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Guadeloupe. Crise du CHU : Le Collectif de défense invite et accuse…

18 Avr 2018
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Mercredi 18 avril 2018. CCN. La publication la semaine dernière du rapport d’expertise du Dr Jacques Manel (Pôle URM centre anti poison et deToxico vigilance) a contribué à relancer le débat sur la situation réelle et l’avenir du CHU. Auparavant faut-il le rappeler, le 29 mars dernier, devant un parterre de responsables, de spécialistes de la santé et d’élus, la nouvelle patronne de l’ARS, Valérie Denux avait présenté un plan de « réorganisation d’un CHU en situation de crise inédite ». Le diagnostic émis à cette occasion était très en deçà de la réalité. Il avait été dit et écrit : « pas de risque grave et imminent pour la santé des personnes, mais nettoyage méthodique à faire pour le long terme ». C’était AVANT le rapport toxicologique. Aujourd’hui, nous sommes au stade d’une décision politique devant tenir compte de ce rapport et de la situation du CHU. C’est précisément, le but de cette invitation, Jeudi 19 avril * du « Collectif de défense », à débattre sur cette problématique.

La lettre que CCN publie ci-dessous est adressée à l’ensemble de la classe politique. Question : Es yo ké vin ?

 

Nous revenons vers vous, près de 5 mois après l’incendie du 28 Novembre 2017 au CHU, incendie, qui a durablement affaibli le CHU de Guadeloupe, sa structure, ses organisations, ses filières de soins, ses équipements et ses Agents.

Nous Agents du CHU, Représentants du Personnel, Membres du Collectif de Défense du CHU de Guadeloupe,

nous Usagers du CHU, sommes des plus inquiets et scandalisés au vu des conditions de traitement de ce dossier

Ainsi, non seulement l’incendie du 28 Novembre 2017 a fortement disloqué l’Offre de soins, a certainement provoqué des pertes de chance de guérison ou de survie des patients, a réellement démantibilé de nombreux Agents déjà déroutés par toutes les insécurités auxquelles nous étions confrontées (qualité des actes de soins, manque de matériels et d’équipements, parcours professionnel, précarité d’emploi), près de 5 mois, plus tard, cet incendie continue de nous révéler, de dévoiler toutes les aberrations, incompétences et mépris qui caractérisent l’Administration de la santé en Guadeloupe et au CHU.

En effet, GRAVISSIME ET COUPABLE de n’avoir pas pris toute la mesure des impacts de l’incendie sur le bâti, sur les circuits et singulièrement le circuit d’aération, de ventilation et de traitement de l’air, au point de procéder à la réinstallation des services, à la remise en service des centrales de traitement d’air, au nettoyage des locaux par des ASH sans équipements appropriés seulement quelques jours après l’incendie.

GRAVISSIME ET COUPABLE de ne pas disposer de la liste des objets, matériels et produits chimiques entreposés à l’étage technique jusqu’à aujourd’hui, ni des plans des bâtiments, ni du système de ventilation et des rapports d’entretien de ce système, indispensable pour connaitre leur état avant et après le sinistre.

GRAVISSIME ET COUPABLE d’avoir commencé un nettoyage en surface des locaux sans confinement provoquant des troubles de santé chez les Patients et le Personnel et attribuer ces troubles à la fragilité psychologique des Agents et en plus de terroriser le Personnel en droit de retrait.

GRAVISSIME ET COUPABLE de persister à sous-estimer les conséquences du sinistre et de tenter de présenter la délocalisation totale et provisoire du CHU, réclamée par le Collectif de Défense du CHU de Guadeloupe comme un risque majeur tant pour le «U» du CHU que pour les Patients.

GRAVISSIME ET COUPABLE de n’avoir jamais étudié sereinement le redéploiement de toutes les activités pour d’évidentes obligations de nettoyage, de décontamination et de mise aux normes de cet établissement de santé, immeuble à grande hauteur recevant du public et dont la vétusté est avérée, au nom simplement du principe de précaution.

