Breaking News

Guadeloupe. INSEE. La mortalité infantile est stable depuis 10 ans

29 Jui 2018
1631 fois

Basse-Terre-Capitale. Vendredi 29 juin 2018. CCN. En 2016, 2 900 enfants de moins d’un an sont décédés en France, soit 3,7 décès pour 1 000 naissances vivantes. Ce taux a baissé très fortement tout au long du vingtième siècle et est resté stable depuis 2005.

La mortalité infantile se concentre dans les premiers jours de la vie : la moitié des enfants décédés avant leur premier anniversaire ont vécu moins d’une semaine.

La mortalité infantile est la plus élevée dans les DOM. La France se situe dans la moyenne des pays de l’Union Européenne.

En 2016 : 3,7 décès d'enfants de moins d'un an pour 1000 naissances.

En 2016, 2 900 enfants sont décédés en France avant leur premier anniversaire, dont 2 600 en France métropolitaine. Cette même année, 784 000 bébés sont nés. On compte ainsi 3,7 enfants de moins d’un an décédés pour 1 000 enfants nés vivants en 2016. Depuis 2005, le taux de mortalité infantile fluctue autour de 3,7 ‰ en France et de 3,5 ‰ en France métropolitaine.

Très forte baisse de la mortalité infantile au cours du vingtième siècle

Le taux de mortalité infantile est historiquement bas. Il a baissé tendanciellement depuis le début du vingtième siècle (figure 1), malgré quelques hausses très marquées à certaines périodes. Ainsi, la longue canicule de l’été 1911 a entraîné un pic de mortalité due aux diarrhées et à la déshydratation chez les nouveau-nés. Puis, la mortalité infantile progresse de nouveau fortement pendant l’épidémie de grippe espagnole en 1918 et durant les deux guerres mondiales. Le taux de mortalité infantile s’élevait à 143 ‰ en moyenne entre 1901 et 1909 en France métropolitaine. Il baisse rapidement à partir de la fin des années 1910 et est deux fois plus faible à la fin des années 1930 (autour de 70 ‰)

Durant la Seconde Guerre mondiale, il augmente entre 1941 et 1945, année où il culmine à 113,7 ‰, avant de décroître de nouveau régulièrement, jusqu’en 2005. De 51,9 ‰ en 1950, il baisse ainsi à 21,9 ‰ en 1965 puis à 10,0 ‰ en 1980. Le taux de mortalité infantile continue de se réduire jusqu’à 3,6 ‰ en 2005. La mortalité infantile est alors environ 35 fois plus faible qu’un siècle auparavant.

Depuis 2005, la diminution de la mortalité infantile marque le pas et le taux de mortalité reste stable autour de 3,5 ‰ en France métropolitaine (3,7 ‰ pour la France entière).

Capture d’écran 2018-06-29 à 07.08.10.png

La mortalité infantile se concentre dans les premiers jours de la vie

Les décès de nouveau-nés ont le plus souvent lieu dans les premiers jours de la vie. En 2016, la moitié des décès d’enfants avant leur premier anniversaire ont lieu moins d’une semaine après la naissance, 21 % interviennent entre 7 et 27 jours et 30 % après 27 jours de vie (figure 2).

Les décès des jeunes enfants se concentrent un peu plus dans les premiers jours de la vie aujourd’hui qu’il y a dix ans. En 2005, 43 % des bébés décédés avant un an mouraient moins d’une semaine après leur naissance et 35 % entre 28 jours et moins d’un an.

La mortalité néonatale précoce (avant 7 jours) augmente légèrement ces dix dernières années alors que la mortalité post-néonatale (28 jours à moins d’un an) continue de baisser.

 

Capture d’écran 2018-06-29 à 07.09.47.png

Une saisonalité de moins en moins marquée

La saisonnalité de la mortalité infantile est très marquée entre les années
La mortalité infantile est la plus forte durant les mois d’hiver, en particulier entre décembre et février, et elle est au plus bas durant les mois d’été, de juillet à septembre (figure 3). Depuis 2000, la saisonnalité s’est fortement atténuée.

Entre 2000 et 2016, le taux de mortalité infantile reste le plus élevé en février, mais il ne dépasse que de
7 % en moyenne le taux annuel, alors que l’écart était de 15 % dans les années 1960 à 1999. Le taux de mortalité infantile pendant les mois d’été est au plus inférieur de 5 % au taux annuel, alors que l’écart était de 10 % en moyenne dans les années 1960 à 1979 et de 14 % en août sur la période allant de 1980 à 1999.

