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Colombie : Iván Duque, porte-parole d’une guerre sur commande

08 Nov 2020 María Fernanda Barreto
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Bogota. Dimanche 8 Novembre 2020. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Les patrons des grands médias privés de Colombie, pendant ces derniers mois, se sont occupés des plaintes répétées d’Iván Duque contre le Gouvernement vénézuélien ainsi que des réponses du président Nicolás Maduro et, en particulier,  de ses récentes déclarations sur la responsabilité de Duque et d’Uribe Vélez dans l’attaque du complexe de raffineries d’ Amuay, situé sur la côte caribéenne du Venezuela.

Il faut rappeler que bien que le secteur de la bourgeoisie colombienne représenté par l’uribisme ait ses propres intérêts politiques et économiques pour renverser le Gouvernement vénézuélien, toutes ses actions obéissent aux ordres des Etats-Unis et s’opposent aux intérêts du peuple colombien bien qu’il y ait une grande campagne dans les médias destinée à faire croire le contraire.

C’est pourquoi c’est après la visite de Mike Pompeo à Bogotá le 29 septembre de cette année que la rhétorique du Palais Nariño a augmenté et s’est à nouveau centrée sur 2 sujets : premièrement, Duque « dénonce » le fait qu’au Venezuela, les droits fondamentaux sont violés et invite la communauté internationale à intervenir et deuxièmement, « il accuse » le président Maduro d’acheter des armes russes, biélorusses ou iraniennes.

Au-delà d’un phénomène de projection psychologique transformée en technique publicitaire, les 2 arguments conçus par Washington cherchent à cacher ses véritables intérêts et à déformer la perception sur la réalité du Venezuela, de la Colombie et des Etats-Unis par l’opinion publique en présentant le premier comme un Etat belliqueux qui viole les droits de l’homme  et les 2 derniers comme pacifistes et soi-disant garants de ces droits.

Regardons le doigt qu’ils pointent sur nous

La violation des droits de l’homme comme ligne politique

Cette année, les institutions de l’Etat et les Gouvernements des Etats-Unis et de la Colombie sont durement remis en question au niveau international à cause des graves  violation des droits de l’homme de leur propre population, c’est pourquoi ils ont besoin de détourner l’attention de leurs crimes.

La vidéo de l’assassinat  de George Floyd en mai 2020 a déchaîné de grandes protestations en soutien à la population noire étasunienne qui est victime d’une violence policière systématique sur  tout le territoire du pays. La campagne « Les vies noires sont importantes » et « Je ne peux pas respirer » ont suscité des manifestations d’une ampleur sans précédent dans diverses villes d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine, d’Europe, d’Asie et même d’Océanie. 

Pour sa part, le Gouvernement colombien affronte aussi des plaintes et des protestations internationales à cause des massacres et des assassinats de dirigeants sociaux. Seulement cette année, entre le 1er janvier et le 20 octobre, on a assassiné 246 défenseurs des droits de l’homme, dirigeants sociaux, 10 membres de leur famille et 51 signataires de l’accord de paix de 2016.

Sur cette même période, 68 massacres qui ont fait 270 morts ont été commis. Le côté systématique, le modus operandi identique, les objectifs politiques et économiques qui coïncident et l’impunité dont jouissent ceux qui exécutent ces crimes donnent l’image d’un génocide accompli avec la complicité du Gouvernement colombien.

Ainsi, sérieusement remis en question, ils continuent à pointer du doigt le Venezuela comme manœuvre médiatique destinée à cacher leur propre réalité et à justifier leur ingérence et leurs autres violations du droit international.

La peur de la concurrence commerciale dans le négoce des armes

Quant à leur opposition au fait que le Venezuela puisse acheter des armes à l’Iran, à la Russie, à la Biélorussie, à la Chine ou à tout autre pays, les raisons en sont encore plus pragmatiques car ce qu’ils cherchent à présenter comme un argument moral est en fait une simple question de  concurrence commerciale.

L’augmentation du commerce des armes, ces dernières années, a été importante et selon le dernier rapport de l’institut de recherches de paix de Stockholm, les Etats-Unis sont toujours à la première place en ce qui concerne la vente d’armes dans le monde et leur premier client est l’Arabie Saoudite tandis que la Russie, dont le premier client est l’Inde,  se trouve à la seconde place, 15 points en dessous. 

Comme nous l’avons dit précédemment, les 5 compagnies militaires privées (CMP) les plus importantes du monde sont étasuniennes et sont dirigées par Lockheed Martin, la plus importante compagnie militaire privée du monde que le Gouvernement chinois a décidé de sanctionner à cause de son ingérence dans les conflits intérieurs du géant asiatique.

Mais la Colombie est un pays en guerre et dans ces conditions, c’est l’épicentre du marché international des armes.

Des armes sont vendues à l’Etat dans le cadre des plans étasuniens et des accords avec l’ OTAN et beaucoup de  compagnies militaires privées ont des succursales et des filiales dans ce pays, par exemple, les principaux bureaux  de Lockheed Martin en Amérique Latine se trouvent en Colombie, au Brésil et au Mexique.

