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Venezuela. Leopoldo Lopez

13 Fév 2018
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Caracas. Mardi 13 Février 2018. Bolivarinfos/CCN. par Alejandro Fierro, Banque de Développement Economique et Social du Venezuela (BANDES), 2017

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Selon ses exégètes, Leopoldo Lopez (Caracas, 29 avril 1971) descend directement de Simon Bolivar.

 

Au-de la de sa véracité, l'exhibition de ce soi-disant lien let en évidence son appartenance à l'oligarchie vénézuélienne traditionnelle, à ses chefs qui ont amassé leur fortune dans le commerce du cacao, du café et de la canne à sucre et au XX° siècle se sont reconvertis dans d'autres affaires à la faveur de la rente pétrolière.

 

Lopez a étudié dans de prestigieuses universités étasuniennes, y compris à Princeton et à Harvard et a obtenu une licence en Sciences Sociales et en Sciences Economiques et une maîtrise de Politiques Publiques.

 

De retour au Venezuela, et après avoir été conseiller dans la toute puissante compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA (de 1996 à 1999), il a fait partie du noyau fondateur de Primero Justicia, un parti d'une nouvelle sorte né de la conviction de certains hommes politiques d'opposition que les formations traditionnelles, Action Démocratique et COPEI, étaient incapables d'affronter le chavisme. Il était d'accord là-dessus avec, entre autres, Henrique Capriles, Julio Borges ou Juan Carlos Caldera.

 

En 2000, il a été élu maire de Chacao, un bastion d'opposition de l'est de Caracas. Et après la campagne électorale, il a révélé une personnalité qui lui a valu à la fois l'admiration et le rejet des électeurs de l'opposition. Véhément et passionné, il s'est révélé être un dirigeant charismatique pour les siens mais absolument incapable de négocier et de travailler en équipe avec ses pairs, imposant un style vertical et autoritaire.

 

Dans le domaine de l'économie, c'est un néolibéral sans complexes. Dans le domaine politique, sa fixation, presque son obsession, est le chavisme qu'il évoque en des termes qui rappellent la diabolisation du bloc soviétique de la Guerre Froide parsemés d'une haine de classe non dissimulée.

 

Les désaccords avec ses camarades de Primero Justicia ont été constants. Ses positions sur le chavisme n'étaient pas étrangères à ces affrontements. Il attaquait le chavisme sur le plan de l'idéologie en l'accusant d'être une dictature cachée qui portait atteinte aux Droits de l'Homme. Par conséquent, il fallait de vaincre dans la rue puisque les élections étaient manipulées. Cette position s'opposait à celle du secteur qui proposait une issue électorale et considérait plus efficace un discours centré sur les soi-disant failles de la gestion.

 

Le caractère explosif de Lopez s'est révélé dans toute son ampleur lors du coup d'Etat d'avril 2002, quand il a participé à l'arrestation du ministre de l'Intérieur et de la Justice de l'époque, Ramon Rodriguez Chacin. Après l'émeute putschiste, son discours devient de plus en plus incendiaire. En 2006, il abandonne Primero Justicia et intègre Un Nouveau Temps d'où il est expulsé 3 ans plus tard. Depuis lors, on le connaît familièrement comme « le gamin Bombe » car il a fait exploser toutes les formations par lesquelles il est passé et Wikileaks a révélé que l'ambassade des Etats-Unis considère que « la personne la plus détestée par l'opposition après Chavez, c'est Leopoldo Lopez. »

 

Une accusation de malversations de fonds publics lui a interdit d'occuper des charges publiques après la fin de son mandat de maire de Chacao en 2008. Un an plus tard, il fonde Volonté Populaire, un parti fait à sa mesure, absolument hiérarchisé et qui incarne le visage le plus virulent de l'opposition. Bien qu'il aient participé aux élections, ils continuent à dire que la mobilisation dans la rue est la seule façon de renverser le chavisme.

