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Venezuela : Les élections vénézuéliennes sont parfaitement démocratiques puisque le Président est élu au suffrage universel direct

10 Jan 2019
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Caracas. Jeudi 10 janvier 2019. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Venezuela : Les élections vénézuéliennes sont parfaitement démocratiques puisque le Président est élu au suffrage universel direct

Interview de Françoise López, présidente de Solidarité Bolivarienne par le Réseau Européen de Solidarité avec la Révolution Bolivarienne 

1.- Nous avons lu le communiqué de Solidarité Bolivarienne condamnant les déclarations du Groupe de Lima qui dit ne pas reconnaître le nouveau mandat du président Nicolás Maduro qui commence le 10 janvier sans tenir compte du vote de plus de 6 000 000 de Vénézuéliens. Que faut-il penser de ça ?

Comme le remarque très justement Geraldina Colotti dans son article « L'ordre vient de l'étranger : « Maduro ne doit pas gouverner ! » publié par le Resumen Latinoamericano le 5 janvier 2019, le Groupe de Lima a été créé le 8 août 2017, précisément au moment où l'Assemblée Nationale Constituante, élue le 30 juillet 2017, donc seulement 8 jours plus tôt, a réussi à rétablir la paix dans le pays après plusieurs mois de violences et après l'échec de la tentative des pays qui composent le Groupe de Lima de faire appliquer par l'OEA la Charte Démocratique Inter-américaine. Il est officiellement composé par l'Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Guyana, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou et Sainte Lucie et a le soutien des Etats-Unis, de l’Union Européenne et de l'Organisation des Etats Américains. Mais en fait, les Etats-Unis le dirigent en sous-main. On sait, en effet, que Mike Pompeo, le Secrétaire d'Etat étasunien a donné ses ordres par vidéoconférence lors de la dernière réunion de ce groupe, le 4 janvier pendant laquelle a été signée la déclaration que nous avons condamnée dans notre communiqué. La bonne nouvelle, parce qu'il y en a quand même une, c'est que le Mexique, dirigé depuis peu par le Président Andrès Manuel Lopez Obrador, a refusé de signer cette déclaration et affirmé qu'il maintiendrait ses relations diplomatiques avec le Venezuela après le 10janvier et pratiquerait une politique de non intervention dans les affaires intérieures du pays.

Cette nouvelle déclaration de Lima est un tissu de mensonges : si certains partis d'opposition n'ont pas présenté de candidats aux élections présidentielles du 20 mai, c'était leur décision, ou plutôt pour obéir aux ordres des Etats-Unis. Nicolas Maduro les avait à de multiples occasions appelés à rentrer dans la voie démocratique et à participer aux élections, en vain. Si certains pays n'ont pas envoyé d'observateurs à ces élections, c'est également que l'opposition vénézuélienne le leur avait demandé et le Groupe de Lima le sait bien. 

De plus, la démocratie étant, comme chacun sait, « le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple, » les élections vénézuéliennes sont parfaitement démocratiques puisque le Président de la République y est élu au suffrage universel direct, pas comme aux Etats-Unis, par de grands électeurs qui donnent souvent la victoire à un candidat qui n'est pas celui qui a obtenu le plus de voix des électeurs...

En ce qui concerne la migration vénézuélienne, le Groupe de Lima n'est pas non plus sans savoir que les chiffres que donnent les médias internationaux qui parlent « d'exode vénézuélien » sont faux... Il serait trop long de faire la liste de toutes les manipulations contenues dans cette déclaration mais ce qui nous a vraiment indignés et que nous avons souligné dans notre communiqué, c'est la décision de «remettre en cause les autorisations de survol pour les avions militaires vénézuéliens qui apportent une aide humanitaire. » Cela vise de façon évidente le Plan Retour dans la Patrie grâce auquel les émigrés vénézuéliens qui ont subi les pires avanies dans les pays où ils avaient émigrés (et en particulier dans les pays du Groupe de Lima), peuvent rentrer au Venezuela gratuitement et être incorporés au programme mis en place pour eux par le Gouvernement. Le Gouvernement Bolivarien a dans cette affaire un comportement inédit : il vient en aide à ses ressortissants qui rentrent en masse. Evidemment, ça fait mauvais effet pour les Gouvernements qui attaquent le Venezuela sur les Droits de l'Homme et prétendent qu'il existe une crise humanitaire que le Gouvernement n'est pas capable de résoudre... 

