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Guadeloupe. Com' et politique : jusqu’où veut et peut aller le Medef de Blandin ?

04 Aoû 2017
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À droite, Bruno Blandin, Président du Médef À droite, Bruno Blandin, Président du Médef

Pointe-à-Pitre. Vendredi 4 août 2017. CCN. Quand un an avant la fin de son mandat Michèle Montantin, qui fut la première patronne des patrons guadeloupéens, démissionna sur un coup de tête de l'Ude-Medef Guadeloupe, on a craint le pire au sein du cénacle patronal. Quelques mois plus tard, Bruno Blandin, alors vice-président, lui succède. Dès son arrivée à la présidence du Medef, le tout nouveau patron des patrons, qui est aussi un patron de presse (Nouvelles Semaines, Etv-Efm), entreprend de relooker l'image d'une association patronale dont le fonctionnement très souvent obscur s'apparente à celle d'une secte. Ainsi dès le début 2016, les journalistes sont régulièrement conviés à des petits-déjeuner de presse « sans langue de bois ». Un exercice de com qui permet au Medef Guadeloupe et à son président d'opiner très librement sur tous les sujets d'actu de notre pays. Le Medef de Blandin serait-il en pleine mutation ? Blandin est-il déjà déçu par la politique du Président Chalus envers les entreprises de Guadeloupe ? Bruno Blandin a-t-il des visées politiques ? C'est à lire...

La semaine dernière pour clôturer en beauté le cycle de ces « petits dej », faut-il le souligner souvent d'une grande convivialité, voilà que Bruno Blandin, s'adressant aux journalistes présents et un peu étonnés, leur demande ce qu'ils pensent de l'association patronale. Chacun des confrères présents y va de son petit solo et cela sans flagornerie aucune. Il en ressort que le Medef serait devenu « plus accessible, moins arrogant, plus guadeloupéen, que ces rencontres avec les journalistes facilitent le contact » même si, et Blandin le reconnaît, il a souvent refusé de s'exprimer en direct sur les plateaux télés – un comble pour un patron de chaîne.

En résumé, le Medef semble avoir trouvé le bon plan de com pour faire passer son message et devenir, en fin de compte, le plus médiatique de toutes les organisations patronales guadeloupéennes. Ce n'est pas rien ! Est-ce à dire que le discours patronal jadis pro domo ait changé de nature et de cible et le Medef-modèle Blandin colle davantage aux réalités socio-économiques du pays ? Ou alors s'agit-il tout bêtement d'une bonne politique de com destinée à essayer de faire baisser les tensions sociales particulièrement vives au cours de la dernière décennie ?

Dans les faits, ce qui a d'abord vraiment changé c'est le rapport du Medef-Blandin avec les médias. Ces rencontres régulières ne sont pas tout à fait anodines ; elles ont toutes des points communs. En premier lieu, elles permettent aux médias de reprendre à leur compte tous les « ballons d'essai » lancés par le Medef non seulement en direction de l’État français mais aussi des collectivités. De son côté l'organisation patronale peut ainsi au travers des questions des journalistes recueillir les sujets les plus chauds de l'actu et disserter sans parachute. C'est ainsi qu'on aperçoit au fil des mois que le Medef n'hésite plus, en répondant aux questions des journalistes, à se positionner très clairement sur des questions purement politico-politiciennes. Peu avant les élections présidentielles françaises, les Medef des dernières colonies françaises des Amériques ont été très présents sur la scène politique. Le fameux projet présenté en mars 2016, « Egalité économique, projet de développement économique des Dom », est une coproduction des Medefs. Plus récemment, en janvier 2017, il y a eu la présentation de « France Outremer 2020 », puis avec la Fedom il fut question de « miser sur les entreprises pour développer les outremer ». Il s'agissait pour le Medef, on l'a bien compris, d'essayer d'exercer une forme de pression sur le (futur) gouvernement français. En pleine crise guyanaise, le Medef Guadeloupe prend position. Son président, dans un communiqué de presse, affirme qu'il le fait en tant que, dans l'ordre, Guadeloupéen, Domien, Français et enfin président du Medef. Il va jusqu'à affirmer sa « solidarité avec la population guyanaise ». Après avoir énuméré les nombreux « handicaps et atouts de la Guyane », il souligne que cette « situation n'est pas propre à la Guyane (…) c'est l'exaspération de la situation qui caractérise l'ensemble des outremer, les oubliés de la République ».

