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Dominique. Tourisme : L’île nature qu’il faut absolument voir et redécouvrir !

10 Juil 2017
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Dominique. Tourisme : L’île nature qu’il faut absolument voir et redécouvrir ! Alexandra Giraud

Dominique. Roseau. Lundi 10 juillet 2017. CCN. Nature, culture, aventure : si ces trois mots vous font bavez d’envie, s’ils parviennent à combiner à eux seuls toutes vos envies d’escapade, le temps d’un week-end, le temps de quelques jours ou même de quelques semaines, sachez que votre Nirvana se trouve peut-être tout près. 190,88 km : c’est la distance  qui sépare notre certes si belle Guadeloupe de la Dominique, cette île verte, montagneuse et indépendante depuis 1978. Je m’y suis rendue, le temps d’un weekend, pour humer l’atmosphère qui y règne. Et pour tout vous dire, je ne suis pas déçue, loin de là ! Reportage.


Coincée au Sud de l’archipel de la Guadeloupe, et au Nord de la Martinique, celle qu’on appelle « l’Ile Nature », est un Etat membre du Commonwealth. Indépendant depuis 1978, ce petit pays de 750 km² peuplé de 70 000 habitants seulement - contre environ 400 000 en Guadeloupe - est une montagne de richesses. Son relief montagneux a limité l’activité de l’homme, qui se concentre principalement sur le littoral. Avec des pointes allant jusqu’à 1500 m au-dessus du niveau de la mer, la Dominique recense près de 12 chutes d’eau incontournables, 6 variétés de forêts tropicales ainsi qu’une grande diversité d’espèces de plantes et d’animaux.

 

On dit souvent que ce sont les petits détails qui font toute la différence. En tant qu’îliens caribéens, vous avez certainement déjà entendu parler de cette expression chérie de nos contrées : « roots », alias « les racines » en français. C’est en fait la définition même de la Dominique. Mais aussi de ce « petit détail » qui m’a marquée, et s’est gravé dans ma mémoire. C’était un samedi, lors d’une excursion en voiture sur la route du littoral Ouest de l’île ralliant la ville de Roseau, la Capitale du pays au Sud-Ouest, à la ville de Portsmouth au Nord. Une dame dans la soixantaine tenait au bord de cette route, et d’un petit hameau, une petite kaz de denrées alimentaires très simples à picorer, grignoter ou déguster plus tard. Sur son grill extérieur, bananes légume et pains maison laissaient échapper une odeur des plus appétissantes. Sur son comptoir, des baffles diffusaient de la musique reggae, dans un niveau sonore assez soutenu. Tous les ingrédients du « roots », du « pur », du « brut » et de la « simplicité » étaient réunis, ou presque. A cela ne manquait plus que le self service des boissons dans son frigidaire. Une bouteille glacée d’eaux de sources de la Dominique, que j’ai donc dégotée dans le frigo de sa petite cuisine, avant de lui payer quelques dollars caribéens. L’expérience dominiquaise. 

Ce genre d’expériences que l’on ne fait plus en France, et plus largement dans les pays industrialisés, urbanisés, capitalisés. Ce genre d’expériences qui vous reconnectent à la réalité. Une réalité sans téléphone, sans apparence, sans complexité.

Mais la Dominique reste avant tout une île des Petites Antilles, et plus largement de la zone Caraïbe, au cœur de la Mer des Caraïbes. Ce qui fait d’elle un monticule de richesses naturelles et culturelles très vastes. La Dominique est une île qui a résisté au passage du temps. Elle compte aujourd’hui quelques 3500 caribs, descendants d’une civilisation qui a longtemps et continue de prospérer tout en préservant un art de vivre vieux de cent ans. L’île concentre à ce jour la plus grande population de descendants Kalinagos. Ils vivent pacifiquement dans la réserve « Kalinago Barana Aute », située au Nord-Est de l’île.