C'est vraiment la pire mesure mais aussi la plus incohérente : « Comment peut-on, pour résoudre une crise humanitaire, envisager de condamner à continuer à être maltraités des gens qui veulent rentrer chez eux. Cela semble être une drôle de solution... » avons-nous écrit dans notre communiqué...

2.Bolivarinfos est un média alternatif qui contribue à présenter une vision différente de ce qui se passe au Venezuela ou en Amérique Latine que les médias conventionnels ne publient pas. Qu'est-ce qui t'a amené à créer ce média ? Que penses-tu de la façon dont les médias français parlent du Venezuela ?

Ce qui nous a amenés à créer ce média, car Bolivar Infos est le résultat d'un travail d'équipe - c'est mon nom qui apparaît mais rien n' aurait été possible et ne serait encore possible sans le travail de l'équipe de militants qui m'entoure depuis plus de 10 ans maintenant, qui réfléchit aux positions que nous devons défendre dans ce médias, à ce que nous pouvons dire ou pas, à la façon dont nous pouvons le dire, et prend les décisions avec moi après parfois de longues discussions... Donc, ce qui nous a amenés à créer ce média, c'est qu'il existe très peu de sites en français axés uniquement sur l'Amérique Latine et en particulier sur le Venezuela. Pour ceux qui parlent espagnol, il n'y a pas de problème, il suffit qu'ils tapent sur internet Amérique Latine ou Venezuela et ils trouvent de nombreux sites en espagnol mais pour ceux qui ne parlent pas espagnol c'est plus compliqué. D'autant plus que certains sites qui parlent du Venezuela en français reprennent les positions de l'opposition, de façon quasi automatique. Notre idée de base a été de donner accès aux informations du Gouvernement qui, dans les médias français, n'a jamais la parole, sauf pour mettre en doute ses déclarations. Nous présentons les communiqués du Gouvernement chaque fois que c'est possible et toujours sans commentaires pour que le lecteur puisse se faire sa propre idée. Nous pensons qu'un commentaire élogieux n'est pas toujours efficace et peut même être contre-productif quand le lecteur a déjà une idée préconçue. Nous préférons le mettre face à face avec une autre vision des choses...

Les médias français sont des médias privés et en défendant les intérêts de leur patron, ils sont dans leur rôle mais c'est un détournement du rôle des médias qui est avant tout de donner de l'information. « Les faits sont sacrés mais les commentaires sont libres » dit-on. Si seulement ces médias donnaient les faits... mais ils se contentent de commentaires sans donner au lecteur les moyens de se faire une opinion objective. Et le problème, c'est qu'il n'y a pas vraiment de variété dans le point de vue des médias français, en particulier en ce qui concerne le Venezuela. 

D'autre part, les chaines publiques reprennent les positions du Gouvernement français et de l'Union Européenne et ces positions ne sont pas neutres : l'Union Européenne emboîte le pas aux Etats-Unis quand ils prennent des sanctions contre un pays (nous l’avons vu pour Cuba dont le traitement dans les médias français a changé quand Obama a décidé de normaliser les relations et à présent, c'est le tour du Venezuela...

Mais il existe aussi en France, bien qu'ils soient rares, des journalistes honnêtes qui font leur travail avec rigueur et objectivité. Je pense, en particulier à Patricia De Dominici qui a consacré au Venezuela et à notre association d’excellents articles dans l'hebdomadaire « Le Régional » lorsque nous avons reçu l'ambassadeur de la République Bolivarienne du Venezuela en France, Son Excellence Michel Mujica à Salon-de-Provence. 