Ce « cri » du Medef Guadeloupe n'est en fait que l'écho de celui du Medef Guyane qui, à ce moment-là, est encore partie prenante du grand mouvement social guyanais. On peut noter que face à la crise guyanaise, les collectivités et la classe politique de la Guadeloupe sont restées quasiment muettes. Outre le Medef Guadeloupe, il n'y eut que l'intersyndicale UGTC-FO-CGTG à prendre position et manifester pour les Guyanais. Poursuivant sur sa lancée, le Medef sera en mars 2017 aux côtés des syndicats tels que la CGTG de Nomertin, FO d'Evariste et L'UNSA sous l'égide de l'ARACT pour co-signer une convention. Seule l'UGTG de Domota sera absente, et pour cause, puisque depuis plusieurs mois le secrétaire général est poursuivi par le procureur de la république française pour « violences en réunion ».

En signant en 2015 avec l’État français, la Région et le Conseil Général le pacte pour l'emploi des jeunes, le Medef Guadeloupe n'a cessé de répéter urbi et orbi qu'il a ainsi permis la création de près de 800 emplois à la fin de l'année 2016 pour des jeunes de moins de 30 ans. Le pacte prévoyait la création de 700 emplois. Ainsi lors du dernier « petit-dej », Bruno Blandin et son mentor et éminence grise, l'ex-préfet Dominique Vian ont tous deux exprimé leur incompréhension voire leur indignation du fait que ce pacte pour l'emploi soit « bloqué pour des raisons techniques » et pas reconduit depuis l'arrivée à la présidence française d'Emmanuel Macron.

Le Medef Guadeloupe n'est pas à un coup de gueule près. A propos du contrôle d'identité aux frontières à l'arrivée en France, Bruno Blandin vient de réaliser que les habitants des dernières colonies sont considérés comme des étrangers à leur descente d'avion en France et soumis aux tracasseries douanières et policières. Rien de nouveau sous le soleil de la colonie ! Il est cependant curieux que ce soit le Medef qui pose ce problème et que les parlementaires de tous temps n'y aient jamais pensé !

Enfin, et c'est le dossier le plus chaud, l'énorme retard pris par la Région Guadeloupe pour payer les entreprises guadeloupéennes. Sur cette question, Bruno Blandin a affirmé devant la presse qu'il comptait interpeller très sérieusement Ary Chalus  car il est inadmissible que la Région Guadeloupe qui dispose de moyens financiers suffisants accumule d'insupportables retards pour payer les entreprises. Le patron des patrons a encore martelé que la Région Guadeloupe se devait d'être exemplaire et respecter les règles car les délais de paiement étaient trop longs, beaucoup trop longs. Si l'on en croit le chiffre avancé, il y aurait ainsi près de 500 millions d'euros à recouvrer. Et le Medef de rappeler qu'à cause de ces retards, le BTP a perdu 600 emplois.

Cette intervention pour le moins musclée du Medef auprès de la présidence de la Région suffira-t-elle à faire bouger les choses ? Il est vrai que les récents bouleversements de l'organigramme du Conseil Régional ne semblent pas devoir faciliter les choses. Le président du Medef Guadeloupe qui a activement soutenu Ary Chalus lors de la dernière campagne des régionales au détriment de Victorin Lurel, semble déjà entrain de regretter son choix politique. Passablement déçu par la classe politique, ne se poserait-il pas la question de son implication personnelle dans le débat ? Bien malin qui peut assurer du contraire.

