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Saint-Martin. L’ouragan Irma a très sérieusement sinistré l’État français et ses représentants

11 Sep 2017
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De gauche à droite Emmanuel Macron (Président de la République Française), Annick Girardin ( Ministre des Outres-Mers), Éric Maire ( Préfet de la Guadeloupe) De gauche à droite Emmanuel Macron (Président de la République Française), Annick Girardin ( Ministre des Outres-Mers), Éric Maire ( Préfet de la Guadeloupe)

Marigot, Saint-Martin. Lundi 11 Septembre 2017. CCN. Une semaine après le déferlement des ouragans qui ont ravagé les iles du nord, Emmanuel Jupiter Macron est attendu dans notre pays. Le président français, alerté par la totale incurie des préfets, préfètes et militaires qui ont très mal géré l’après-ouragan, échappe pour un temps à la tempête sociale qui se prépare en France.


 Un bilan humain très lourd ?

En dépit de tous les démentis du préfet fraîchement installé et de la ministre de dernières colonies déjà sur place, force est de constater que l’appareil de  l’état colonial a pris l’eau. Sur place, à Marigot, non seulement la préfecture n’a pas résisté aux vents mais aussi la préfète-déléguée, elle-même a pété un câble et s’est enfuie. Les militaires français arrivés trop tardivement à Saint-Martin, ont été incapables de prévenir les pillages et garantir la sécurité des sinistrés. L’évacuation des touristes et autres résidents qui s’est fait dans une totale anarchie, a semblé profiter aux blanfwans. La distribution des vivres et de l’eau a souvent été chaotique. En fait, l’impression qui prévaut est celle d’une totale impréparation à tous les niveaux de l’État français dans la période  pré-cyclonique  et  d’une  trop  faible réactivité dans la période post-cyclonique. En somme, une un gestion qui restera dans l’histoire comme aussi catastrophique pour les populations concernées que le passage même de l’ouragan. Enfin , plus de 5 jours après, le nombre de victimes est toujours fluctuant et pas encore définitif. Le chiffre de 9 morts et de 7 disparus semble très en retrait des annonces faites par  Macron, lequel a fait état à plusieurs reprises d’un bilan humain très lourd et très cruel. 

 

Une gestion calamiteuse de la crise

En ce début de septembre, l’arc antillais est successivement frappé par une série d’ouragans de force exceptionnelle, générée par les eaux particulièrement chaudes de l’océan Atlantique au large des côtes d’Afrique et des Etats-Unis. L’ouragan Irma est un ouragan de catégorie 5 qui va permettre, à lui-seul, de réviser tout ce que l’on savait sur les ouragans en 50 ans d’observation et d’analyses météorologiques. A cette situation exceptionnelle, il fallait une gestion exceptionnelle de la catastrophe qui allait s’abattre sur les îles du Nord dans la nuit du 5 au 6 septembre. Force est de constater qu’aujourd’hui, la gestion post-cyclone des urgences et priorités de ces îles est indubitablement calamiteuse par les services de l’État, laissant une population dévastée et démunie ayant pratiquement tout perdu, au bord du gouffre et de la rupture psychologique. Comment en est-on arrivé là ?

Un préfet fraichement débarqué.

C’est tout d’abord, l’entrée en fonction d’une nouvelle équipe préfectorale au début du mois de septembre, juste 5 jours avant l’arrivée de l’ouragan sur nos côtes. Habituellement, lorsque le préfet est muté, le staff préfectoral, à savoir le directeur de cabinet du préfet et le secrétaire général reste inchangée, ce qui permet au nouveau préfet de pouvoir compter sur une équipe expérimentée déjà en place. C’est une sage pratique qui permet d’assurer une certaine continuité dans la gestion des affaires des territoires. Ce ne fut point le cas à Saint-Martin et à Saint-Barthélémy. Le préfet et son staff ont donc fraîchement débarqué en ce début du mois de septembre, sans aucune expérience de la gestion de crise en matière d’ouragan.

 Une absence de concertation 

C’est ce manque d’expérience du préfet et de son équipe qui les conduira à piloter la Cellule de crise préfectorale (COD), en dehors de toute concertation avec les collectivités du pays, les premières impactées, celles de St Martin et de St Barthélémy, et des collectivités régionales, départementales autres communautés d’agglomération de l’archipel de la Guadeloupe, qui elles, sont rompues à la gestion de ce type de crise. Aujourd’hui, c’est la cellule de crise mise en place par le ministère de l’intérieur qui dirige tout, donnant des ordres hors sol au COD de la Guadeloupe. Voilà donc comment et pourquoi, le COD de la Guadeloupe devint complètement autiste aux besoins des populations sinistrées, exprimées par le biais des collectivités du pays. Cela s’est traduit par un déploiement spectaculaire de forces de maintien de l’ordre sur les territoires sinistrés pour endiguer ces scènes de pillage et par la sécurisation des centres névralgiques de Saint-Martin. Bien sûr, il y eut aussi un déploiement conséquent des forces de secours (pompiers, médecins, la sécurité civile,…) ce qui permit d’évacuer les corps, de rapatrier les malades et les blessés vers la Guadeloupe. Au-delà de ces principes de base qui régissent la gestion de crise cyclonique, on a assista à un véritable « cadenasssage » de la coordination qui doit s’opérer entre le COD de la Guadeloupe et les collectivités, entre le COD et les médias, entre le COD et les populations sinistrées, et une volonté manifeste de fermer les îles du Nord à tout ce qui ne serait pas un service de l’État, de maîtriser l’information en refoulant au pied les tentatives des médias locaux d’apporter une information post-cyclonique au plus près de la population.

