dette avec 2 fonds vautours en tournant le dos à sa maison mère PDVSA.

La garantie du prêt était les actifs de la filiale, ce qui mettait l'entreprise pétrolière dans une situation désavantageuse de vulnérabilité. Pereira Ruimwyk recevait des commissions pur le contrat signé qui étaient déposées en Suisse.

On a aussi trouvé des liens entre les personnes impliqués dans cette affaire et des actes d'espionnage industriel : le transfert d'informations sensibles pour l'entreprise pour qu'elles profitent à des entreprises rivales de PDVSA comme ExxonMobil et Conoco Phillips. En particulier, selon WikiLeaks, en 2014 le président de CITGO a été un informateur de l'ambassade des Etats-Unis dans le différend entre les 2 titans pétroliers à propos du projet Cerro Negro.

L'enquête pourrait aussi impliquer Nelson Martínez, ex-président de CITGO, dans cette opération illégale. Il est actuellement en prison.

Apollo Global a une importance particulière dans les 2 fonds vautours à cause de ses liens avec l'élite financière de Wall Street dont les agences de notation sont les plus fidèles protecteurs.

Le contrat a été signé au mois de juillet 2017, c'est à dire un mois avant que le Gouvernement Trump n'émette un Ordre Exécutif qui, en plus de fermer le marché étasunien de la dette à PDVSA empêchait le rapatriement des dividendes par CITGO à sa maison mère dans le cadre de la stratégie d'asphyxie des revenus vénézuéliens aujourd'hui vitaux pour payer les importations de base d'aliments et de médicaments.

Bien que le contrat soit préjudiciable aux opérations de CITGO et par conséquent à ses créanciers et à ses clients, les agences de notation ont interprété la manœuvre comme une occasion en or pour que le fonds Apollo Global fasse des bénéfices énormes. Fidèles à leur tradition de pillage financier largement prouvée lors de la crise financière de 2008, le contrat de refinancement n'a pas eu de répercutions négatives sur la crédibilité de CITGO.

La logique qu'ils appliquent fonctionne ainsi : si l'entreprise peut être achetée à long terme à bas prix grâce à un contrat désavantageux, c'est une bonne nouvelle pour Wall Street et les agences de notation.

Retouches et vengeance politique

Après ces sanctions financières, les pressions de la banque étasunienne se sont accélérées sur CITGO pour l'empêcher d'avoir accès à des lignes de crédit pour pouvoir continuer à opérer. Cependant, la qualification de CITGO reste à un niveau moyen de crédibilité qui lui permet, bien qu'elle soit sanctionnée, d'avoir accès à des financements et à des investissements.

Les agences de notation attendaient et c'est pourquoi ce contrat a été signé, un endettement de CITGO à moyen terme dans de mauvaises conditions. Au bon moment, elles affaibliraient sa crédibilité, suggèreraient un défaut de paiement et feraient pression pour toucher les garanties. Parallèlement, les sanctions affecteraient la capacité opérationnelle partielle de la filiale pour imposer le récit de « l'incapacité financière » de paiement.

CITGO est un réseau sensible pour la sécurité énergétique des Etats-Unis

Le démantèlement des mafias internes qui ont essayé de mettre CITGO en grande difficulté, une action qui devrait être bien vue par le milieu de l'économie puisqu'il protège la capacité opérationnelle de la filiale, les créanciers, les clients et en dernière instance la sécurité énergétique des Etats-Unis, n'a pas été bien vue par les agences de notation.

La vengeance est venue 2 semaines et demie plus tard (le 6 décembre) avec la baisse de la qualification de CITGO concernant le crédit presque au bord du défaut (CCC) par Standard and Poor's et Fitch Ratings simultanément. Certaines des raisons invoquées est l'absence d'indépendance « de CITGO envers le Gouvernement » et « la crise au Venezuela. »

Comme la stratégie de mettre en panne l'entreprise n’a pas pu se concrétiser grâce au fonds vautour Apollo Global, les protecteurs de Wall Street ont opté pour la dégradation de l'image financière de CITGO pour l'empêcher d'avoir des possibilités alternatives de financement et d'investissement face aux sanctions agressives qui limitent ses opérations.

Situer CITGO comme une entreprise avec un « risque d'impayé » est destiné à concrétiser le plan initial de contrôle du refinancement mais d'une façon beaucoup plus agressive : terroriser les investisseurs et les banques pour limiter les lignes de financement de CITGO et au fur et à mesure que les pressions financières avancent, exposer progressivement la filiale à une judiciarisation de ses actifs pour honorer ses créanciers.

Le « risque d'impayé », dans ce cas, n'est pas déterminé par les capacités de CITGO en elles-mêmes mais par les sanctions qui affectent ses opérations et qui logiquement, devraient limiter à long terme, sa capacité de paiement. Une bonne affaire sans failles.

Pourquoi CITGO est-elle tellement convoitée ?

Bien qu'actuellement, les sanctions des Etats-Unis visent à refuser au pays les rentrées nécessaires pour stabiliser son économie, sur e plan stratégique, CITGO est un actif convoité par Wall Street.

Selon une étude présentée en 2014 par l'entreprise Turner, Mason and Company, CITGO est la compagnie étrangère aux Etats-Unis qui a la plus forte capacité de raffinage, bien au-dessus de celles d'Arabie Saoudite, du Mexique, du Brésil et du Canada, le principal fournisseur de pétrole des Etats-Unis.

Ses 9 raffineries et ses 14 000 stations services dans les villes des Etats-Unis constituent un réseau sensible pour leur sécurité énergétique.

Un autre facteur de poids : CITGO est 100% vénézuélien, ce qui empêche les banques et les grands investisseurs de Wall Street de prendre le contrôle d'une partie de sa direction exécutive et des opérations en achetant des actions. L'absence « d'indépendance » à laquelle les agences de notation font allusion n'a pas de sens.

Certaines mesures soutiennent que CITGO vaut environ 7 000 millions de dollars, d'autres donnent un chiffre proche des 9 000 millions de dollars. Cependant, la valeur réelle de CITGO n'est pas seulement monétaire car son infrastructure de raffinage et de distribution de produits dérivés du pétrole donnerait aux Etats-Unis un avantage énergétique considérable.

La lutte anti-corruption que le Venezuela engage dans des domaines stratégiques pour sa souveraineté et sa sécurité nationale qui comprend aussi le domaine économique et énergétique a provoqué un saut agressif de la part des agences de notation pour défendre le pillage qu'elles ont planifiée avec des dirigeants uniquement concernés par leurs commissions.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://misionverdad.com/LA-GUERRA-EN-VENEZUELA/calificadoras-al-ataque-represalias-contra-citgo-por-lucha-anticorrupcion

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/01/venezuela-les-agences-de-notation-a-l-attaque-represailles-contre-citgo-pour-sa-lutte-anti-corruption.html

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