Danyk I. Zandwonis



L’affaire Blandin/Domota  Un  vrai  feuilleton judiciaire

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À la suite du licenciement d’un délégué syndical salarié d’une concession automobile dont le propriétaire n’est autre que Bruno Blandin lui-même, il y aurait eu en avril 2016 des bousculades et des dégradations. Elie Domota, présent sur les lieux, a fait l’objet d’une plainte pour « violence en réunion ». Mais selon les avocats du secrétaire de l’UGTG et les membres du Comité international contre la répression (CICR), le dossier est vide. 

Le procès qui suscite à chaque fois une forte mobilisation des militants de l’UGTG mais aussi du CICR a déjà été renvoyé à deux reprises. De son côté, le Medef affirmait en juin dernier dans un communiqué de presse qu’il y avait là un « amalgame dans le cadre de la poursuite de M. Elie Domota devant le tribunal correctionnel ». Pour le Medef, il s’agit donc d’un conflit d’ordre privé contre un salarié de l’entreprise de Bruno Blandin. Le Medef a aussi affirmé qu’il n’est pas dans ses attributions d’ « interférer dans une telle affaire ». Il faut comprendre par là que Bruno Blandin, en tant que président de l’organisation patronale, n’interviendra pas pour faire cesser les poursuites contre Domota. 

Du côté des défenseurs de Domota, on déclare que ce procès est une machination du Medef. Reporté au 6 juillet dernier, ce procès a été une nouvelle fois renvoyé à mars 2018. Il faut cependant rappeler que le CICR qui soutient Elie Domota, mène une campagne active contre la criminalisation de l’action syndicale. 

C’est ainsi qu’une délégation du CICR a été reçue par Nathalie Vergez, membre du cabinet de l’ancien Garde des sceaux, Jean-Jacques Urvoas. Mme. Vergez a déclaré que conformément à la circulaire de 2013, le ministère ne donnait aucune directive en matière de procédure individuelle. Elle a ajouté que, concernant les dégradations relevées dans la concession automobile, aucune poursuite n’était à l’oeuvre dans la mesure où les auteurs ne sont pas identifiés. Nathalie Vergez a ajouté que le plaignant, selon les informations remontées à la Chancellerie, avait eu une journée d’incapacité temporaire de travail (ITT).

Les propos de la représentante du ministère de la justice française confirment, qu’on le veuille ou non, que le dossier est bel et bien vide.

  

 

2 :  Pour le Medef  les Guadeloupéens  sont discriminés dans les aéroports  francais !

Le communiqué de presse du Medef Guadeloupe

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Jarry. Le 8 juillet 2017. CCN. Halte à la discrimination. Le temps des colonies est fini. Il est normal que dans un contexte de montée des dangers, la sécurité aéroportuaire soit renforcée. 

Par contre, il n’est pas admissible que les guadeloupéens comme tous les domiens fassent de nombreuses heures de queue aux filtres des aéroports métropolitains alors qu’ils font partie intégrante de la France et qu’ils ont déjà été soumis à un contrôle à l’embarquement. 

Les policiers de la PAF des DOM et de la France ont la même direction et sont soumis aux mêmes règles et mêmes qualités. Ils sont parfaitement aptes à effectuer les contrôles Schengen. 

On n’a jamais vu personne accéder à un vol long-courrier au milieu de l’Atlantique en passant par le hublot ! Les Guadeloupéens ne sont pas des zombies ! 

Il n’y a pas de double contrôle entre la Corse et le Continent. La France n’est pas un royaume d’Ubu (qui d’ailleurs était réunionnais), juste une République assurant l’égalité de traitement de ses citoyens ! 

Ce gaspillage de moyens précieux dans le contexte actuel, ces discriminations sont insupportables. 

Nous exigeons la suppression de ce double contrôle sans objet et inacceptable car discriminatoire.

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CCN

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