Breaking News

Saint-Martin. Semsamar : Danger ! un Macron-codile dans le marigot !

19 Oct 2018
5631 fois
Laurent Boussin ex SEMAG - Futur directeur de la SEMSAMAR ? Laurent Boussin ex SEMAG - Futur directeur de la SEMSAMAR ?

Marigot St Martin. Vendredi 19 octobre 2018. CCN. Emmanuel Macron serait-il le nouveau « Jacques Foccart » du 21ème siècle ? En tout cas ça y ressemble drôlement. Le chef d’état français, use de tous les moyens pour « récupérer » la Semsamar. Après ses déclarations accusatrices visant la DG faites lors de sa visite dans « la friendly island ». CCN est en mesure d’affirmer qu’un autre mauvais coup se prépare. Sur ordre de l’Elysée, dans quelques jours Marie Paule Bélenus Romana l’actuelle patronne de la Sem, devrait être « révoquée » par le Conseil d’administration. Son successeur est déjà connu, il s’agit d’un français résident : Laurent Boussin, actuel DG de la SEMAG. CCN révèle les dessous de ce coup tordu digne de l’époque Foccart, appelé le Prince des ténèbres, secrétaire générale de l’Elysée dans les années 70, lequel avait créé La FrancAfrique pour De Gaulle. Macron vient de s’inventer la FranCaribe !

SEMSAMAR Jacques Foccart le prince des tenebres 

Acte 1 : se débarrasser d’un acteur gênant 

La Semsamar fait encore parler d’elle et cette fois c’est bien à un remake antillais de David contre Goliath auquel on assistera. La Semsamar David donc, du haut de son capital de 76 Millions d’euros, ses 20 filiales multi-activités réparties sur les Antilles-Guyane fait pourtant figure de colosse aux pieds d’argile fasse à l’état Macronien, Goliath. 

Ces derniers jours les murmures se font de plus en plus insistants, la société Antillo-Guyanaise née à Saint-Martin il y a 33 ans aiguise les féroces appétits de l’Etat. Marie-Paule Bélénus-Romana, la Directrice Générale de la Semsamar sera bientôt révoquée au cours d’un Conseil d’Administration. Après avoir avancé que son remplaçant pourrait être Laurent Martens, l’ancien directeur du port pourtant exilé en France et dont le rêve est de revenir en Guadeloupe aux responsabilités, ce serait selon nos sources finalement l’actuel Directeur Général de la Semag, un certain Laurent Boussin, mis à disposition par la SCET et qui se fait voir avec sa « négresse » histoire de faire très Gwada ! Les préjugés ont la peau dure mais dans les deux sens ! Ce « déchoukaj », derrière des allures d’expédition punitive pour la DG, cache difficilement en réalité le retour en force avec Macron d’un modèle colonialiste bon teint, bien inspiré par des méthodes de Foccart ! !

Au prétexte des affaires (nous y reviendrons) dignes d’une série juridico-financière sans fin, le gouvernement prévoit de faire la peau à la Semsamar ou plutôt de faire main basse sur la Semsamar. Et tout s’explique enfin ! L’Etat veut reprendre la SEM pour en faire son outil de développement au détriment des Régions d’Outre-Mer. L’idée est simple, virer les dirigeants antillo-guyanais et les remplacer par des envoyés de Paris avec les mêmes salaires soit-disant dénoncés voire plus ! Et pour cause.

Le sujet Semsamar revient régulièrement sur la table. Corruption, salaires astronomiques, rapports creux mais accablants, attaques ministérielles…quand on veut noyer son chien on dit qu’il a la rage ! Surtout si le chien en question est Antillais et qu’il aboie un peu. Mais les journalistes ne se risquent pas à dévoiler la vérité de cette affaire car elle est complexe à comprendre. L’os donné à ronger faisant son boulot de diversion. L’os ce sont les fameuses affaires.

La preuve par l’exemple. Au lendemain de la visite de Macron aux Antilles, le 3 octobre dernier, l’ancien ministre du logement, Jacques Mézard, en pleine présentation aux Sénateurs de la loi Elan qui comporte un volet de restructuration du logement social, fait référence au fameux salaire de 1,2 millions d’euros de la DG de la SEM pour justifier une reprise en mains de l’outil alors qu’il sait que ce salaire a été réduit depuis 5 ans au même niveau que les sociétés d’Etat (nous y reviendrons) ! Il est vrai que le Président de la République à Saint-Martin s’était aussi montré lourdement insistant sur la Semsamar 