Les plus importantes installations dans la région de sa filiale Sikorsky qui fabrique les hélicoptères Black Hawk, entre autres, se trouvent en Colombie, sur la base de la Police à Guaymaral, sur la Base Militaire de Tolemaida et sur la Base aérienne de Melgar,.

Mais le marché illégal des armes augmente de plus en plus. Certaines études comme celle réalisée par la Fondation Idées pour la Paix en juillet 2020 disent qu’en Colombie, il y a plus de 10 000 armes pour 100 000 habitants et qu’environ 84% des armes qui sont aux mains de personnes qui ne font pas partie de la Force Publique sont illégales.

Les F16 que possède encore le Venezuela font partie des produits commercialisés par Lockheed Martin achetés en 1982 mais l’interdiction de la vente d’armes au Venezuela qu’a décidée le Gouvernement de Bush en 2006 a même empêché la vente de pièces de rechange qui étaient incluse dans le contrat pour ces avions.

Ce qui les gêne, c’est que bien qu’ils aient une enclave de commerce de leur complexe industriel et militaire légal et illégal en Colombie, leurs mesures coercitives unilatérales contre le Venezuela et le mauvais état des relations de la Maison Blanche avec Miraflores ont fini par obliger le pays à chercher d’autres fournisseurs de leurs propres produits, ouvrant ainsi la  porte à leurs concurrents, ce qui a déchaîné la rage du pays nord-américain et, évidemment, de ses corporations.

Il faudrait aussi mentionner le fait que le 8ème marchand d’armes du monde est Israël, dont la haine envers la République Islamique d’Iran et la République Bolivarienne du Venezuela est de notoriété publique.

Dans un accord signé entre le parti politique de María Corina Machado, Vente Venezuela, et le parti Likoud de Benjamin Netanyahu, dans lequel sont évoqués des sujets suggèrent assez des activités de déstabilisation du Gouvernement vénézuélien, est également incluse la coopération en matière de sécurité, c’est pourquoi ce secteur de l’opposition vénézuélienne semble également disposé à entrer dans un commerce lucratif des armes grâce au sionisme international mais son échec retentissant reste un frein pour les ambitions de son fournisseur.

Un autre détail important est leur critique publique répétitive du fait que le Venezuela puisse oser réaliser ces achats grâce à son or, à son pétrole ou à toute devise différente du dollar puisque chaque fois qu’un pays, si petit qu’il soit, se détache de l’utilisation du dollar dans le commerce international, l’empire capitaliste perd de son pouvoir.

Au-delà des discours

Depuis le premier mandat d’Álvaro Uribe Vélez, les actions contre la Révolution  Bolivarienne ont été constantes mais toujours sournoises, dans le plus pur style de la guerre illégale dans laquelle l’armée colombienne est devenue experte et dans laquelle elle utilise des groupes paramilitaires et des  compagnies militaires privées.

Mais à ceux qui cherchent à enquêter en permanence sur ce sujet, quand le président Maduro a affirmé cette semaine : « Iván Duque et Álvaro Uribe Vélez sont derrière cette attaque avec les organismes de renseignement des Etats-Unis, » cela paraît tout à fait probable, plus encore quand on a arrêté un mois avant un citoyen étasunien, Matthew John Heath, qui arrivait de la Guajira colombienne et avait le soutien de conspirateurs vénézuéliens et les informations et les armes nécessaires pour exécuter un sabotage des installations d’Amuay.

Les instructions données par Pompeo lors de sa dernière visite à Bogotá étaient claires: le Venezuela continue à être une priorité pour son Gouvernement et la Colombie continue à être la tête de pont d’où seront réalisées ses opérations. Pendant les quelques jours qui nous restent avant les élections étasuniennes, ils continueront à chercher à déformer en leur faveur l’histoire qu’ils n’ont pas réussie à changer en 20 ans.

Mais l’attaque de la Révolution  Bolivarienne est l’un des consensus de la politique bipartite étasunienne. Alors, qui que ce soit qui gagne, ils continueront à chercher à saboter les élections du 6 décembre prochain, maintiendront leurs mesures coercitives unilatérales destinées à provoquer l’asphyxie économique et soutiendront la pénétration de forces paramilitaires colombiennes et de groupes de mercenaires en territoire vénézuélien.

A cause de tout cela, le Venezuela doit continuer à renforcer sa politique étrangère grâce à sa souveraineté comme il a osé le faire jusqu’à présent, sans céder aux chantages ni aux pressions, en consolidant les espaces destinés au multilatéralisme, en encourageant l’union régionale pour avancer vers la construction du Bloc Historique.

Le plus grand défi est celui de la politique intérieure : continuer à avancer dans la construction de l’Etat des communes en stimulant la production nationale, en récupérant l’industrie pétrolière, en approfondissant l’inclusion, en luttant pour amortir l’impact social du pillage soutenu par la droite vénézuélienne et des mesures coercitives unilatérales en remettant sur pied l’économie et en soutenant le projet historique hérité de Chávez.

Certainement, cela fait beaucoup de choses mais c’est la complexité qui implique de hisser les drapeaux de la souveraineté contre les intérêts d’un empire en décadence.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

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