Investissement et tourisme : les fers de lance de la Dominique

En outre, l’île a lancé le programme CBIU (citizenship by investment unit – citoyenneté par l’investissement), d’ores et déjà très bénéfique pour le pays, permettant d’acheter la nationalité dominiquaise : en investissant sur le territoire, on reçoit le passeport national. Bon à savoir : le passeport dominiquais permet de voyager dans 125 pays différents sans visa. Le programme CBI a reçu 100 millions de dollars caribéens du gouvernement pour être mis sur pied, et a ouvert depuis peu un nouveau volet : celui du logement social. Suite à la tempête tropicale Erika survenue en 2015, plusieurs centaines de familles ont en effet besoin d’être relogées. Ce programme a permis d’ouvrir de vastes chantiers, pour la construction de logements sociaux, mais également pour la construction de complexes hôteliers, afin d’assoir davantage le tourisme international sur l’île.

 

Le secteur du tourisme est d’ailleurs un des axes prioritaires visés par les politiques nationales. Colin Piper, Président de Discover Dominica Authority, appuie sur le fait que nature, culture et aventure sont les maitres mots de la destination. « Tous les jours, quelque chose de nouveau se passe sur l’île ». La Dominique, c’est sortir de la vie normale, et rentrer dans la nature. Selon ce professionnel du tourisme, les personnes qui séjournent ici savent pourquoi. Elles ne viennent pas pour autre chose, et ne sont pas déçues.

Le cas de « Jungle Bay »

Lorsque Sam Raphael, propriétaire du parc « Jungle Bay », un éco-village de vacances, nous fait visiter son chantier, il a des étoiles dans les yeux. Ce lieu pour lui, c’est un « love at first sight » - coup de foudre. Avant le passage de la tempête tropicale Erika il y a 2 ans de cela, Jungle Bay était situé quelques kilomètres plus loin, de l’autre côté de Scott’s Head, à la pointe Sud de l’île. Entièrement détruit après Erika, Jungle Bay se reconstruit depuis janvier 2017, pour devenir un centre de vacances respectueux de la nature de 60 villas, sur 20 hectares.

Fitness, yoga, piscine, mais aussi nourriture biologique et collaboration avec les pêcheurs locaux : une chaine écolo-moderne qui a pour vocation d’attirer les investisseurs. En effet, les 60 villas d’environ 80 m² chacune que comptera le parc touristique se vendent d’ores et déjà à l’unité à des investisseurs privés. Le gouvernement apporte également son aide, à hauteur de 20 millions de dollars caribéens. Pour ce chantier, une centaine d’ouvriers ont été embauchés : une véritable chaine économique créatrice d’emplois. Tout est construit en pierre locale et en bois. En outre, Jungle Bay encourage les jeunes, porteurs de projets, à collaborer avec la structure. Ouverture prévue en décembre 2018.

Hervé Nizard, l’homme à trois casquettes

Cet homme ambitieux est propriétaire de Citrus Creek Plantation, un éco-village constitué de 11 villas et cottages, il est Consul honoraire de France à la Dominique et également fondateur de la compagnie d’aviation Air Tropical. Selon lui, le tourisme dominiquais est un tourisme « de niche », ciblé international et en petite quantité. Les principaux arguments de la Dominique sont sa nature exubérante et ses traces – randonnées (GR). Chaque année, évoque le Consul, l’Ile Nature accueille environ 45 000 touristes, ce qui équivaut à la vente d’environ 1000 chambres d’hôtel. Rien à craindre cependant d’une potentielle sururbanisation hôtelière : « notre but, c’est de rester un tourisme de niche ». Il faut seulement doubler la proportion touristique, avec du tourisme de qualité, appuie Hervé Nizard.

Rappelons que ce pays de 70 000 habitants compte en revanche une diaspora mondiale disproportionnée d’environ 300 000 personnes. « Les dominiquais sont les amis de tout le monde », pour le Consul. C’est « un pays indépendant qui a pris son destin en main ». Le tourisme ne suffira néanmoins pas pour redresser l’économie du pays et amoindrir la pauvreté qui y règne encore aujourd’hui, mais le gouvernement semble en demande constante d’améliorations, et d’attraction d’investissements.

Féérique : un mot que je retiens de mon expérience dominiquaise. La langue anglaise, héritage du temps de la colonisation britannique, est parlée dans tout le pays, mais relativement facile à comprendre, sans accent alambiqué.

Voyager est important, pour ouvrir les yeux, pour faire évoluer sa conscience du monde caribéen qui nous entoure, et pour mieux revenir, avec une ouverture d’esprit certaine et capitale.

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Alexandra Giraud

Journaliste CCN

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