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Venezuela: Ce n'est pas le pétrole, c'est le pouvoir

22 Fév 2019
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Caracas. Vendredi 22 février 2019. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. L'argument que les Etats-Unis veulent exploiter les ressources pétrolières vénézuéliennes me semble extrêmement simpliste. La réalité est plus complexe : ce que veut l'Oncle Sam, c'est le pouvoir sur Notre Amérique et la fait que le pétrole confère le pouvoir au Venezuela et en particulier au régime de la Révolution Bolivarienne le gêne trop. C'est sur cela qu'il faudra fixer notre attention pour arrêter la débâcle dans laquelle sont tombés les pays qui ont essayé de s'émanciper et sont maintenant dirigés par la ténébreux main yankee.

Ce conflit a débuté il y a 20 ans quand Hugo Chávez a été élu président du Venezuela. Il ne leur semblait pas concevable que la richesse pétrolière soit contrôlée par un intrus, pas gérée par Washington, et avec un discours latino-américain et caribéen chargé de désirs de libération et de justice. Dès lors, l'oligarchie locale et l'ambassade ont commencé leur complot de déstabilisation et de coup d'Etat. En 2002, ils ont fait un coup d'Etat au grand jour. Le dirigeant des patrons et de la grande bourgeoisie Pedro Carmona a été investi en tant que président et immédiatement reconnu par Washington et par l'Espagne de José María Aznar. Ses premières mesures ont été d'abroger toutes les dispositions sociales prises par le régime légitime, de faire taire les médias publics et de vandaliser l'ambassade de Cuba à Caracas. Le peuple, furieux, et l'armée, loyale, ont fait faire marche arrière aux putschistes et ont remis Chávez au pouvoir (un cas exceptionnel dans le monde). Mais Chávez a commis l'erreur de pardonner et personne n'a été puni pour un délit aussi dangereux. Les putschistes pardonnés ne se sont pas repentis mais ont poursuivi leur féroce tâche avec plus de virulence. La grève pétrolière a suivi et ensuite le patronat, qui ont fait beaucoup de mal au peuple héroïque et aux finances publiques mais qui à nouveau ont été vaincues. La tentative pour chasser Chávez du pouvoir a continuée par la voie du referendum qu'il a gagné avec le soutien du peuple vénézuélien.

Pour le bonheur de l’opposition, Chávez a perdu le combat contre un cancer étrange et virulent. Nicolás Maduro, sur proposition d'Hugo Chávez lui-même, a été élu président Constitutionnel du Venezuela lors d'élections anticipées mais l'opposition s'est enhardie et a avancé dans ses plans de coup d’État. Elle a réussi à gagner les élections législatives et a décidé de faire obstacle au Gouvernement de Maduro. La guerre économique et celle des médias ont été renforcées, demandant de gros sacrifices à la population, pour miner le soutien du peuple au chavisme. Parallèlement, Washington a réussi à démanteler le projet d'intégration latino-américain en arrivant à avoir des régimes laquais dans toute la zone, sauf au Venezuela et en Bolivie.

Fatigués d'échouer à cause de l'insuffisance de l’opposition vénézuélienne, monsieur Trump a inventé un « président par interim » en la personne de Juan Guaidó, formé spécialement par la CIA à cet effet et incite (ou oblige) ses laquais à le reconnaître immédiatement. L'objectif est de provoquer une guerre civile qui justifie une intervention militaire au Venezuela. Voyez le mélange d'irresponsabilité, de stupidité et d'ignorance que cela suppose !

S'ils continuent sur cette voix, le slogan du Che qui préconisait de multiplier les Vietnam deviendra réalité. L'armée vénézuélienne est loyale et lepeuple est organisé et armé pour défendre la Patrie. Mais en outre, la Colombia n'a pas un régime solide qui lui permette d'être le fer de lance de l’intervention yankee car son armée serait très exposée à l'arrière-garde. Ce serait pareil au Brésil où la base populaire est contre, l'Argentine et l'Equateur ne seraient pas en meilleure position.

Je ne le souhaite pas mais si l'irresponsabilité électorale de Trump et de ses faucons le font poursuivre sur cette voie, il va provoquer une conflagration dont le pronostic est lair : un énorme bain de sang et même un conflit transcontinental. Dans le monde, les voix de la raison et de la justice doivent s'élever et freiner cette stupidité, il en va de notre vie à tous.

Il est important de souligner et de soutenir la position adoptée par les Gouvernements du Mexique et de l'Uruguay qui, à l'unisson avec le Secrétaire Général de l'ONU et les pays des Caraïbes, soutiennent la non intervention et la dialogue pour la résolution pacifique des conflits. C'est la voie qu'il faut suivre.

Par Gerardo Fernández Casanova

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

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