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Venezuela : Pourquoi y a -t-il des queues pour l'essence au Venezuela ?

03 Jui 2019
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Photo : AFP Photo : AFP

Caracas. Lundi 3 juin 2019. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Pendant ces derniers jours, l'augmentation des queues devant les postes à essence a été importante à cause de la diminution de l'approvisionnement en essence et en diesel pour les véhicules, en particulier dans les états de Zulia, Mérida, Táchira, Trujillo, Barinas et Lara.

Sans aucun doute, c'est la conséquence des actions de Washington contre l'économie vénézuélienne qui, depuis 2019, ont été orientées en particulier contre l'entreprise pétrolière Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA).

La cause principale de la baisse de l'approvisionnement du pays en combustible réside dans le peu de disponibilité de produits comme les diluants et les additifs pour traiter le brut et obtenir ainsi de l'essence.

Les diluants

Ce sont des produits chimiques comme le naphte destinés à rendre le brut extra-lourd vénézuélien malléable et à faciliter son transport pour l'exportation. La vente de diluants au Venezuela a commencé à choir sur le marché habituel d'achat, aux Etats-Unis, après les sanctions d'août 2017.

Actuellement, bien que les exportations vénézuéliennes ait considérablement baissé à cause du veto mis à ses exportations de brut, le pays parvient à maintenir un quota malgré le manque de diluants. C'est pourquoi le Venezuela a dû commencer à mélanger du brut léger avec son brut extra-lourd pour pouvoir l'expédier. Mais le brut léger vénézuélien est de plus en plus rare et c'est le produit essentiel de l'alimentation des raffineries vénézuéliennes qui fournissent le marché intérieur en combustible. Si le brut léger est utilisé comme diluant, cela produit des réactions en chaîne dans les raffineries vénézuéliennes. Des estimations disent que pendant ces 2 dernières années, la raffinage dans le Complexe de Raffineries de Paraguaná (CRP) a baissé pour cette raison, de quelques 180 000 barils par jour à 120 000.

Certaines entreprises ont cédé aux pressions étasuniennes et n'expédient plus de diluants au Venezuela. Le cas le plus connu est celui de notre dernier fournisseur, l'entreprise India Reliance Industries. « Depuis qu'ont été imposées les sanctions et contrairement à ce que disent certains rapports, Reliance a arrêté de fournir des diluants à PDVSA et ne recommencera pas tant que les sanctions ne seront pas levées. » C'est ce qu'a rapporté récemment la BBC au nom d'une porte-parole de Reliance.

Le 29 janvier, le Venezuela a reçu la dernière expédition de naphta faite par Reliance au port de Jose, dans l'est du Venezuela, selon Refinitiv Eikon, une entreprise énergétique spécialisée dans la raffinage du brut.

Début mars, l'entreprise mixte vénézuélienne Petro San Félix, également située dans l'est du pays, a subi une attaque de ses installations grâce à l'explosion provoquée de 2 citernes de diluants, un fait qui a été qualifié par le président de PDVSA, Manuel Quevedo, « d'acte terroriste » faisant partie de la feuille de route destinée à déstabiliser le pays.

Les additifs

Ce sont des produits chimiques spécialisés dans l'équilibrage des composantes du combustible, indispensables pour produire de l'essence. Le Venezuela a réalisé la maintenance de ses raffineries et garde actifs ses processus de craquage catalytique. Cependant, l'essence ne peut pas être produite sans additifs et les plus appropriés aux raffineries vénézuéliennes sont ceux produits sur la marché étasunien, un marché auquel le Venezuela ne peut plus accéder actuellement, à cause des sanctions.

Plusieurs pays ont fourni des additifs au Venezuela mais depuis janvier de cette année, certaines entreprises ont refusé de le fournir pour en pas être l'objet de sanctions du gouvernement étasunien.

Les effets du gel de CITGO

Depuis 2017, PDVSA ne peut plus accéder au marché étasunien de pièces détachées, de réparations et de fournitures destinées à l'industrie pétrolière vénézuélienne. On sait que le parc technologique de PDVSA est toujours composé en majorité de technologie étasunienne et le blocus a un fort impact sur es opérations dans le pays. Mais l'industrie pétrolière vénézuélienne avait réussi à obtenir ailleurs, mais difficilement, des diluants, des additifs et des pièces détachées. Dans cette tâche, la filiale de PDVSA aux Etats-Unis, CITGO Petroleum, avait joué un rôle important.

Parce qu'elle se trouvait sur le sol étasunien et n'était pas l'objet de restrictions pour ses opérations de raffinage et ses ventes de combustible dans le pays, CITGO était libre d'accéder à des fournitures et des équipements sur le marché étasunien et de les envoyer au Venezuela. Mais de processus s'est dégradé pendant ces 2 dernières années jusqu'à être paralysé après le gel et la confiscation de fait de CITGO en janvier 2019 grâce à une nouvelle batterie de sanctions du Département du Trésor des Etats-Unis.

Une nouvelle direction a été imposée à CITGO, une direction favorable au Gouvernement parallèle et anticonstitutionnel de Juan Guaidó et il est expressément interdit à l'entreprise d'envoyer des dollars, des fournitures et du matériel au Venezuela. 

Auparavant, CITGO envoyait de l'essence au Venezuela pour faire face aux urgences comme quand en 2012, la raffinerie d' Amuay dans le CRP, dans l'état de Falcón, un sabotage a provoqué une explosion qui a paralysé les activités du principal centre de raffinage du pays. Pour CITGO, il n'est plus possible de soutenir sa maison mère actuellement étant donné que le contrôle de fait que les Etats-Unis exercent sur cet actif stratégique du Venezuela.

Une « prédiction » qu'il ne faut pas oublier 

Les déclarations de plusieurs fonctionnaires étasuniens sur l'état de l'économie vénézuélienne sont connues et nous savons qu'elles font partie de leur argumentaire destiné à justifier des actes d'ingérence comme la création d'un consensus dans la société nord-américaine sur une intervention militaire au Venezuela. C'est aussi un fait que Washington et ses porte-parole ont l'habitude d’oublier en même temps les graves dommages qu'ils produisent sur l'économie vénézuélienne grâce aux sanctions ou aux actes de blocus économique en vigueur.

La population vénézuélienne souffre des problèmes provoqués par la baisse de disponibilité de combustible, une chose qui pourrait être en relation avec les affirmations faites début mars par le sénateur étasunien Marco Rubio qui affirmait d'une façon presque prophétique sur son compte Twitter, que «la population vénézuélienne souffrirait d'une pénurie d'aliments et d'essence. »

Rubio, comme d'autres organisateurs de l’asphyxie du Venezuela, connait de première main les conséquences élémentaires que subit et peut continuer à subir la société vénézuélienne grâce aux actions coercitives de Washington contre Caracas.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://misionverdad.com/la-guerra-en-venezuela/sanciones-de-eeuu-y-guaido-los-responsables-de-las-colas-por-gasolina

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