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St-Martin. Récit. Moi, Alexandra, journaliste à "CCN", ma nuit sur le tarmac de Grand-Case !

15 Sep 2017
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Mardi 12 septembre 2017. Aéroport de Grand Case, Saint-Martin. 22H30. Une dernière image : celle du Casa, cet avion militaire face à moi, qui s’apprête à fermer ses portes et à s’envoler pour la Guadeloupe, avec à son bord tout le gratin des élus et des journalistes qui ont suivi le Président Macron dans sa longue déambulation saint-martinoise. Problème : je suis « débarquée » quasi manu militari avec mon confrère Michel Héraclide, journaliste-reporter d'images de Canal10, sous l’œil des confrères qui protestent à peine. À cet instant, nous savons tous les deux que nous passerons la nuit sur le tarmac du petit aéroport de Grand Case. Le début de la galère. 

L’aéroport de Grand Case, le seul de l’île à avoir été déblayé et réouvert pour permettre l’acheminement de vivres et le rapatriement des sinistrés vers la Guadeloupe, est aujourd’hui un camp militaire, gardé jour et nuit par des équipes de gendarmes fatigués. Le village de Grand-Case est fermé à 1km environ de l’entrée par un checkpoint bien gardé lui aussi. Le filtrage existe bel et bien mais il permet surtout de fluidifier le trafic de la masse de gens qui veulent fuir l’île.

C’est actuellement le seul point de départ de l’île. La population de Sint-Maarten, la partie hollandaise de l'île, doit remonter vers le nord et passer la frontière, avant d’arriver au checkpoint de filtrage. Idem pour la population de Saint-Martin. En dehors des Saint-Martinois et des touristes, les journalistes et autres envoyés spéciaux sont livrés à eux-mêmes. Lorsqu’ils sont « parachutés » sur l’île, ils ne peuvent quasiment plus compter que sur eux-mêmes pour rentrer chez eux, une fois la mission accomplie.

Dans mon cas, la Préfecture de Guadeloupe, qui avait organisé notre déplacement, n’a pas pu nous garantir un retour rapide, comme à d’autres journalistes pourtant arrivés par le même avion que nous. Une nuit sur un lit de camp, dans la chaleur, avec pour seul luxe des toilettes bouchées et des rations de combat militaires en main. La conscience du confort sanitaire dans lequel nous vivons habituellement au quotidien nous revient alors en pleine figure.  

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Alexandra Giraud

Journaliste CCN

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