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Guadeloupe. Ouragans: Assureurs & experts font redouter un nouvel Irma

19 Jan 2018
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Experts et assureurs ont travaillé de concert jeudi à l'auberge de la vieille tour pour faire un point sur les indemnisations post cycloniques Experts et assureurs ont travaillé de concert jeudi à l'auberge de la vieille tour pour faire un point sur les indemnisations post cycloniques

Gosier. Vendredi 19 janvier 2018. CCN. Le comité des assureurs des Antilles-Guyane et des experts en automobile et en dommages et biens se sont réunis jeudi matin à l’Auberge de la Vieille Tour à Gosier pour travailler et  faire partager leurs avanceés en terme d’indemnisations post cycloniques, mais pas que. Focus.

Pour ce « point » post cyclonique, étaient notamment présents Stéphanie Caruel-Slozinski, experte IARD, Sabrina Joséphine, experte automobile, Loup de Fréminville, président du Comité des Assureurs Antilles-Guyane (CAAG) et Francine Negrit, vice-présidente du CAAG. L’occasion, comme le rappelle Loup de Fréminville, de faire l’état des lieux des sinistres après le passage des ouragans Irma et Maria en septembre 2017. Il s’agissait, selon le président, d’élaborer un constat, dans un premier temps, puis de réfléchir aux mesures à prendre pour accélérer les indemnisations. Autre point abordé lors de cette réunion à huis clos : la saison cyclonique 2018 : et si Irma frappait la Guadeloupe cette année, comment serions-nous armés pour résister, ou non, à un tel phénomène météorologique ?

Loup de Fréminville annonce suite à cette réunion qui consistait finalement surtout en un état des lieux et en échanges entre les différents experts et assureurs, un bilan actualisé. En tout, 44 500 sinistres ont été déclarés, autant pour Irma que pour Maria. « Ce qui change beaucoup, c’est le coût des sinistres », avance-t-il. Là où Maria aura coûté environ 122 000 euros aux assurances, Irma aura largement cassé leur tirelire, avec un coût de plus d’un milliard d’euros. A savoir que le coût moyen par sinistre se monte à 61 000 euros pour Saint-Martin. 

Les opérations d’expertises n’ont pu débuter que 3 semaines à 1 mois après les cyclones, rappelle M. De Fréminville. En cause : la téléphonie, l’Internet et le logement, endommagés  suite au passage des cyclones. Aujourd’hui cependant, rassure-t-il, 90% des biens « cyclonés »s ont été expertisés.

 

Sans pièces administratives, pas de dossier, pas d’indemnisation

Stéphanie Caruel-Slozinski, experte IARD, plus précisément en dommage des biens, souhaite à son tour insister sur un élément essentiel concernant les indemnisations post cycloniques, principalement pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy : les pièces et documents administratifs. « Un assureur a besoin de savoir à qui est destinée l’indemnité », insiste-t-elle. Beaucoup de dossiers sont donc encore incomplets, puisque beaucoup de personnes ont perdu leurs papiers dans les sinistres. « Un poids indéniable dans la balance des délais », conclut-t-elle.

L’experte revient également sur un point important : les copropriétés. Quand les propriétaires ne sont plus sur l’île, quand ils ont « fuit », il est encore plus difficile de récupérer les documents. Malgré que le seuil d’indemnisation a été majoré à 80 000 euros, c’est une situation, dans le cas de lots de copropriétés de 200 voire 300, qui reste difficile à gérer.  

Saint-Martin : Un parc automobile à l’état d’épaves

Sabrina Joséphine, experte automobile, nous éclaire sur la question automobile. La difficulté réside dans la reconnaissance des véhicules, ainsi que de leurs propriétaires. Souvent, les cartes grises sont manquantes, et le fait que Saint-Martin ne soit pas doté du système d’immatriculation des véhicules n’arrange rien. Le président du CAAG précise : 700 véhicule ont été réquisitionnés, et « certaines personnes ne viennent pas aux expertises », par manque de temps, ou parce qu’ils ont besoin coûte que coûte de leur voiture. Il y a un véritable problème d’épaves sur l’île, qui souffre justement de son insularité. Selon l’experte automobile, « au moins 50% » des indemnisations ont été effectuées, même si la sensation que ces indemnisations ne sont pas toujours utilisées pour le but prévu persiste auprès des assureurs.

« Si demain Irma touche la Guadeloupe, ce serait désastreux » 

Loup de Fréminville ne mâche pas ses mots pour conclure cette conférence de presse donnée suite à la réunion entre experts et assureurs. « Si demain Irma touche la Guadeloupe, ce serait désastreux », lâche-t-il. Il faut mettre en Guadeloupe des plans de continuité d’activité sur pied, selon le professionnel. En outre, tout doit être numérisé, insiste-t-il : « il faut le faire ». Un point d’orgue plus qu’important en effet, dans l’éventualité d’un prochain cyclone sur nos îles en 2018, ou dans les années à venir. Sans papiers, l’indemnisation devient un véritable parcours du combattant. L’assureur souhaite distribuer des kits aux assurés, récapitulant les papiers indispensables à numériser. Selon lui, il est également important de travailler de concert avec les mutuelles : « chacun doit prendre ses responsabilités », conclut-t-il.  

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