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Guadeloupe. Politique : Guy Losbar candidat à la Présidence de la Région…en 2021 ?

21 Avr 2018
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Petit-Bourg. Samedi 21 avril 2018. Deux ans à peine avant les prochaines régionales, Ary Chalus se fait fort d’être présent sur tous les fronts (eau, sargasses, chlordécone, Chu) pour tenter de porter des réponses à toutes ces problématiques. Visiblement ça ne marche pas. Les différents ministères français où il est allé plaider la cause de la Guadeloupe n’ont pas vraiment répondu à ses attentes. Comme un malheur n’arrive jamais seul, voilà que dans le récent sondage Qualistat/Nouvelles-Semaine, on s’aperçoit que le Président de Région a fait un grand bond en arrière : il a perdu 16 points et seulement 18% des guadeloupéens lui accordent leur confiance pour jouer un rôle important dans la vie politique !!!

Au sein de sa propre majorité, là aussi il y a des hauts et des bas. Ainsi Guy Losbar son 1er vice-président que CCN a rencontré, aussi président du GUSR, ne semble pas avoir vraiment « digéré » l’affaire Mathiasin lors des dernières législatives.

Une autre affaire, a failli mettre le feu aux poudres, c’est l’élection surprise de Sonia Taillepierre (GUSR) à la présidence du CTIG et les graves conséquences qu’elle a failli entrainer…

Côté GUSR, on a vraiment essayé de calmer le jeu, c’est sans doute pourquoi la lettre que Sonia Taillepierre a adressé à Guy Losbar et que CCN publie est restée pour l’heure sans suite.

Il faut dire que le GUSR, qui a sa propre stratégie et qui ne n’est pas sous les ordres du LREM, le parti de Macron, a préfèré adopter un profil bas. A bien lire, l’interview que Guy Losbar nous a accordé, on peut penser comme il l'a lui-même dit que ce sont les municipales de 2020 qui détermineront son choix pour une éventuelle candidature à la Région. Cette déclaration laisse-t- elle augurer un « chiraj » en 2020 ? vraiment trop tôt pour le dire, mais c’est un indice.

CCN : On ne comprend pas très bien les relations entre le GUSR et En Marche (EM)?

Guy Losbar : Nous avons soutenu le candidat Macron pour les élections présidentielles, mais tout le monde connaît l’ADN du GUSR, son fondement qui est avant tout un parti politique guadeloupéen qui met en avant les intérêts de la Guadeloupe, ses spécificités, on sait quel a été notre combat concernant l’évolution institutionnelle et d’ailleurs, on va l’intensifier au cours de cette année…

Pour revenir sur « En Marche » (EM), vous le savez, après la victoire de Macron, il y a eu la création de LREM qui aujourd’hui souhaite s’implanter sur le territoire de la Guadeloupe, avec des volontés de comités communaux, etc.

CCN : Ça ne vous gêne pas qu’un parti français vienne s’installer ici ? Car le GUSR est né précisément d’une volonté des ex-socialistes qui le composaient de s’affranchir des diktats du PS français !

G. L. : « En Marche » est une formation nationale (NDLR : française) et sa volonté est de s’installer sur tous les territoires, mais ce que nous avions convenu, c’est qu’au niveau des communes et autres que les comités de EM se limitent aux circonscriptions pour les élections législatives et sénatoriales. Nous sommes dans cette démarche. Nous avons deux parlementaires GUSR : Olivier Serva et Dominique Théophile qui représentent la Guadeloupe, à travers LREM dans les deux assemblées. Et puis GUSR a soutenu Macron mais cela ne veut absolument pas dire que, quelles que soient les décisions du gouvernement ou du président, il y aura une totale adhésion du GUSR. Nous restons quand même un parti guadeloupéen fort de ses principes, de sa spécificité et de son identité.

CCN : Êtes-vous vous-même adhérent de LREM ?

G. L. : Pas du tout.

CCN. : Olivier Serva est pourtant membre de EM et du GUSR. C’est compatible, je suppose ?

G. L. : La double adhésion, c’est le principe même de « EM » et je vous l’ai dit, c’est notre représentation nationale (française) qui s’exerce grâce à nos deux parlementaires Olivier Serva et Dominique Théophile.

CCN : Cela ne préfigure-t-il pas d’éventuels problèmes à l’occasion des élections, sur la désignation des candidats, les soutiens au second tour etc… ?

G. L. : Je ne le crois pas car GUSR a toute sa liberté, son identité… Cela dit, le principe même des élections génère toujours des incompréhensions, voire parfois des conflits, même lorsqu’on constitue une liste d’une même majorité au sein d’un même parti.

CCN. : Victorin Lurel, Josette Borel-Lincertin et Victoire Jasmin ont publié « 37 propositions » pour tenter de peser sur la réforme constitutionnelle française. Le GUSR semble être muet sur cette question ?

