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Venezuela : L'hypocrisie néocoloniale de l'Union Européenne

06 Juil 2018
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Caracas. Vendredi 6 juillet 2018. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Ils prêchent la paix et ils sèment la mort, parlent de dialogue et élèvent des murs. De nouveau, l'Union Européenne cache son arrogance néocoloniale derrière une rhétorique – celle du « dialogue entre les parties » - qui ne s'accorde pas avec les décisions adoptées : de nouvelles sanctions contre 11 représentants et fonctionnaires du gouvernement Bolivarien. Les 28 membres de l'Union Européenne les ont approuvées à l'unanimité, manifestant ainsi des intentions opposées à celles dont ils veulent faire la propagande. De quel « dialogue » peut-on parler si on réduit au silence ceux qui représentent la majorité du peuple vénézuélien ? De quelle « légalité » peut-on parler si on fait confiance à un groupe escrocs de l'opposition vénézuélienne qui fuient devant la justice et ont pour seule préoccupation de se répartir le butin ?

On impose au Venezuela le même blocus économique et financier qui est encore en vigueur à Cuba. Ceux qui le demandent, aux Etats-Unis comme en Europe, ce sont les mêmes figures imprésentables, les mêmes intérêts de l'oligarchie, sous de vieux ou de nouveaux drapeaux. Des mesures qui n'ont pas mise à genoux la résistance de l'Ile comme a dû le reconnaître une grande partie du bloc impérialiste. C'est pourquoi maintenant, il s'agit de déguiser les sanctions contre le Venezuela en mesures « personnelles » comme si es personnes élues par le peuple vénézuélien ne devaient pas remplir des fonctions publiques que, de cette façon, elles ne pourraient plus exercer.

Si on voulait réellement le dialogue, si on voulait réellement écouter toutes les positions, pourquoi a-t-on empêché la Présidente du Conseil National Electoral, Tibisay Lucena, de venir en Europe ? Pourquoi le seule voix qu'on écoute en Italie doit-elle être celle de l'opposition vénézuélienne putschiste ? Pourquoi, grâce à ces nouvelles sanctions, empêche-t-on la Vice-présidente Delcy Rodríguez de venir en Europe ? En tant que Ministre des Relations Extérieures, Delcy, fille d'un révolutionnaire assassiné après avoir été torturé sous la IV° République, a eu le courage de défier la matraque de la police de Macri en Argentine pour défendre le droit de son pays au MERCOSUR. Et elle a défendu son pays avec des arguments irréfutables à l'OEA face aux « caniches » payés par Almagro et les Etats-Unis.

Dans les mots hypocrites des représentants de l'Union Européenne apparaît la peur séculaire qu'éprouvent les classes dominantes quand les peuples relèvent la tête, démentant le mensonge de la société divisée en classes. La fausse unanimité de ce vote auquel des pays progressistes comme le Portugal et la Grèce se sont joints, montre la force du chantage exercé par les Etats les plus forts et leurs banquiers, l'asymétrie qui règle ce qu'on appelle « la communauté européenne. »

Cuba, Venezuela, Bolivia et aussi le Nicaragua ont essayé de redessiner l'architecture d'une nouvelle intégration latino-américaine : un exemple dangereux qu'ils doivent détruire par tous les moyens en renversant les termes des nouvelles relations sud-sud. Ce qui se passe au Nicaragua peut s'interpréter dans ce contexte. Le couteau de boucher du Nicaraguan Investment Conditionaliy, le Nica Act, a commencé encore une fois à tomber des mains des mêmes congressistes d'origine cubaine Ileana Ros-Lethinen, Albio Sires et le Sénateur Marco Rubio, soutenus par leurs amis haut-placés à l'OEA, celle de Luis Almagro obsédé par le socialisme bolivarien, imperturbable devant les fraudes et les massacres des Gouvernements soumis aux Etats-Unis. Le piège dans lequel tombent les « gauches » européennes faibles, victimes de tous les vents, est le même qui a amené à soutenir les agressions contre la Libye ou la Syrie ou les « révolutions de couleurs » : le soutien à de soi-disant rebelles en lutte contre une dictature.

C'est une pitié que de tels « puritains » capables de donner des leçons de révolution en restant derrière un clavier n’aient aucun scrupule à s'allier aux Etats-Unis et aux puissances impérialistes qui les soutiennent. Où sont les « rebelles de Libye » qui auraient dû libérer leur pays, qu'ont-ils changé ? De quel côté sont les « rebelles syriens » ? quels objectifs frappent-ils, quelles armes utilisent-ils et qui les fournit aux « manifestants pacifiques » au Nicaragua ? Quels objectifs poursuivaient les « manifestants pacifiques » au Venezuela, quelles armes utilisaient-ils et avec quel argent achetaient-ils leurs uniformes de guerre pour crier entre deux avions : « nous avons faim ! » ?

Pourquoi Trump, qui en vient même à mettre en cage les enfants pour freiner le flux de migrants sur les frontières, destine-t-il des millions de dollars à ceux qui « fuient le Venezuela » sur la frontière ? Pourquoi l'Italie xénophobe des Salvini suit-elle les mêmes traces ? 

Ils prêchent la paix et ils sèment la mort, parlent de dialogue et élèvent des murs. Il s sont hypocrites par nature : la nature du capitalisme qui cache l'exploitation du travail derrière l'apparente « logique » du marché. Briser le siège du Venezuela, lutter contre les sanctions de l'Union Européenne signifie déchirer le voile de l'hypocrisie.

Par Geraldina Colotti

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CCN

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