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Guadeloupe. Hommage à Robert Oumaou : Un air de Gwakasonné dans la tête

25 Sep 2018
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Pointe-à-Pitre. Mardi 25 septembre 2018. CCN. La disparition de Robert Oumaou, leader du groupe Gwakasonné est une grande perte pour le gwo ka. Frantz Succab qui l’à bien connu lui adresse ces quelques lignes.

SUCCABRobert Oumaou mort, je ne sais pas si je suis le mieux placé pour lui rendre hommage.

Je suis de ceux qui ne sont pas destinés à faire de vieux os en ce monde, presque « déjà solitaire parmi ceux de ma saison ». 

J’aurais tant préféré que les nouvelles générations en entendant le nom de Robert Oumaou s’inclinent immédiatement avec respect et en connaissance de cause, un air de Gwakasoné dans la tête... 

Oui, j’insiste, en « Connaissance » de cause, de l’homme, de l’œuvre. Je crois que mon vieil ami, jamais vraiment heureux, chassant les doutes comme des mouches tournant autour de ses certitudes, serait content, sans probablement le montrer.

Si jeunesse savait, si l’on ne la nourrissait pas de jour et de nuit, dans tous les fast-foods des mièvreries, ces mets qui aggravent l’oubli de soi et la perte d’appétit du beau et du sublime.

J’ai revu Robert ces derniers temps, après l’avoir perdu de vue pendant longtemps. Je voulais lui redonner quelque balan. Il le voulait aussi, me parlait de ses recherches musicales, me montrait la poésie qu’il écrivait. Il me disait son désir d’attenter musicalement au showbiz de merde qui n’en n’avait rien à foutre ici des efforts d’innovation artistique. En avait-il encore la force ?

Je le voyais contraint de se conjuguer au passé tout en rêvant de futur. Je le voyais perclus de douleurs physiques qu’il disait dues au chikungunia, mais dont je devinais qu’elles prolongeaient une autre, plus profonde, celle de ne plus trouver de place ou, tout du moins, la place que le pays lui devait.

Maintenant qu’il est parti, je comprends ce qu’il me disait vraiment : je sais de plus en plus lire les signes d’adieu chez ceux que j’aime.

Eh bien, pour le taquiner une dernière fois, je lui fredonne quelque chose d’un artiste ni guadeloupéen ni Gwoka, mais que je ressens profondément, Jaques Brel:

Ce soir comme chaque soir

Nous refaisons nos guerres

....

Nous parlons en silence

D’une jeunesse vieille

Nous savons tous les deux que le monde sommeille 

Par manque d’imprudence

...Je te dis mort aux cons

Bien plus cons que toi

Mais qui sont mieux portants

Je ne rentre plus nulle part

Je m’habille de nos rêves

Orphelin jusqu’aux lèvres

Mais heureux de savoir

Que je te viens déjà

Frantz SUCCAB

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