3.Ils parlent de la « crise » dans des pays comme le Venezuela ou le Brésil avant Bolsonaro mais nous voyons qu'en France ou dans d'autres pays d'Europe, le peuple descend dans la rue pour protester parce qu'il a diverses revendications sociales, économiques, etc... Que se passe-t-il et pourquoi l'Union Européenne ne parle pas de ces

problèmes et s'immisce dans les affaires intérieures du Venezuela ? 

L'Union Européenne ne parle pas de ces problèmes et s'immisce dans les affaires intérieures du Venezuela parce qu'un certain nombre de ces problèmes vient de la façon dont fonctionne l'Union Européenne d'une part et d'autre part parce que le Venezuela possède des ressources naturelles très importantes qui excitent la convoitise des anciennes puissances coloniales dont les pays d’Europe font partie. 

Je m'explique : l'Union Européenne telle qu'elle est actuellement n'a pas grand chose à voir avec ce qu'imaginaient les « pères de l'Europe .» Selon la biographie de Robert Schumann publiée par le site « toute l'Europe » : « L’objectif ultime du processus (de construction de l'Europe) est la concrétisation d’une communauté supranationale, administrée par une autorité suprême unique, dont la légitimité découlerait de la capacité à garantir la paix, de la recherche de prospérité commune à travers une croissance et un développement harmonieux. Cependant, l’Europe qu’il imagine est aussi un espace de culture et de partage qui assurerait l’épanouissement de la création artistique européenne, l’échange des richesses nationales et l’élévation du niveau scolaire. » On en est loin...

Quant à Jean Prévost, qui dès avant la guerre (il est tombé en 1944 dans le Maquis du Vercors dont il était le commandant civil) plaidait déjà pour une union européenne qui garantirait la paix, l'Europe qu'il imaginait était une Europe alignée sur le plus ayant et non, comme actuellement, sur le moins-ayant... une Europe de gauche ! Une Europe des Peuples ;

Alors, évidemment, cette Union Européenne néolibérale qu'on nous a imposée bien que certains peuples se soient prononcés contre par referendum (c'est le cas du peuple français) n'a qu'une idée en tête : imposer le néolibéralisme au monde entier. Il ne peut, pour elle, y avoir de « crise » que dans les pays qui se sont fourvoyés en se dotant d'un Gouvernement de gauche : Cuba (jusqu'à ce qu'Obama lui donne l'autorisation de frayer avec ce pays!) , le Venezuela, le Brésil de Lula ou de Dilma... 

D’autre part, s'ingérer dans les affaires intérieures d'un pays membre pourrait inciter ce pays à quitter l'Union Européenne, ce que, naturellement, elle ne veut pas. Et elle ne veut pas non plus créer de difficultés à quelqu'un comme Macron qui défend mordicus le néolibéralisme...

4.Tu sais que nous avons créé le RESEAU Européen de Solidarité avec la Révolution Bolivarienne. Comment penses-tu que nous pouvons renforcer cet espace et comment coordonner des médias comme le tien pour stimuler un lien dans la communication qui permette d'atteindre plus de gens ?

Bien sûr, et nous faisons partie de ce Réseau. Je pense que l'existence même de ce réseau est quelque chose d'extrêmement important. Il met en relations des organisations de solidarité avec le Venezuela de tous les pays d'Europe et nous encourage en nous montrant que nous ne sommes pas seuls à soutenir la Révolution Bolivarienne. 

Je crois que chacun dans notre coin, nous faisons déjà beaucoup. Que chacun fasse ce qu'il peut faire et ce qu'il sait faire et le fasse savoir, c'est déjà important, à mon sens. Que personne ne se décourage même si les choses ne sont pas toujours simples.

En ce qui concerne les médias comme Bolivar Infos, la seule chose que nous puissions faire, c'est de reprendre les informations données sur les autres sites du réseau et que les autres sites du réseau reprennent les infos données par Bolivar Infos leur donner à toutes la plus grande diffusion possible. Au plus il y a de sites qui diffusent, au plus il y a de chances que ces infos soient lues... Mais il faut que les gens fassent la démarche d'aller sur ces sites. C'est évidemment internet qui touche le public le plus large. Après, alea jacta est...

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CCN

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