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Saint-Martin : Macron, le jour d’après..

03 Oct 2018
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Marigot. Saint Martin. Mercredi 3 octobre 2018. CCN. La semaine dernière Saint-Martin se préparait à la visite du Président de la République. Tout le monde se demandait à quoi il fallait s’attendre. On annonçait beaucoup de mouvements, la population est mécontente. Tout s’est parfaitement bien passé.  Reportage.

Tout était préparé, cadré, emballé. Aucun débordement et contre un selfie, on laissait volontiers tomber sa colère et ses sandygroundquestions dérangeantes. Il faut dire qu’il n’est plus temps de chipoter, il y a urgence. Il faut commencer à s’entendre et vite si on veut que les assurances suivent et que l’Etat paye.

Certains crieront au scandale, l’Etat tente encore de s’immiscer dans les affaires de la Collectivité, le fameux article 74 est bafoué ! En off, on est moins virulent toutes couleurs de peaux confondues.

Si Emmanuel Macron évoque une corruption et un système de connivence qui préexistait et qu’on ne peut imputer à Daniel Gibbs et son équipe, l’année qui vient de s’écouler a, au moins, montré qu’ils n’ont pas été capables de s’y attaquer sérieusement. S’il est vrai qu’ils n’ont pas eu beaucoup de temps avant Irma, les mauvaises langues diront qu’ils ont fait comme tout le monde après, favoriser les copains.

Laissons-leur le bénéfice du doute, attendons de voir ce qu’ils feront avec le renfort de l’Etat. Peut-être peut-on espérer voir disparaitre un certains nombre de postes, au sein de la Collectivité, qui font doublons ? Peut-être verrons-nous les écoles se remonter rapidement ? Peut-être verrons-nous de nouvelles entreprises remporter des marchés publics ?

marinaEn tout cas, en off, on espère que l’Etat n’aura pas réalisé qu’une opération de communication le week-end dernier. Car il semblerait que le Président et son équipe soient passés pour remettre quelques pendules à l’heure, des points sur le i et même des barres sur les t ! Interpellé par une enseignante qui demande où sont passés les fonds promis puisque la Collectivité dit ne pas avoir tout reçu, le Président de la République demande à Daniel Gibbs de le rejoindre pour s’expliquer comme on appelle un enfant qui vient de faire une grosse bêtise.

Tout au long de sa visite, il n’a cessé de pointer du doigt les dysfonctionnements et le modèle vicié que nous évoquions la semaine dernière. Il va même jusqu’à critiquer vertement le fonctionnement de la Semsamar, principal bailleur social de l’île dont « la patronne » gagnerait plus d’un million par an. Autant dire qu’on s’étouffe en entendant, à voix haute, le montant en question. La somme est énorme et elle rend presque sourd, on peine même à imaginer ce que cela représente tant il y a de zéro !

Mais ce n’est pas ça qui étouffe. Ce qui passe de travers c’est que c’est un secret de polichinelle ! Cette information tourne lors de toutes les conversations qui s’enveniment sur l’île depuis plusieurs années.

Alors, une grande partie de la population qui s’exprime en IN ou en OFF se félicite d’avoir enfin un Président qui dit les choses. Il est vrai qu’il y a là un phénomène rafraîchissant, une jolie petite brise bien fraîche. Mais Saint-Martin va avoir besoin de bien plus qu’une brise pour se débarrasser de ce qui l’empêche d’avancer. Le Président Macron a réalisé une magnifique opération de communication, une opération très paternaliste qui positionne l’Etat comme l’unique alternative.

Sans aucun doute, à l’heure actuelle, la situation économique et politique de l’île ne nous permet pas de jouer les enfants gâtésbaienettle3 et trop fiers. Nous pouvons blâmer les politiques autant que nous le souhaiterons, nous avons les gouvernants que nous méritons. Nous avons laissé faire et maintenant, il faut faire intervenir papa ! Nous avons besoin de cette intervention mais ne nous aveuglons pas. Soyons lucide. Nous devons accepter l’aide, il nous faut l’appeler mais gardons à l’esprit que tout a un prix. L’opération du week-end dernier avait pour vocation de créer un consensus autour des futures actions de l’Etat.

Pourquoi un consensus ? Parce que l’Etat va reprendre la main sur des compétences qu’il avait perdues avec l’article 74.

Nous n’avons pas été assez matures pour créer un projet de société vertueux mais aujourd’hui, il nous faut grandir vite pour devenir des acteurs actifs de notre destin. _

LH

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