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Venezuela : Les menaces de Juan Manuel Santos contre Maduro 5 jours avant l'attentat

07 Aoû 2018
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Photo: Agences Photo: Agences

Caracas, Lundi 6 août 2018. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Le 30 juillet dernier, 5 jours avant la tentative d'assassinat du Président vénézuélien Nicolás Maduro lors d'une cérémonie de la Garde Nationale Bolivarienne, le président sortant de Colombie, Juan Manuel Santos, a assuré qu'il « voyait proche » la chute du « régime » de Maduro au Venezuela. « Je la vois proche. Un pays avec l'inflation qu'a le Venezuela (…) ce régime doit s'écrouler, » a déclaré le président sortant lundi dans une interview accordée à l'agence AFP au siège du Gouvernement colombien. Ce n'est que l'une des multiples occasions où le président colombien a avoué ouvertement ses intentions d'intervenir dans les affaires du Venezuela et d'obtenir un changement de régime dans le pays.

8 jours avant de remettre le pouvoir à Iván Duque, un autre rival acharné de Maduro, Santos a déclaré dans cette interview qu'il considère que « le mieux » qui pourrait arriver pour le Venezuela et la Colombie, c'est que « Maduro tombe, » espérons que ce soit « de façon pacifique. »

« Espérons que demain » même s'achèvera le Gouvernement de Maduro, a dit Santos à l'AFP le 30 juillet dernier et face à cette situation, « la Colombie serait plus que disposée et prête à « aider » de toutes les façons possibles. »

Santos a poursuivi, pendant ses derniers jours à la présidence de la Colombie, une campagne permanente contre le Président vénézuélien en faisant des déclarations pratiquement quotidiennes contre lui. Le 22 juillet dernier, dans une interview accordée à l'agence EFE, Santos a dit : « Sans aucun doute. Le départ de Maduro est une condition nécessaire au changement de régime et à la restitution de leur démocratie aux Vénézuéliens, » a répondu Santos quand on lui a demandé si le départ de Maduro est indispensable pour résoudre la crise au Venezuela.

« Le régime de Maduro va s'écrouler, » a déclaré Santos à Madrid en mai 2018. Le 2 août dernier, en présentant un décret pour régulariser la situation migratoire de 440 000 Vénézuéliens en Colombie, Santos a dit : « Je veux réaffirmer notre condamnation des actions du régime vénézuélien qui a provoqué cette crise humanitaire (…) C'est un régime qui n'écoute pas et qui semble être dans un état de négation totale. »

Bien qu'il y ait eu quelques pauses, aussi bien Juan Manuel Santos que son prédécesseur, Álvaro Uribe Velez, se sont caractérisés par leur coopération ouverte avec le Gouvernement des Etats-Unis dans ses tentatives de renversement des Gouvernements d'Hugo Chávez et de Nicolás Maduro. Et le Gouvernement étasunien n'a même pas caché qu'on se sert de son aide pour agresser le Venezuela.

Il y a 1 an, le directeur de l'Agence Centrale de Renseignement (CIA) de l'époque, Mike Pompeo, a déclaré au Forum de Sécurité d'Aspen qu'il coopérait avec les Gouvernements de Colombia et du Mexique pour obtenir le départ du Gouvernement de Maduro.

« Quand tu as un pays aussi grand, avec une capacité économique comme celle du Venezuela, les Etats-Unis ont grand intérêt à s'assurer qu'il soit aussi stable et démocratique que possible (…) Je dois faire très attention à ce que je vais dire mais nous, nous espérons beaucoup qu'il puisse y avoir une transition au Venezuela et nous, la CIA, nous faisons de notre mieux pour comprendre la dynamique là, pour la transmettre à notre Département d'Etat et à d'autres. Les Colombiens, j'étais à Mexico et àBogotá la semaine dernière et j'ai parlé de ce sujet, en essayant de les aider à comprendre les choses qu'ils pourraient faire pour avoir un meilleur résultat dans leur partie du monde et dans notre partie du monde. »

Peu après, en mars 2018, Pompeo a été nommé par Donald Trump secrétaire d'Etat.

La Colombie, par la grâce de Juan Manuel Santos, est également entrée dans la belliqueuse Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en tant que partenaire mondial, une action largement critiquée dans le monde entier.

Le Gouvernement colombien a aussi eu une action importante dans de qu'on appelle le « Groupe de Lima, » une coalition de 12 pays qui, depuis l'Organisation des Etats Américains, a tenté d'appliquer la Charte Démocratique au Venezuela et à obtenir des sanctions politiques et commerciales contre le pays parmi lesquelles refuser de lui vendre des aliments et des médicaments tout en lançant un appel à un « corridor humanitaire » refusé par le Gouvernement vénézuélien parce qu'il le voit comme une façon sournoise d'introduire des troupes dans le pays et d'engager une intervention militaire.

Au vu de ces déclarations ainsi que d'autres du président président sortant de Colombie, il n'est pas étonnant que Maduro ait déclaré, quelques heures après l'attentat contre lui, ce 4 août, qu'il n'y a aucun doute que « tout désigne l'extrême-droite vénézuélienne alliée à l'extrême-droite colombienne » et que « le nom de Juan Manuel Santos est derrière cet attentat » et qu'il ait rappelé que ces faits se sont produits quelques jours après que Santos ait déclaré qu'il « voyait proche » son départ du pouvoir.

« Ils ont cherché à m'assassiner aujourd'hui et il n'y a aucun doute que tout désigne l'extrême-droite vénézuélienne alliée à l'extrême-droite colombienne. Les premiers éléments de l'enquête désignent Bogotá. C'est la raison des annonces spectaculaires de la fin de Maduro et de la fin du régime, » a-t-il déclaré samedi soir.

« C'est que Juan Manuel Santos remet la présidence le 7 août et ne peut pas s'en aller sans faire du mal, un mauvais coup au Venezuela, » a ajouté Maduro et il a demandé aux Forces Armées Nationales Bolivariennes, aux services de renseignement et au contre-espionnage d'être en alerte maximum..

A ce sujet, la Chancellerie de la Colombie a émis un communiqué concis condamnant avec insistance ces accusations. 

Le Président Maduro avait déjà prévenu en février et en juin de cette année de la possibilité d'une agression militaire depuis la Colombie et de la possibilité qu'une attaque soit simulée depuis la Colombie pour troubler la paix et provoquer un conflit armé, raison pour laquelle il a donné l'ordre d'être en alerte maximum.

 

par Luigino Bracci Roa

 

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