G. L. : Nous sommes au GUSR dans une démarche d’évolution institutionnelle concernant la Guadeloupe. Le nettoyage de la constitution française, c’est un autre débat. Cela dit, nous sommes très surpris qu’une telle proposition vienne de Victorin Lurel. Il faut quand même se rappeler qu’il a toujours été l’opposant à toute évolution institutionnelle. Il a même construit son élection en 2004 à La Région parce qu’il s’était opposé à l‘évolution institutionnelle. Lorsqu’il était au pouvoir à la Région ou ministre, il n’y a jamais eu le moindre pas en ce sens. Aujourd’hui, on peut considérer sa démarche comme opportuniste pour essayer de reconquérir, mais il n’est absolument pas crédible quand il aborde ce sujet. De plus, je crois que les choses ont évolué. Il ne faut plus concevoir le problème de l’évolution constitutionnelle comme jadis. Aujourd’hui, il y a j’en suis convaincu, des problèmes de répartition de compétences. Tous les gros dossiers de la Guadeloupe : l’eau, les transports, les déchets, le développement économique, ont été transférés aux communautés d’agglo qui ont donc cette compétence, et on se rend compte qu’il ne peut y avoir de développement économique sans que ces différents problèmes ne soient résolus. On se trouve dans une grosse difficulté : les deux collectivités majeures ne peuvent pas intervenir directement, car c’est de la compétence des communautés d’agglo. Ensuite, il y a des éléments de proximité (ramassage des ordures, encombrants) exercés par les communautés d’agglo, sans que les maires puissent intervenir. Vous savez, je suis maire, mais j’ai aussi été président de communauté d’agglo et aujourd’hui 1er Vice-Président de la Région. Je me rends compte comment tout cela peut être pénalisant pour toute politique publique. Il faut que nous puissions très rapidement clarifier cela et aussi clarifier nos rapports avec l’État, avec la France, car qu’on le veuille ou pas, il y a de spécificités, une identité guadeloupéenne qu’il faut pouvoir mettre en avant, de manière à ce que cela puisse peser sur les politiques publiques en place. Car quels que soient les gouvernements en place en France, il y a toujours ce décalage entre nos réalités, nos aspirations et les contraintes de l’État.

CCN : Faut-t-il alors penser que les deux parlementaires du GUSR sont mandatés par GUSR pour ouvrir une discussion avec l’État français pour une possible évolution ?

G. L. : Il est vrai que nous travaillons sur des dossiers qui sont liés à l’évolution institutionnelle. L’avantage que nous avons, c’est que dans toutes les instances du pouvoir, il y a des représentants du GUSR. Il leur revient de faire prévaloir nos idées pour faire progresser sur ce plan.

CCN : PTOM ? Article 74 ? Indépendance nationale ? Autonomie ? Que souhaite le GUSR pour la Guadeloupe ?

G. L. : Il ne s'agit plus de se figer dans les articles 74 ou 73 de la Constitution française, articles qui sont parfois éloignés de notre réalité et de nos préoccupations.

Et de plus, ce serait présomptueux pour moi, sans le Congrès ou la Convention GUSR qui va statuer sur ces principes, de donner un point de vue. Mais en tant qu’homme politique, je suis conscient que les relations que la Guadeloupe et les différentes collectivités entretiennent avec l’État ne sont pas toujours les conditions optimales permettant un développement et un épanouissement de notre peuple. On le voit aujourd’hui, les problèmes récurrents de l’eau, de la chlordécone, des sargasses, du C.H.U. sont là pour nous le prouver et on sent que les Guadeloupéens se disent qu’il n’y a pas d’espoir à trouver des solutions. Le peuple n’a pas confiance. Parfois on critique l’État, mais d’autres fois les élus en charge des responsabilités. Il devient nécessaire qu’il y ait une clarification de manière à ce qu’on sache qui est le véritable responsable. C’est donc mon rôle, en tant que président de parti, d’aider à la réflexion, de porter cette clarification et de faire des propositions.

CCN : Face à l’inertie des partis politiques, le peuple guadeloupéen se sent un peu seul pour affronter toutes ces catastrophes (sargasses, CHU, Chlordécone, eau). Il y a une colère croissante qui peut déboucher sur un mouvement social.

G. L. : Oui, c’est vrai il y a une grande colère. Tous les ingrédients sont réunis en quelque sorte, il s’agit maintenant de voir quelles solutions, quelles propositions apporter. La complexité, quand vous êtes président de parti, ce sont les contraintes du quotidien de l’élu qui a aussi en charge une collectivité, c’est de pouvoir trouver le juste équilibre et prendre les bonnes décisions. L’exercice du pouvoir nous permet d’être au plus proche de la réalité, et cette, réalité aujourd’hui, c’est que ni l’organisation administrative, ni l’organisation politique ne nous permettent d’aboutir au développement de notre pays tel que je l’aurais souhaité. En tant qu’élu, je suis dans une démarche de responsabilité et j’invite aussi les Guadeloupéens à être aussi responsables. Trop souvent on trouve des exutoires en disant que c’est l’État français, ce sont les élus, ce sont les patrons ou les syndicats.

CCN : Quand le président du Medef, Bruno Blandin, laisse entendre presque clairement qu’il serait pour une « autonomie » : cela vous surprend-il ?