Capture d’écran 2018-06-29 à 07.10.57.png

La mortalité infantile est plus élevée dans les DOM qu'en métropole

Entre 2014 et 2016, le taux de mortalité infantile est en moyenne de 3,6 ‰. Il varie selon les départements (figure 4), avec notamment un niveau plus élevé dans les DOM : 9,2 ‰ à Mayotte et 9,1 ‰ en Guyane. Il est de 6,8 ‰ à La Réunion, taux le plus faible parmi les DOM.

En métropole, le taux de mortalité infantile est le plus élevé en Haute-Vienne (5,4 ‰). Il est généralement plus élevé dans le Nord-Est et en Corse. Parmi les 24 départements où il est supérieur à 3,7 ‰, 13 sont situés dans les régions Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Île-de-France. , il est inférieur à 3,0 ‰ dans tous les départements des Pays de la Loire et dans la majorité des départements d’Occitanie.

Capture d’écran 2018-06-29 à 07.13.13.png

En Europe, la mortalité infantile au plus bas en Finlande

En moyenne dans l’Union Européenne (UE28), le taux de mortalité infantile en 2016 est de 3,6 ‰ (figure 5). Le taux est le plus faible en Finlande (1,9), viennent ensuite la Slovénie, l’Estonie et la Suède qui ont des taux inférieurs à 2,5 ‰. La Roumanie (7,0) et Malte (7,4) ont les taux de mortalité infantile les plus élevés de l’UE28. En France, à 3,7 ‰, le taux est plus faible qu’au Royaume-Uni (3,8) et plus élevé qu’en Allemagne (3,4), en Italie (2,8) et en Espagne (2,7).

Contrairement à la France, la mortalité infantile tend à baisser depuis 2005 dans quasiment tous les pays de l’UE28. En Roumanie, le taux de mortalité est passé de 15,0 ‰ à 7,0 ‰ entre 2005 et 2016. Dans les pays où il était déjà faible, il a continué à diminuer : en Finlande, il est passé de 3,0 ‰ à 1,9 ‰ et en Espagne, il a diminué de 3,7 ‰ à 2,7 ‰. La baisse est moins marquée en Allemagne et en Italie, à l’image de la France où il s’est stabilisé (3,8 en 2005, et 3,7 en 2016). En moyenne pour l’ensemble de l’UE28, le taux est passé de 4,8 ‰ en 2005 à 3,6 ‰ en 2016.

Capture d’écran 2018-06-29 à 07.14.19.png

Sources

Les statistiques d’état civil sur les décès et les naissances sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Le Code civil oblige en effet à déclarer tout événement relatif à l'état civil (naissances, mariages, décès, reconnaissances) à un officier d'état civil dans des délais prescrits. Ces informations sont ensuite transmises à l'Insee par les mairies. L’Insee s’assure de l’exhaustivité et de la qualité des données avant de produire les fichiers statistiques d’état civil.

Les données présentées ici comprennent le département de Mayotte à partir de 2014.
Les données des autres pays proviennent d’Eurostat , l’institut européen de statistiques.

 

Définitions

Taux de mortalité infantile : le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d'enfants décédés à moins d'un an, une année donnée, et l'ensemble des enfants nés vivants de cette même année.

Taux de mortalité néonatale : le taux de mortalité néonatale est le rapport entre le nombre d'enfants décédés à moins de 28 jours, une année donnée, et l'ensemble des enfants nés vivants de cette même année.

Taux de mortalité post-néonatale : le taux de mortalité post-néonatale est le rapport entre le nombre d'enfants décédés entre 28 jours et moins d’un an, une année donnée, et l'ensemble des enfants nés vivants de cette même année.

 

Pour en savoir plus

« La situation démographique en 2016 », Insee Résultats, juin 2018.

Papon S. et Beaumel C., « Bilan démographique 2017 - Plus de 67 millions d’habitants en France au 1er janvier 2018 », Insee Première n° 1683, janvier 2018.

Pison G. « Le recul de la mortalité des enfants dans le monde : de grandes inégalités entre pays », Population et sociétés n° 463, janvier 2010.

Pison G., « France 2012 : fécondité stable, mortalité infantile en baisse », Population et sociétés n° 498, mars 2013.

« Les décès en 2016 », Insee Résultats, octobre 2017.

Niel X., « Les facteurs explicatifs de la mortalité infantile en France et leur évolution récente. L’apport de l’échantillon démographique permanent », Documents de travail n° F1106, Insee, juin 2011.

Sylvain Papon, division Enquêtes et études démographiques, Insee

Évaluer cet élément
(0 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires