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Saint-Martin. Reconstruction et saison cyclonique : Pourquoi le timing de la Semsamar n’a pu être respecté ?

07 Sep 2018
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Marigot. Vendredi 7 septembre 2018. CCN. Tout juste un an après le passage du monstre cyclonique appelé Irma et dans un souci de transparence, la Semsamar s’est exprimée devant les médias. Cette conférence de presse, la 2ème depuis Irma, intervient - et ce n’est pas sans doute un hasard- quelques semaines avant la visite, du président de la République française. Mais sur le terrain, le chantier de la réhabilitation peine, les locataires sont impatients et souvent stressés car c’est déjà la saison des cyclones. Explications.

MarinaDe l’aéroport de Grand Case à la Marina de Marigot, les stigmates de Irma, sont non seulement encore très visibles mais interpellent sur le niveau de la reconstruction. Quand Macron reviendra à St-Martin fin septembre, s’il réemprunte le chemin qu’il avait suivi l’an dernier, lors de son passage, il verra par lui-même que l'île est encore très marquée et surtout fragilisée. Sur les chantiers de - réhabilitation améliorée - terme officiel désormais consacré, les ouvriers prestataires de la Semsamar venus d’un peu partout, sont très actifs, mais la reconstruction n’avance pas au rythme espéré.

Si l’on croit les éléments fournis par le staff technique de l’opérateur, dès le mois d’octobre 2017, une fois la question des secours immédiats résolus, la Semsamar a entamé les diagnostics. Il a fallu ensuite pas à pas faire des études de faisabilité, rechercher le financement et lancer les appels d’offres. 2 mois se sont écoulés.

Ce n'est qu'en avril 2018, que les marchés ont pu être attribués. La phase I de réhabilitation améliorée pouvait vraiment démarrer.

Dès cette époque, les techniciens de la Semsamar, se sont vite rendus compte que le timing prévu pour la réhabilitation ne pouvait pas être tenue. En d’autres termes des travaux qui ont réellement démarré en Juin, ne pouvaient en aucun cas être livrés fin août comme souhaité. C'est à dire avant la période cyclonique, car la Semsamar en dépit de sa volonté manifeste ne peut pas faire de miracles.

Les retards sont dus à des phénomènes qui ne sont pas imputables à l’opérateur.

D’abord à Saint-Martin, les effectifs pour ces travaux très lourds et très techniques, tant en qualité qu’en quantité, sont très largementTravaux SEM insuffisants. Les matériaux nécessaires arrivent au compte-goutte. L’approvisionnement se faisant par voie maritime, or le port de Phillipsburg (en partie hollandaise) est loin d’être à 100% opérationnel.

Autre contrainte, et non des moindres, la question du stockage des matériaux avec à la clé le risque de vols.

Tous ces paramètres ont considérablement freiné la mise en œuvre du processus de réhabilitation améliorée.

La Semsamar, a laissé entendre, qu’en dépit de ses efforts, cette phase 1 ne pourrait être achevée dans le meilleur des cas fin décembre 2018. Elle était espérée pour fin Août !

Quand donc Macron rencontrera, très prochainement les saint-martinois et les responsables politiques et autres, il se rendra compte qu'un an après Saint-Martin est encore dans la galère.

Si de son côté, la Semsamar s’active, mais dans une île dont 95% de habitations ont été sérieusement impactées, on ne réhabilite pas en un clin d’œil.

semsamar sept 2 1Le paysage urbain porte et portera longtemps encore les marques de cet ouragan dévastateur. Ainsi, les immeubles de la Semsamar, même s'ils ont mieux résisté que d’autres sont encore pour une grande part en voie d’être sécurisés. Les travaux de réhabilitation concernent principalement des appartements dont les toitures, les portes vitrées ou les closions ont été impactées.

D’un point de vue strictement financier, cette opération de réhabilitation du patrimoine propre de la Semsamar, atteint au total presque les 50 millions d’euros dont plus de 33 millions sont déjà engagés pour le seul patrimoine social. Mais pour assurer la réhabilitation de l’ensemble, il manque toujours 11 millions d’euros.

Il faut ici rappeler que 19, 7% des bâtiments ont été détruits ou très endommagés à Saint-Martin. Qu’au moins 4 établissements scolaires, la Préfecture, la Médiathèque sont définitivement perdus. Le chiffre avancé pour le total des pertes s’élèverait à Saint-Martin, à 1,17 milliards d’euros.

Et l’état n’a pour l’heure contribué qu’à hauteur de 500 millions d’euros, mais pour les 2 îles du nord.

De son côté, avec les financements déjà obtenus (32,4 millions d’euros), et les marchés passés avec les entreprises de Saint-Martin, de la Guadeloupe et de France, la Semsamar s’active pour achever la 1ère phase. Cela devrait être pour la fin décembre. La saison cyclonique qui s’annonce pour l’heure est relativement calme, en dehors des épisodes pluvieux. On peut penser que la seconde phase de réhabilitation, pourrait débuter au 1er trimestre 2019. Mais, il faudra encore de nombreuses années avant que St-martin, redevienne la « friendly Island » et le paradis des touristes. C’est une île encore blessée que Macron verra au cours de sa prochaine visite éclair.

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CCN

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