Un rapatriement très compliqué. 

Est-il admissible que le COD de Guadeloupe-et-Saint-Martin refuse de coopérer avec la Collectivité de Saint-Martin, refusant de localiser en un même lieu leurs deux centres opérationnels de gestion de crise alors que les communications téléphoniques ne sont pas encore totalement rétablies et que les axes principaux de circulation ne sont pas encore parfaitement praticables ? Est-il tolérable que le COD de la Guadeloupe-et-de-Saint-Martin fassent la sourde oreille à une partie de la population (Guadeloupéens, enseignants, touristes,…) qui souhaite quitter les Îles du nord avant l’arrivée de l’ouragan José ? Aucune autorisation de rapatriement n’est accordée pour la Guadeloupe alors que la Collectivité de Saint-Martin souhaite favoriser le départ de ceux qui veulent partir, devant faire face à un hébergement en sous-effectif des sans-abris et à leur gestion dans des conditions de vie dégradées (absence d’eau, d’électricité, de moyens de communication et des ressources alimentaires limitées). Alors que la population désespérée, en état de choc se presse devant les grilles de l’aéroport, espérant un avion pour quitter Saint-Martin, est-il soutenable d’entendre que le COD a affrété des avions civils d’Air Antilles depuis 2 jours pour faire débarquer les troupes militaires et de secours et que ces avions sont repartis….à vide sur la Guadeloupe ? Est-il humainement possible d’entendre que certains de ces avions ont permis le rapatriement des femmes et des enfants de gendarmes, de fonctionnaires d’état sur la Guadeloupe avant l’arrivée de l’ouragan José ? Existe-t-il deux catégories de populations, une population dite d’état qui a droit à tous les égards, et une population autochtone, laissée pour compte et livrée à elle-même ? C’est donc cela, la République française ?

Faut-il sauver le soldat Macron ?

Est-il concevable que la communication de la gouvernance Macron soit une communication de la compassion et non de l’action ? Plus de 1 milliard d’euros doit être mis sur la table pour la réhabilitation des Îles du nord. Silence radio sur ce sujet alors qu’il faudrait débloquer au plus vite des fonds pour la reconstruction de ces îles à genou !  Que penser du ministre de l’outre-mer qui ne se déplace jamais sans une cohorte de journalistes français ? La voilà sur l’Île de Saint-Martin depuis vendredi, souhaitant vivre l’expérience de l’ouragan José aux côtés de la population. Mais voilà, est-ce de l’empathie compassionnelle ou est-ce encore un coup de com' ? Dans une telle circonstance, la sobriété aurait été de rigueur. Mais voilà, il faut sauver le soldat-président Macron en perte de vitesse dans les sondages ! Il faut redorer son blason en utilisant la gestion de crise cyclonique et la communication afférente.

 

Le kilomètre journalistique des médias français 

Que dire des  médias français, BFMTV, LCI, CNews, France info, Le Monde... plus prompts à informer sur les ouragans frappant les États-Unis que ceux qui impactent nos territoires ! Nous avons eu le matraquage médiatique quotidien sur la progression de l’ouragan Harvey qui allait frapper le Texas et la Louisiane, sur les dégâts occasionnés pendant et après son passage. En ce qui concerne l’ouragan Irma en approche des côtes de la Floride, nous avons tous été largement informés que le gouverneur de cet état a qualifié Irma d’ouragan « nucléaire » et des mesures prises pour l’évacuation de la population américaine. Combien de médias français ont parlé de l’ouragan Irma, de son approche et de son impact sur nos îles avant qu’il ne soit à quelques heures de s’abattre sur nous ? Le traitement de l’information par les médias français nous font plus que jamais prendre conscience que nous sommes des Français entièrement à part, présentant peu d’intérêts pour ces médias accros d’informations sensationnelles !

Une population comme oubliée.

Nombre d’enseignements de la gestion de crise des ouragans Irma et José devront être tiré à tous les niveaux de responsabilité car la population sinistrée, en souffrance, désespérée dans son bon droit, aura des comptes à demander à la République française. Une République si vertueuse et si généreuse dès lors qu’il s’agit de réaliser des opérations de sauvetage sur la scène internationale beaucoup plus porteuses en terme de renommée internationale et tellement plus cathodique ! 


 

  • KOPG salue le Peuple de St MARTIN dans la terrible épreuve qu’il traverse et rend hommage aux guadeloupéens qui par milliers lui apportent leur soutien matériel.

  • KOPG condamne par contre sans réserve les défaillances, les manquements et l’arrogance des représentants de l’Etat français avant, pendant et après le passage du Cyclone IRMA, en matière de communication, d’organisation et de gestion.

  • KOPG considère comme une insulte le fait que les guadeloupéens et les saint-martinois-censés être des responsables élus- aient été systématiquement écartés des lieux de décision et d’intervention sur les zones sinistrées au motif que la sécurité serait une compétence régalienne. Ces responsables ont été humiliés et relégués au rang de ’’portraits’’.

Pour en voir plus cliquez sur ce lien.

 

 

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