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Guadeloupe. Décolonisation : Karésol Otorité Politik Gwadloup interpelle l’ONU

08 Déc 2017
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Pointe à Pitre .Vendredi 8 décembre 2017. CCN. Au moment même ou  le Comité international des Peuples Noirs ( CIPN)   traduit   l’état français devant le tribunal  sur la  question des réparations post coloniales, Karesol  a adressé la lettre ci dessous au comité spécial de décolonisation de l’ONU. Ces initiatives prises  par deux  organisations anticolonialistes Guadeloupéennes  nullement anodines, sont destinées à briser le lourd silence et la Chappe plomb qui depuis des mois s’est abattue  sur  la question   nationale  en Guadeloupe.  CCN. 

Monsieur le Président

du Comité spécial de la Décolonisation

M Rafael Dario RAMIREZ CARREÑO

UN Headquarters

First Avenueat 46th Street

NEW YORK NY 10017

USA

Objet : interpellation du Comité spécial de décolonisation de l’ONU, pour la réinscription de la Guadeloupe sur la liste des pays à décoloniser.

Monsieur le Président du Comité,

Le KARESOL A OTORITE POLITIK GWADLOUP, Organisation indépendantiste qui a posé les fondations d’une Autorité Politique pour la Guadeloupe, vous interpelle ce jour afin que notre Pays, toujours sous tutelle française, soit de nouveau inscrit sur la liste de l’ONU des Pays restant à décoloniser.

Six années après l’instauration de la « Troisième Décennie Internationale de l'Elimination du Colonialisme »(2011-2020), consacrée par votre Organisation à la décolonisation, et près de 170 années après la fin de l’esclavage – et l’extermination des Kalinas, premiers habitants de Guadeloupe- , notre Peuple et notre Pays s’inscrivent pleinement dans les critères de la Déclaration sur l’Octroi de l’Indépendance aux Pays et Peuples coloniaux, issue de la Résolution 1514 de l’Assemblée Générale de l’ONU du 14 décembre 1960.

Nul ne peut douter, qu’en dépit du cynique paravent de la Départementalisation de 1946 (stratagème mis en place par la France en amont pour s’exonérer de son obligation de décoloniser), notre Pays est toujours occupé militairement, politiquement, économiquement et culturellement, et que le Peuple guadeloupéen est toujours l’objet de discriminations ethniques.

Aussi nous nous reconnaissons pleinement dans la Résolution 1514qui souligne :

  • Le désir passionné de liberté de tous les Peuples dépendants, et le rôle décisif de ces Peuples dans leur accession à l’Indépendance ;
  • Le rôle important de l’Organisation des Nations Unies, comme moyen d’aider le mouvement vers l’Indépendance dans les Territoires sous tutelle et les territoires non autonomes ;
  • Que le maintien du colonialisme empêche le développement de la coopération économique internationale, entrave le développement social, culturel et économique des Peuples dépendants et va à l’encontre de l’idéal de paix universelle ;
  • Que les Peuples peuvent, pour leurs propres fins, disposer librement de leurs richesses et ressources naturelles, sans préjudice des obligations qui découleraient de la coopération économique internationale, fondée sur l’avantage mutuel et le droit international ;
  • Que le processus de libération est irrésistible et irréversible, et que, pour éviter de graves crises il faut mettre fin au colonialisme et à toutes les pratiques de ségrégation et discrimination dont il s’accompagne.
  • Que le manque de préparation dans les domaines politique, économique ou social ou dans celui de l’enseignement  ne doit jamais être pris comme un prétexte pour retarder l’Indépendance ;
  • Que la sujétion des Peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’Homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales ;

L’Histoire retiendra que la France qui s’est autoproclamée ‘’Patrie des Droits de l’Homme’’ a toujours entravé-et sous tous ses régimes politiques-le processus de libération des Peuples qu’elle a mis sous tutelle.

Ainsi, les révolutionnaires français de 1789 ont maintenu nos ancêtres, pour l’essentiel des AFRES (Africains Réduits en Esclavage)dans les fers de l’esclavage près de cinq années après la prise de leur Bastille, puisque leur Déclaration des Droits de l’Homme ne s’adressait qu’aux hommes blancs.

Ainsi la Traite négrière, plusieurs fois abolie depuis 1817, mais jamais respectée, n’a réellement cessé qu’à l’abolition de l’esclavage de 1848. Cette Traite fut encouragée par le pouvoir colonial français et ses représentants dans les Colonies dont les navires négriers étaient pris en chasse et parfois arraisonnés par la Marine anglaise.

Ainsi la France qui avait « aboli » une première fois l’esclavage en 1794 sous la contrainte des évènements de St Domingue, l’a rétabli sans états d’âme en 1802 par une loi scélérate de Napoléon-Bonaparte.

Ainsi, alors que tous les Peuples coloniaux s’éveillaient à la liberté, la France a recouvert certaines de ses Colonies du masque de la Départementalisation et de l’Assimilation qui au même titre que la Colonisation est un crime contre l’Humanité, puisque sa finalité est de transformer des Hommes et des Femmes debout en êtres aliénés.

Monsieur le Président,

Des milliers d’hommes et de femmes guadeloupéens sont morts en 1802 au cri de la Liberté ou la Mort, en opposant une farouche résistance armée aux troupes françaises  de Napoléon venues rétablir l’ordre colonial et l’esclavage dans notre Pays.

Ces Hommes et ces Femmes sont morts au nom de la Liberté, de la leur et de la nôtre aussi..

D’autres les ont rejoints depuis sur la voie de la dignité, pour proposer un autre destin, un Autre Chemin pour la Guadeloupe ;

Nous sommes, nous guadeloupéens, les héritiers de ces martyrs dont nous revendiquons les idéaux que sont la liberté et la prospérité, dans la paix avec tous les autres Peuples de la Terre.

Nous, Patriotes guadeloupéens qui nous battons depuis plus d’un demi-siècle, contre vents et marées pour notre Souveraineté, vous demandons solennellement de contribuer à mettre fin à l’arrogance et à l’hypocrisie des gouvernants français qui ont usé en 1946 d’un honteux subterfuge pour nous priver de nos droits fondamentaux.

Aujourd’hui, nous voulons que la Guadeloupe, actuellement Nation sans Etat, soit réinscrite sur la liste des Pays à décoloniser.

Vous ferez ainsi droit à notre quête de Justice, de  Dignité et de Réparations.

Les Peuples et donc les Hommes et les Femmes qui les constituent ne peuvent être dominés par aucun maître, quel qu’il soit.

Nous ne nous reconnaissons donc aucun maitre, aucun gouvernement qui aurait la prétention de réduire notre Humanité à néant.

Nous avons réaffirmé ici notre Droit à l’Indépendance, et sans nul doute le jour viendra où nous proclamerons notre Indépendance, comme tous les Peuples et Nations libres du Monde.

Recevez, Monsieur le Président les cordiales salutations d’Hommes et de Femmes qui aspirent à leur pleine liberté.

Pour

Karésol a Otorité Politik Gwadloup

Luc REINETTE

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