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Pérou : Pourquoi les protestations continuent

21 Nov 2020
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Lima. Samedi 21 Novembre 2020. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. En plus de la justice pour les jeunes morts pendant les protestations, beaucoup de gans exigent une réforme de la police, des modifications de l’immunité parlementaire et une réforme de la Constitution politique du Pérou.

Malgré l’accession au pouvoir de Francisco Sagasti comme nouveau président de la République, les concentrations de dizaines de personnes n’ont pas cessé. La principale revendication est à présent une enquête et des sanctions pour les responsables de la mort des jeunes Jack Pintado et Inti Sotelo ainsi que pour les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions.

Mais, en plus, on exige aussi dans la rue une réforme de l’appareil policier, des modifications de l’immunité parlementaire et la convocation d’une Assemblée Constituante pour réformer la Constitution politique du Pérou.

Justice pour les « héros du bicentenaire »

Ils demandent justice. La mort de Inti Sotelo Camargo (24 ans ) et Jack Pintado Sánchez (22 ans) pendant la répression policière de al marche nationale du 14 novembre ne doit pas rester impunie.

C’est la principale exigence des gens qui ont réussi à chasser du pouvoir Manuel Merino de Lama mais qui continuent à protester et elle a été entendue le soir du 17 novembre au Parc Kennedy de Miraflores (Lima) où des dizaines de personnes sont venues veiller en mémoire des 2 jeunes.

Dans d’autres régions du pays comme Arequipa des centaines de jeunes universitaires ont parcouru les principales avenues de la ville jusqu’à la place d’armes pour exiger une enquête sur ces morts et que les responsables soient punis.

Ces protestations semblent aller bien au-delà de la « simple revendication » et seraient caractéristiques de cette nouvelle génération de jeunes comme l’explique la sociologue Noelia Chávez, dans une intreview accordée à RPP Noticias, le 16 novembre. 

« aujourd’hui, nous avons eu aussi des personnes qui protestaient pour réclamer que les familles touchent des indemnisations, qu’il y ait une enquête sur  ces faits et que les disparus soient retrouvés. »

Tout cela, ajoute-t-elle, en plus d’être des revendications justes, représentent « l’unbe des caractéristiques de la Génération du Bicentenaire qui ne va pas se taire et ne va pas laisser les politiciens de toujours les empêcher de regarder vers un avenir différent. »

Jusqu’à présent, 207 manifestants blessés pendant les protestations ont été soignés dans les hôpitaux et 22 sont toujours hospitalisés, selon le site Convoca.pe.https://www.youtube.com/embed/vUlQnJuqhHg.

Réforme de l’appareil policier

La réforme de l’appareil policier est une autre revendication destinée à éviter que les violences qui ont eu lieu pendant les dernières protestations se renouvellent.

« On demande une réforme, beaucoup demandent un ministre de l’Intérieur qui soit un civil et non un policier et ils demandent aussi la destitution du directeur de la police qui a tout nié malgré les preuves, » a déclaré l’analyste péruvien Carlos Soria Peña à l’agence Reuters.

Pour la coordination nationale pour les droits de l’homme (CNDDHH), il est indispensable de garantir que les événements récents (répression policière disproportionnée, arrestations arbitraires et disparition de manifestants) ne se renouvellent pas.

Et pour cela, ils considèrent qu’il faut désactiver le groupe  Terna composé de policiers en civil qui se seraient infiltrés dans les dernières manifestations pour arrêter, sans raison, certains manifestants.

La coordination a également exigé lors d’une conférence de presse l’abrogation de la loi 31012 sur la protection policière parce qu’elle permet l’usage disproportionné de la force policière et encourage l’impunité.

Depuis 2003, au moins 200 civils ont été tués par des agents de l’Etat et ceux-ci restent impunis. Ce que le pays a mis en évidence aujourd’hui, c’est quelque chose qui se passe depuis longtemps, » a déclaré Tito Bracamonte, secrétaire exécutif de la CNDDHH.

Modifier l’immunité parlementaire

Après avoir vu comment le Congrès de la République a approuvé la destitution de Martín Vizcarra rejetée par 91% de la population, selon un récent sondage de l’IEP, le regard des citoyens est tombé sur les parlementaires et dans les rues et sur les réseaux sociaux, les jeunes ont commencé à parler d’un éventuelle modification de l’immunité parlementaire. 

Cette immunité, reconnue par l’article 93 de la Constitution, est une protection accordée aux congressistes contre qui on essaie d’ouvrir un procès pénal ou de poursuivre un procès en cours.

L’article stipule que les seuls qui peuvent retirer cette immunité sont les congressistes eux-mêmes ou une commission permanente composée de congressistes. Depuis 1996, le Congrès a rejeté 90% des demandes de levée de l’immunité parlementaire, que ce soit pour engager un procès ou pour arrêter un parlementaire. Bien que l’immunité parlementaire ait été créée pour éviter que les congressistes soient harcelés à cause de leur activité législative, les jeunes de cette génération remettent en question  son utilisation parce qu’elle empêche même d’arrêter un parlementaire condamné par la justice et que l’immunité se transforme en impunité.

Le débat à ce sujet peut prendre du temps parce que c’est le Congrès lui-même qui est chargé de faire les modifications des lois comme celle sur l’immunité parlementaire mais les jeunes savent déjà que la pression sociale produit des changements. 

Nouvelle Constitution

La dernière revendication et peut-être celle qui sera le plus discutée dans les prochains mois est la réforme de la Constitution Politique du Pérou.

Comme au Chili, la Constitution en vigueur actuellement  au Pérou a été approuvée sous un régime dictatorial, celui d’Alberto Fujimori en 1993.

Les jeunes comme Denisse Huaranga, représentante des étudiants de l’université nationale Federico Villareal, considèrent qu’il est important de changer la  Constitution pour éradiquer la politique traditionnelle du Pérou.

« Nous, nous allons marcher non pour Vizcarra, non pour Merino,  mais pour une Constitution. Changer cette Constitution faite par la dictature grâce à un processus constituant, en écoutant les voix des  plus exclus et rompre avec cette politique traditionnelle, rétrograde et usurpatrice, » a déclaré Huaranga à Radio Exitosa.

L’idée est de profiter des élections générales d’avril  2021 pour effectuer un referendum et consulter les péruviens qui souhaitent un changement de la Constitution, comme ça a été fait au Chili en octobre de cette année.

Pour beaucoup, ce serait un changement important dont le pays a besoin pour engager un véritable changement à la veille du « bicentenaire. »

Que ces changements se fassent dépend à présent de l’organisation des jeunes qui ont prouvé qu’ils étaient des acteurs importants de al société péruvienne.

 Un récent sondage de l’Institut des Etudes Péruviennes  (IEP) révèle que  75% des jeunes de 18 à 24 ans manifestent de l’intérêt pour la politique. Maintenir cet intérêt dans les prochains mois sera important pour réaliser les changmeents qu’envisagent actuellement les jeunes au Pérou.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

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