 

En janvier 2014, avec le maire de la métropole de Caracas Antonio Ledezma et la députée Maria Corina Machado, il présente la stratégie de La Sortie, un calendrier de mobilisations de rues qu'ils proposent de poursuivre indéfiniment jusqu'à la démission de Nicolas Maduro. Les affrontement deviennent extraordinairement violents et font 43 morts. 10 d'entre eux sont morts à cause de tirs de la police mais le reste est composé d'agents de sécurité, de passants, de motards décapités par des câbles placés d'un côté à l'autre de la route, de personnes qui enlevaient des barricades pour pouvoir accéder à leur domicile.

 

Le tribunal de Caracas a émis un mandat d'arrêt contre Leopoldo Lopez en tant qu’instigateur de ces faits. Il se rend volontairement le 18 février. Les protestations ont continué plusieurs semaines mais se sont atténuées face à la condamnation générale d'une violence qui était déjà considérée comme n'ayant pas de sens. Les barricades, les barrages de rues et les manifestations n'ont jamais réussi à faire bouger les limites territoriales des zones de la classe moyenne haute. Dans les quartiers populaires, il n'y a pas eu une seule protestation.

 

Lopez a été condamné à 13 ans de prison pour association de malfaiteurs, instigation publique à la violence et pour son action déterminante dans les délits d'incendie et de dommage aux biens. Une condamnation qu'il purge à la prison militaire de Ramo Verde. Il se prend pour le Mandela vénézuélien, le martyr qui se sacrifie pour la liberté du pays mais n'y est pas arrivé.

 

Le reste des partis d’opposition (Primero Justicia, Action Démocratique,COPEI,Un Nouveau Temps) garde une distance prudente avec lui et évitent même de parler de lui en particulier : ils utilisent le terme générique de « prisonniers politiques. » Leurs principaux dirigeants – Ramos Allup, Capriles, Julio Borges, Henri Falcon – refusent de participer aux manifestations organisées pour sa libération. Ils essaient de lui enlever toute aspiration à la présidence qu'il réclamera sans doute en invoquant son histoire de sacrifice.

 

En avril 2016, le Tribunal Suprême de Justice (TSJ) a déclaré anticonstitutionnelle la Loi d'Amnistie et de Réconciliation Nationale votée par l'Assemblée Nationale le 29 mars 2016 pour libérer les dirigeants d’opposition emprisonnés, laissant ainsi impunies les violations des droits de l'homme dans le pays. Par cette loi, l'opposition cherchait à obtenir la libération d'au moins 76 de ses dirigeants politiques emprisonnés parmi lesquels Leopoldo Lopez. Sa femme, Lilina Tintori, est devenue l'ambassadrice devant qui s'ouvrent les portes des chancelleries et des Gouvernements occidentaux. Cependant, l'audience en appel au mois d'août a ratifié la sentence de condamnation.

 

Dans la région, les Gouvernements conservateurs ont fait de Leopoldo Lopez leur cheval de bataille pour discréditer le chavisme. Quelques jours avant son accéssion à la présidence de l'Argentine, pendant le Sommet du MERCOSUR qui s'est tenu à Ascunsion le 21 décembre 2015, Mauricio Macri a qualifié de grave la situation des droits de l'homme au Venezuela en évoquant le dirigeant d’opposition qui a dirigé le plan d'insurrection connu sous le nom de La Sortie contre le président Nicolas Maduro. Paradoxalement, e président argentin est accusé par l'OEA, la CIDH et d'autres organismes internationaux de détention arbitraire et de privation illégitime de liberté envers Milagro Sala, dirigeante d'un groupe d’opposition et députée au PARLASUR.

 

Le Gouvernement intérimaire du Brésil dirigé par Michel Temer qui est devenu le chef du Gouvernement grâce à la destitution de la présidente élue par le peuple, Dilma Rousseff – un fait qualifié de « coup d'Etat doux » par le Prix Nobel de la Paix Adolfo Perez Esquivel- s'est également joint à la défense de Lopez par l'intermédiaire de son chancelier José Serra qui a déclaré qu'un « pays qui a des prisonniers politiques n'est pas démocratique, » lors d'une conférence de presse en août de la même année.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

Banque de Développement Economique et Social du Venezuela (BANDES), 2017

(Bulletin El Chilito Décembre 2017-janvier 2018)

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/02/venezuela-leopoldo-lopez.html

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