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Guadeloupe. Crise du CHU : Gérard Cotellon arrive, Pierre Thépot est enfin balancé : ouf !

04 Juil 2018
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Pointe à Pitre. Mercredi 4 juillet 2018. Déjà en mars dernier, (article ci-dessous) CCN souhaitait le départ de Pierre Thépot. C’est donc désormais chose faite. Mais Il aura fallu près de 9 mois, que l’on s’aperçoive enfin qu’il fallait « virer » de la direction du CHU, un homme qui n’a jamais été au niveau requis pour gérer la catastrophe intervenue suite à l’incendie de novembre 2017. Le nouveau directeur, le guadeloupéen Gérard Cotellon, abymien de 58 ans qui vient d’être nommé à la direction du CHU de Pointe à Pitre, a été jusqu'à récemment encore directeur de cabinet des hôpitaux de Paris. Ayant commencé dans la santé, comme simple infirmier, devenu depuis un cadre de très haut niveau, c’est donc un homme d’expérience. On ne peut qu’espérer qu’il sera d’avantage que son prédécesseur à l’écoute des organisations syndicales et capable de mener à bien les taches immenses qui lui sont confiées. Il sera ainsi le directeur des 2 CHU : l’ancien et le nouveau, une double mission titanesque !

Pointe à Pitre. Samedi 10 mars 2018. CCN. Bref rappel. Le 28 novembre 2017. Un incendie se déclare dans un local technique du CHU. Les alarmes anti incendie ne fonctionnent pas, pas d’avantage que les extracteurs de fumée ou les porte coupe-feu. Courageusement le personnel présent se mobilise et arrive miraculeusement à extraire du CHU en feu les patients. Aucune victime n’est alors à déplorer. Cet incendie, finalement maitrisé après plusieurs heures, par le SDIS rend cependant le CHU totalement impropre à la pratique normale des soins. Pourtant le Directeur de l’ARS de l’époque, Patrice Richard et le Directeur du CHU, Pierre Thépot refusent obstinément d’évacuer totalement le Centre Hospitalier. C’est la mobilisation des syndicalistes de l’UTS-UGTG, la création d’un Collectif de défense du CHU, qui font que les choses commencent à bouger

5 mois perdus en atermoiements ? Pourquoi ce directeur nommé en avril 2017 n’a pas été sanctionné alors qu’il a prouvé qu’il n’était pas l’homme de la situation ? Va t- on enfin le remplacer ?

Fin Février. Le directeur de l’ARS Patrice Richard quitte ses fonctions. Un départ précipité qui ressemble davantage à une fuite, car au moment où le patron de l’ARS s’en va de la Guadeloupe les problèmes essentiels du CHU sont loin d’être résolus.

En réalité cet incendie, n’a fait que révéler au grand jour, ce que les syndicats ne cessaient de répéter depuis des années. Du seul fait des politiques budgétaires d’austérité des différents ministres français de la santé (, Xavier Bertrand, Roselyne Bachelot, Laurence Rossignol, Agnès Buzuyn) Le CHU de Pointe à Pitre est devenu au fil des ans, un hôpital de misère, un hôpital misérable.

Bien avant l’incendie de novembre, souvent les ascenseurs étaient en panne, la climatisation déficiente, les systèmes de sécurité obsolètes ou hors service. Alors pour calmer les esprits et ne pas répondre aux exigences répétées des syndicats et donc faire diversion, l’ARS fait depuis 2007 fait miroiter le projet d’un nouvel hôpital. Mais plus de 10 ans après, la construction de ce CHU reste une sorte d’arlésienne, d’autant que tout a été mis en place pour que son éventuelle construction échappe totalement aux entreprises de la Guadeloupe.

Depuis donc des mois, les syndicats, le personnel et une grande partie des médecins, ont engagé un bras de fer avec Pierre Thépot un directeur, totalement dépassé par l’actuelle situation. A aucun moment ce directeur, n’a été en mesure de prendre les bonnes décisions. Sa première grave faute a été la volonté obstinée de maintenir l’activité au sein du CHU alors que les conditions de travail étaient devenues quasi impossibles pour les soignants et dangereuses pour les soignés.

Pour preuve plusieurs médecins qui ont voulu continuer a exercer à l’intérieur du CHU ont été victimes de graves malaises et ont du abandonner leurs postes, l’air étant devenu quasiment irrespirable au sein du CHU. Les analyses commandées par la direction, dans un laboratoire anglais et non traduites n’ont été d’aucune utilité.

En fait la direction de l'hôpital a toujours totalement sous-évalué la gravité de la situation et n'a jamais été capable de prendre les mesures qui s’imposaient au moment ou il le fallait

Quelques semaines après l’incendie, alors que les syndicats ne cessaient de s’inquiéter de la dangerosité des bâtiments, l’absence de sécurité sanitaire exigeant d’une remis e aux normes du CHU, la direction a fait la sourde oreille et n’a pas été en mesure de redresser la situation en acceptant une évacuation totale de l’hôpital.

Près de 5 mois après le bilan est catastrophique. Le CHU ne répond pratiquement à aucune norme de sécurité sanitaire. L’offre de soins pour la Guadeloupe, est donc réduite au minimum et si rien n’est fait les Guadeloupéens se verront contraint de déserter le CHU.

Les services d’urgence, de réanimation enfants et adultes, voire de soins intensifs ne répondent plus aux exigences d’un vrai CHU. La situation s’est totalement dégradée et la direction s’est montrée été capable de gérer la situation post incendie.

Alors depuis deux jours il est question d’une « délocalisation partielle », mais cette décision tardive répond-elle vraiment aux besoins actuels ? Car il faut nécessairement et très vite nettoyer complètement le CHU, et remettre en ordre de marche tous les services, cette délocalisation partielle est-elle suffisante ? Les atermoiements du directeur, ont fait perdre du temps. On doit aussi s’interroger sur l ’attitude du ministère français de la santé : pourquoi avoir attendu plus de 5 mois pour se décider a activer le processus de délocalisation ? Le Directeur faisait il vraiment remonter toutes les informations ? L’ex directeur de l’ARS aujourd’hui délocalisé a t il fait son job ?

On s’aperçoit au bout du compte que Pierre Thépot n’a jamais été l’homme de la situation, il est donc temps qu’il s’en aille.

DZ (Mars 2018)

Pointe-à-Pitre. Mercredi 4 juillet 2018. CCN. C'est au mois de mars 2014, que Martin Hirsch le patron des Hôpitaux de Paris a décidé de nommer Gérard Cotellon comme directeur de cabinet.

L’abymien de 54 ans à l’époque avait pour mission d'être à l'écoute des responsables des 37 hôpitaux d'Île-de-France. 

En fait la carrière de Gérard Cotellon débute en 1984 en tant qu'infirmier à Raincy-Montfermeil. Puis Il occupe le poste de directeur de soins à l'hôpital de Versailles.

A la fin des années 1990, il revient en Guadeloupe où il travaille à l'hôpital psychiatrique de Montéran à Saint-Claude. 

En 2002, retour en France   il sera pendant quatre ans, à l'hôpital européen Georges Pompidou. 

Ensuite, il dirige les affaires médicales de l'hôpital de Gonesse, puis devient délégué de la Fédération Hospitalière de l'Île-de-France.

En 2014   il devient, directeur adjoint de cabinet de l'Assistance Publique – Hôpitaux de Paris un organisme qui regroupe 92 000 agents à temps plein et 20 000 à temps partiel., le   voilà de nouveau de retour dans son pays cette fois , à la tête du CHU de PAP ,un navire en perdition, Gérard Cotellon devra   le ramener à bon port

 

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