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Saint-Martin. Circus : Quelques jours avant le show Macron… un an après, la reconstruction

24 Sep 2018
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Marigot Mardi 25 septembre 2018. Emmanuel Macron à tenu au moins une promesse celle de revenir revoir l’ile ravagée, un an après sa 1ére visite. Mais au-delà du symbole et d’une visite dont il ne faut visiblement rien attendre ,comment expliquer où en est Saint-Martin un an après Irma sans expliquer où elle en était avant. La partie française de l’île est une collectivité d’outre-mer. Beaucoup imagine que vivre à Saint-Martin signifie profiter au maximum d’avantage hors du commun, aucune taxe, pas d’impôt, la possibilité de profiter du meilleur des deux systèmes qui coexistent sans jamais participer à l’effort national. La réalité est un peu différente.

Depuis 2007, la partie française de l’île est autonome dans bien des domaines. Elle s’est séparée de son île-sœur pour, pensait-on, à l’époque, faire le poids face à la partie hollandaise qui avait son propre gouvernement et qui imposait des normes bien moins strictes dans tous les domaines.

Cette autonomisation avait un sens. Passant les détails pour aller au but, la création de la Collectivité et cette nouvelle liberté n’a pas forcément était mise entre les mains des personnages les plus pertinents pour le bien de l’île.

IMG 7697Quand Irma a traversé le territoire, elle a soulevé les toits mais aussi les tapis… Une fois passé le choc de découvrir son environnement de vie en grande partie détruit, les habitants de Saint-Martin ont pris la mesure des manques, des légèretés, des incompétences…

Avant ça, on se maintenait tant bien que mal. Chacun essayait de tirer son épingle du jeu du mieux possible en jouant des usages en place. Ici, votre dossier va très vite si vous connaissez les bonnes personnes, si vous négociez les bons « deal » ou si vous avez le bon patronyme. A l’heure de la reconstruction, la partie française se retrouve face à un terrible dilemme. Saisir l’occasion pour tout remettre à plat et mieux s’organiser, arrêter là avec un système de connivence malsaine, pousser les dépenses dans le bons sens…

Ou, pour aller plus vite, pour suivre le voisin dans sa terrible course au tourisme de masse, continuer et mettre encore plus d’énergie dans ce système dysfonctionnel que tout le monde connait mais que personne ne nomme à voix haute.

Aujourd’hui, un an après Irma, le constat est dur, presque insoutenable. L’économie a du mal à repartir. Après les belles promesses, les fonds attendus ne sont toujours pas en totalité répartis sur le territoire. La rentrée a eu lieu dans desd5b80736 efe1 4ece b108 665db73ec33c conditions déplorables. Les enfants de Saint-Martin évoluent toujours dans des établissements dangereux pour certains et pour tous mal ou pas équipés. Une école ce n’est pas des murs…

Les assurances, dans bien des cas, ont demandé la révision des dossiers d’indemnisation. Pourquoi ? Les travaux ont été surestimés au-delà de l’entendement et les sociétés sollicitées pas toujours en règle. Des habitudes ont été prises bien avant le passage d’Irma. Prendre le pli de la mauvaise habitude est bien plus aisé que celui de la bonne. Qui est responsable de quoi ? Difficile à dire dans le détail tant la pelote est dense. Quelques certitudes, cependant, l’Etat a regardé faire. On a acheté la paix sociale.

Sous prétexte d’éviter que les quartiers « difficiles » ne s’embrasent, on a laissé l’île aux mains de personnes qui n’ont clairement pas su ou voulu faire son bien. Si les quartiers en question étaient si difficiles que ça, si la jeunesse de l’île était si gangrénée, il y a longtemps qu’elle se serait rebellée. Au lieu de cela, elle accepte et cherche ses propres solutions, la plupart du temps, sans trouver le soutien et l’écoute nécessaires. La Collectivité… On l’aura compris, on peut l’accuser, au mieux d’incompétence et au pire d’avoir délibérément entretenu des situations qui permettent à certains, choisis, de sortir leur épingle du jeu.

L’Etat comme la Collectivité se rejettent la faute au travers de joutes savamment orchestrées dans les médias. Quand on a demandé la place du leader, on est responsable du travail de son équipe et pas toujours pour le meilleur. Il faut l’assumer, c’est à cela que l’on reconnait les grands. Il n’est plus temps aujourd’hui de se crêper le chignon.

Et la population dans tout ça ? Elle a sa part de responsabilité. Quand on n’ose pas mettre les mots, quand on s’autocensure pour éviter de fâcher, quand on accuse un système pour ensuite l’utiliser même si « on n’a pas le choix », on est aussi un peu responsable de son malheur.

Samedi prochain, le Président de la République viendra faire une visite, un point d’étape. Un an après, la population attend de savoir ce que dira le Président. Et même si beaucoup n’y croient plus vraiment, un espoir demeure.

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Probablement parce que pour la plupart, sans cet espoir, il ne reste pas grand-chose.

Quand on vit encore sous une bâche et qu’on envoie son enfant dans une école à ciel ouvert, sans livre et sans la moitié de ce qu’ont tous les autres petits français, il faut croire en quelque chose pour se lever le matin.

 

Luke Hamilton 

Correspondant CCN

 

 

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