GRAVISSIME ET COUPABLE de soutenir qu’une délocalisation de soins critiques est impossible, que la délocalisation risque d’être définitive, épouvantail destiné à nous résoudre à accepter d’héberger, de soigner, de travailler dans un bâtiment insécurisé, malsain, toxique alors qu’il s’agit d’un calcul financier et de l’aveu de leur incompétence, à penser autrement, le temps de la réhabilitation du CHU, les filières de soins.

GRAVISSIME ET COUPABLE d’avoir attendu Madame

Denux nouvelle Directrice Générale de l’Agence Régionale de Santé, les experts du CEREMA (Centre d’Études et d’Expertises sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement) et du Centre Antipoison et de Toxicovigilance du CHRU de Nancy, et leurs « conclusions limitées et provisoires» compte tenu des données analytiques, métrologiques et techniques disponibles, 4 mois après l’incendie.

Et de lire :

« Il conviendrait d’étayer l’hypothèse moisissures/mycotoxines par une identification par prélèvement de surface et mesure des spores, produits de dégradation et mycotoxines dans des prélèvements d’air de durée suffisante.

Le CSTB (Centre Scientifique et Techniques du Bâtiment) devrait être en mesure de réaliser l’ensemble des mesures et analyses tant sur les suies que les moisissures. Concernant les locaux et le système de ventilation Il importe de s’assurer de l’étanchéité du système de ventilation afin que les suies, les substances chimiques éluées et les éventuelles substances naturelles (produits de dégradation bactérienne ou fongique, mycotoxines) ne puissent être diffusées dans l’air intérieur des locaux. Sauf avis contraire des spécialistes, il parait risqué de préconiser un nettoyage des conduits de ventilation dont la topographie et l’état sont incertains et dont l’état de dégradation ferait courir un risque de rupture au cours du nettoyage, surajoutant un risque de contamination par des fibres d’amiante vraisemblablement présentes dans l’isolation. Sous réserve de la confirmation de la résistance du bâti et de la possibilité de réalisation technique, l’isolation complète, étanche et définitive de la zone sinistrée sans nettoyage préalable est une hypothèse à envisager, de même que la condamnation du système de ventilation actuel contaminé et la réalisation d’un nouveau système de ventilation par l’extérieur des locaux. Le niveau de ventilation doit être suffisant, possiblement apprécié en continu. Une attention particulière devra être portée aux puits d’ascenseurs et à la mobilisation particulaire potentielle lors de leur nettoyage. Le nettoyage des zones contaminées par les moisissures et la réhabilitation des locaux concernés devraient être entrepris avant réoccupation. Il ne paraît pas souhaitable de réaliser ces opérations susceptibles de mobilisation particulaire (suies ou moisissures) en locaux occupés, sauf à garantir l’étanchéité du confinement notamment des puits d’ascenseurs.»

 

É pannansitan

  • § Plus de 40 % des activités du CHU toutes filières confondues ne sont pas réalisées, ou réalisées pour le secteur privé §

Les Patients toutes pathologies confondues sont en déshérence

  • § Les Professionnels (hospitaliers et non hospitaliers) sont ozabwa § Des centaines d’Agents sont en maladie, ou en droit de retrait
  • § A la catastrophe sanitaire en cours, risque de s’ajouter une crise sociale

§ Le 747 tourne à grand régime et à grand frais pour les transferts sanitaires Mais c’est aussi un scénario, non avoué, non avouable jòdila, réduire l’offre de soins hospitalier couteux, réduire des charges de fonctionnement du CHU (plus de 40 millions d’euros de déficit chaque année) et réviser l’organisation des soins, sur des parcours du malade et des professionnels fluctuants… et finalement un CHU multi-sites pour les 10 prochaines années.

Nous, Collectif de défense du chu de Guadeloupe, Agents et Usagers du CHU, persistons à militer pour :

§ Un Plan d’actions déterminé, immédiatement opérationnel et totalement financé par la puissance publique destiné à la réhabilitation du CHU de Guadeloupe passant par la relocalisation de toutes les activités de soins, le temps du nettoyage, de la décontamination et de la mise aux normes.

 

Gaby Clavier/Mona Hedreville

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