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Venezuela : Encore une fois, Radio-Canada sonne la charge contre le Venezuela

13 Jan 2019
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Caracas. Dimanche 13 janvier 2019. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Encore une fois on parle du Venezuela à Radio-Canada, mais comment en parle-t-on ? À l'occasion de la fuite d'un juge de la Cour suprême du pays qui a quitté sa patrie en pleine crise pour se réfugier aux États-Unis.

Je vous fais part de mes réflexions sur cette nouvelle parce que le Venezuela m'intéresse pour le processus bolivarien qui s'y passe et qui marque une étape importante de plus vers l'indépendance de l'Amérique Latine. Et parce que ce n'est pas la première fois qu'on traite du Venezuela à Radio-Canada de la façon la plus douteuse qui soit.

C'est-à-dire sans une enquête journalistique approfondie et sérieuse sur ce qui s'y passe vraiment, mais par l'intermédiaire de ce qu'en disent les grandes agences de presse mondiales avec des images d'un Maduro sans doute empruntées aux télévisions locales privées vouées au discrédit du gouvernement.

Alors, je me demande pourquoi un juge, un haut placé de l'appareil judiciaire vénézuélien, mécontent du président élu de son pays, s'enfuit soudainement en reprenant les accusations, traditionnelles depuis quelque temps, de corruption du gouvernement vénézuélien. Pourquoi ce juge qui dispose d'un certain pouvoir dans son pays ne combat-il plus la corruption prétendue du gouvernement Maduro que de l'extérieur de son pays et non avec l'appareil de justice dont il dispose ? Pourquoi ce pouvoir judiciaire se politise-t-il pour s'en prendre à un gouvernement légitimement élu ?

Pour moi cela jette un doute raisonnable sur les motifs réels de la fuite du juge. Est-il vraiment intéressé par la corruption dans son pays et par la manière d'en venir à bout ou veut-il simplement, comme d'autres accusateurs, que cela se résolve de l'extérieur du Venezuela, impuissant qu'il serait désormais à agir en toute indépendance. Et qui taxe de corrompu un gouvernement qui se débat depuis des années avec l'hostilité manifeste de l'Occident libéral sinon ces mêmes agences qui montrent avec complaisance des images de militarisation du pays comme s'il ne s'agissait pas de défense nationale devant les récentes menaces ouvertes de Trump ?

Si on voulait pousser sciemment n'importe quel gouvernement de pays ciblé qui se soucie du sort de la nation toute entière à la paranoïa et à la suspicion, on ne s'y prendrait pas autrement.

Mais qui entretient depuis Chavez cet escalade de menaces et de sanctions envers le processus bolivarien sans lui donner aucune chance de sortie de crise ? Est-on vraiment intéressé par la condition du peuple dont on se réclame ? Est-on vraiment soucieux du sort des Vénézuéliens et des trois millions de personnes qui ont quitté le pays, quand on pousse ainsi à bout un gouvernement à prendre toutes les mesures, y compris la mobilisation politique populaire armée, pour se protéger d'une agression appréhendée ?

Vraiment, je ne comprends rien à cette logique qui voudrait que le gouvernement vénézuélien n'est que des torts dans les efforts déployés pour affronter ainsi l'hostilité manifeste à son endroit. Il n'y a que des gens de mauvaise foi et à l'esprit perverti par un machiavélisme qui leur est propre pour accuser Maduro de gouverner contre les intérêts de son peuple.

Est-il aveuglé par le pouvoir comme on le laisse entendre aux nouvelles à chaque fois sans jamais laisser s'expliquer les acteurs chavistes du mouvement ? Ne serait-ce que quelques membres du parti au pouvoir ? Maduro est-il en proie à un délire qui n'a d'explication que dans sa volonté d'en imposer à son peuple, alors que les États-Unis, le Canada, l'Europe et les gouvernements de droite de l'Amérique Latine, qui ne cessent de l'en accuser, n'ont jusqu'à présent produit aucune preuve concrète contredisant les raisons de sa méfiance.

Le point de vue du gouvernement vénézuélien n'est-il qu'un échafaudage de «propagande» insipide qui n'a rien à voir avec la réalité des menaces pourtant bien pesées de Trump ? Les mesures du Canada et de l'Europe envers le gouvernement Maduro ne font-elles pas aussi partie d'une stratégie bien réelle et orchestrée en vue de la consolidation d'une mondialisation des rapports entre nations.

On nous parle donc d'un haut responsable des classes dirigeantes de ce pays qui s'ajoute à tous les privilégiés qui fuient, non pas la misère causée par l'embargo comme les migrants pauvres, mais la perte de privilèges. Cela ne vient que renforcer la conviction que le dénigrement systématique dont fait l'objet Maduro est le reflet d'une lutte de classe à l'échelle mondiale entre nation subalterne et nations dominantes qui, elles, n'ont plus de respect que pour les peuples dont les dirigeants perpétuent la soumission au néocolonialisme. Car dans le cas du Venezuela, il ne s'agit nullement de dictature, mais de résistance démocratique d'un gouvernement élu légitimement à l'ordre mondiale injuste encore dominé par les États-Unis d'Amérique dont le Canada se fait le relais tout en en étant victime

par Guy Roy, co-porte parole du PCQ

 

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