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France. Retraites : La bombe à retardement du gouvernement français

28 Jui 2018
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Pointe à Pitre. Jeudi 28 juin 2018. CCN. Raphaella Mélon fut 25 ans directrice de la CGRR en Guadeloupe. Et si elle continue à s’engager en supportant la cause des femmes et des jeunes, elle sort aujourd’hui de sa réserve pour dénoncer la façon dont le gouvernement entend unifier les régimes spéciaux de retraite.

Parmi ses propositions d’avant élection, le candidat du mouvement « En Marche » avait annoncé son souhait d'unifier les 37 régimes de retraite en France, en mettant en place un système par points. Début 2018, devant la Cour des Comptes il a assuré que cette réforme allait aboutir. Plus récemment Jean-Paul Delevoye le haut commissaire chargé de déblayer le terrain, en a dessiné les contours. Et même si contre toute attente, certains régimes spéciaux, comme celui des militaires, pourraient être conservés, la très grande majorité va disparaître ou être réformée comme pour la SNCF et la RATP.

Raphaella Mélon fut pendant 25 ans, directrice de la caisse de retraite CGRR en Guadeloupe, après 18 années de carrière au sein du groupe de mutuelles, à Paris. Elle est donc très attentive à cette évolution du régime des retraites et reste persuadée que le gouvernement « va droit dans le mur » dans son souhait d’unifier les régimes spéciaux. « Sur le fond la décision est nécessaire et a déjà été initiée pour certaines catégories professionnelles, mais présentée sous cette forme, elle ne peut que faire peur aux intéressés ».

 

Oui sur le fonds, non sur la forme

Les syndicats SNCF et RATP sont immédiatement montés au créneau mais ils ne sont pas les seuls, des professions moins impactantes sur le quotidien des français, comme les costumières de l’Opéra n’ont pas l’intention de perdre leurs avantages, car c’est bien ce qu’elles ont compris. « Et tout le problème vient de là, assure cette Guadeloupéenne d’expérience, elles sont arcboutées sur leurs « avantages » persuadées qu’on va leur supprimer. Les professions qui dépendent d’un régime spécial ne veulent pas finir dans un pot commun. Ou alors il faut y mettre la forme. Et les traiter de façon « spéciale » comme nous l’avons fait ici et nous avons réussi ». C’était à l’époque une demande de la France qui n’était pas évidente : il fallait convaincre des branches comme la banque, l’IEDOM, les notaires, les avocats et même la catégorie des ingénieurs des mines qui partaient à la retraite à 50 ans, de quitter leur régime spécial. « Nous avons étudié minutieusement le fonctionnement de chaque profession et en nous basant sur leur droit à un jour J, en les convertissant en droits ARRCO ou AGIRC, nous avons fait des propositions, sans qu’aucun d’eux ne se voit délesté d’un euro à la retraite. Ici cette révolution c’est faite en toute sérénité, car juste et justifiée. Seulement cela nous a demandé de gros efforts de préparation et surtout un vrai rapprochement avec chaque branche ». En d’autres termes, il fallait préserver l’acquis et le faire savoir.

Et c’est là, selon l’ancienne responsable de la CGRR, que le gouvernement fait fausse route : par manque de communication. Si les droits acquis donnent 25 points au salarié, il doit retrouver 25 points dans le nouveau système, même sur la valeur de point unique. Juste du bon sens et une sacrée bonne dose de persuasion.

Marie-France Grugeaux-Etna

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