G. L. : Non pas du tout, car vous savez, quel que puisse être le nom que vous pouvez donner, si vous êtes en responsabilité en Guadeloupe, vous savez que le système actuel ne permet pas un réel développement.

 

Ary Chalus a adresse ses v ux aux personnels de la Region

CCN : En juin 2017, lors des 50 ans du Medef, Ary Chalus a annoncé que d’ici le début de 2018, toutes les dettes de la Région aux entreprises guadeloupéennes, seraient réglées. Ce n’est pas encore le cas, on a le sentiment que la Région a du mal à honorer ses créances…

G. L. : Il y a un certain nombre de problèmes de paiement qui sont injustement attribuées à la Région. J'ai dû dernièrement intervenir auprès du Préfet et du ministre des Dom pour leur demander de revoir les procédures. Un exemple : quand la Région veut attribuer une aide d’urgence aux agriculteurs ou aux pêcheurs, il y a toute une série de procédures pour que cet argent arrive à son destinataire. Comment expliquer qu’une aide d’urgence de l’après cyclone, plusieurs mois après, ne soit toujours pas réglée ? Il y a d’autres éléments qui sont liés à la performance administrative. Certaines décisions prises au niveau de la commission permanente ne se traduisent pas dans un paiement effectif et c’est cet élément que j’ai vu avec le président Chalus pour voir comment faire pour accélérer les paiements. Aujourd’hui, les problèmes de paiement en retard ne sont pas liés à une situation financière. Nous nous étions fixés comme objectif un délai de 30 jours pour un paiement et c’est très loin d’être le cas.

On vérifie, on contrôle, on re-vérifie. Moi, je dis qu’une fois une dépense engagée, il faut payer, à la limite, il faut contrôler avant, mais pas quand la dépense est engagée, c’est sur ce point qu’il faudra améliorer, car quels que soient les efforts faits, il n’y aura pas de lisibilité. Quand par exemple vous décidez d’accompagner une entreprise, une association ou un particulier, quand ils reçoivent l’aide prévue dans un délai de 3 à 6 mois, pour eux, ça n’a plus de sens.

CCN : Quelles sont, dans le fond, la nature de vos relations avec votre président. Est-il vrai, comme le disent certains de mes confrères, que vous contrecarrez souvent les décisions d’Ary Chalus ?

G. L. : Vous m’apprenez quelque chose ! C’est me donner beaucoup plus de pouvoir que je n’en ai. Je rappelle que Chalus est le président jusqu’à nouvel ordre. Il y a une parfaite collaboration et la présentation du PPI a bien prouvé qu’il y a entre nous une parfaite harmonie.

CCN : Très franchement, en 2021, vous serez candidat à la présidence de la Région. ?.

G. L. : (rires) Ce que je peux dire, c’est qu’il y aura d’abord des élections municipales, et ce sont ces élections dans un territoire comme la Guadeloupe qui déterminent les stratégies politiques.

CCN : Vous ne dites pas non… ?

G. L. : Je suis dans une équipe donc je ne suis pas candidat.

Interview live : Danik I Zandwonis

 

 

 

La Lettre de Sonia Taillepierre à Guy Losbar

 

Madame TAILLEPIERRE Sonia

Chemin Marcel de Reynald

Roujol

97170 PETIT-BOURG

 

 

Monsieur Guy LOSBAR

Président du G.U.S.R

                                                                                                            

 

 

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance les faits suivants afin que vous puissiez intervenir.

Élue en décembre 2015, je suis Présidente de la commission de tourisme du Conseil Régional.

Or depuis quelques mois je suis victime d’une campagne de discrimination visant à m’écarter systématiquement.

 

Quelques exemples :

 

Ecarté de la préparation En aval des visites des hôtels

Ecarté du projet Karukéra-Bay

Ecarté de la conférence de presse Pointe-à-Pitre/Atlanta

Ecarté de la présentation du P.P.I. (World Trade Center)

Écarté de la présentation du P.P.I. (à la plénière)

Ecarté de la visite de la Ministre de l’Outre-Mer au Jardin Botanique

Ecarté du Voyage destiné à promouvoir la Guadeloupe à Saint-Malo

Et j’en passe…

 

Le 16 Mars lors de la mise en place de l’E.P.I.C. du C.T.I.G. (Établissement Public Industriel et Commercial), à la demande du Président de Région j’ai fait acte de candidature. J’ai été brillamment élue.

Depuis je subis les foudres de celui-ci. En effet lors de l’assemblée plénière du Jeudi 29 Mars le Président m’a traitée dans son discours introductif de mouton égaré. Vous en êtes tous témoin.

Je vous demande Monsieur le Président du G.U.S.R. en votre qualité de chef de parti, principal soutien du Président Chalus, de faire cesser ce type de comportement, je ne me suis pas battue pour mettre à la tête de la Région Guadeloupe un dictateur et un gourou.

J’attends une intervention ferme de votre part.

Veuillez Monsieur le Président agréer mes salutations militantes.

 

Sonia TAILLEPIERRE

 

 

 

 

 

 

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

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