Le Grand Président de la République s’est longuement abaissé à s’auto-saisir de ces dossiers cuisants et faciles, jetant pêle-mêle aux feux de la vindicte populaire l’irréalisable fin de la reconstruction des logements sociaux au 31 décembre sous peine de poursuites pénales alors que les écoles ne sont pas reconstruites, et que d’ailleurs, au bout d’un an, l’Etat n’a réussi à re-construire vite fait pour l’arrivée de Macron une préfecture provisoire en algecos customisés pour cacher la misère avec un petit billet de 2 Millions d’euros au passage. Mais le grand patron l’a dit si les travaux ne sont pas achevés à la fin de l’année les poursuites seront lancées contre les bailleurs sociaux, suivez mon regard. On y revient. Décidément une idée fixe pour l’Etat qui s’échine depuis 6 ans en procédures judiciaires inabouties qui décidément ne livrent rien, mais il est aussi vrai que qui cherche finira peut-être par trouver, d’où l’acharnement en contrôles et procédures par les ronds de cuir de Bercy et autres chambres savantes de la République. L’affaire Cahuzac, par exemple, après les révélations du « canard enchainé » en 2012 avait pris 3 ans avant sa condamnation en 1ère instance. Pourtant l’affaire Semsamar, 6 ans déjà bientôt 7, a été délocalisée en France pour éviter toute blague de mauvais gout au sujet de la lenteur supposée aux Antilles. Cette fois c’est en France que ça traine parce que quand on ne trouve rien, il faut chercher plus. D’ailleurs, le Président de la République trouvant que du côté de la Justice on ne trouve pas assez vite a annoncé qu’il allait accélérer les procédures judiciaires. Du jamais vu ! Le voilà procureur maintenant. 

Il ne s’agit pas pour autant de blanchir les dirigeants de la SEM, le très fameux Jean-Paul Fischer et la désormais Dame à Millions, Marie-Paule Bélénus-Romana. 

Retour sur l’époque Fischer qui lui a bien arrangé l’Etat lorsque qu’il a fallu construire et équiper en aménagements structurants St-Martin. Qu’on l’avoue clairement, il a tout fait lorsque l’Etat n’en avait rien à faire. Après, l’homme que l’on présente souvent comme un ancien Barbouze à ses méthodes, on n’en disconviendra pas, quoique si cela est vrai, il a au moins eu pour « complices » ceux qui se sont tus à l’époque parmi ces messieurs de la Préfecture. Il est tombé pas loin de la prescription des faits interdisant toute poursuite judiciaire et sa mise en examen ne porterait que sur la fin de son règne faute de mieux. 

C’est parce qu’à l’époque la Semsamar n’intéressait pas vraiment l’Etat. Or au prix d’un développement stratégique inédit pour une Société d’économie Mixte sous le soleil, la SEM s’est développée en un bijou qui vaut très cher. Pire depuis 2009, avec l’arrivée de Marie-Paule Bélénus-Romana à sa tête, la société a pris une envolée que d’aucun n’aurait pu prévoir ce qui a valu à la DG de récolter de juteuses primes d’intéressement pendant 3 ans portant ses revenus à 1,2 millions d’euros, sans vol ni escroquerie puisque ce salaire a été validé par le conseil d’administration. Aujourd’hui pour que l’Etat mette son plan à exécution il est urgent qu’il se débarrasse de la DG avec l’aide d’un allié précieux, la Collectivité de Saint-Martin qui a un revolver collé à la tempe à défaut de poches pleines. 

Acte 2 : le chantage fait à la COM pour « récupérer » la SEMSAMAR

Aujourd’hui, la Semsamar appartient en majorité à la Collectivité de Saint-Martin, qui possède 51 % des parts. Or, la COM, déjà fortement endettée on le sait, est aux abois et a désespérément besoin d’argent frais et d’un soutien fort de l’Etat français pour réaliser la reconstruction de son territoire. Jusqu’ici, l’Etat a surtout beaucoup promis et peu donné ou pas du tout en tous cas pas pour rien alors. En contrepartie du déblocage des 6 Millions d’euros au logement social, l’Etat pose une condition. La COM doit renoncer à percevoir pendant 3 ans ses dividendes de la Semsamar.

La COM a donc besoin de l’Etat car son affranchissement du joug du statut de « Dom » au profit de celui de COM (Collectivité d’Outre Mer sur le fondement de l’article 74) lui coute très cher. La liberté à un prix que la COM n’a pas les moyens d’assumer puisqu’elle n’a pas eu la compensation due lors du transfert de compétences. Le dernier rapport de la Chambre territoriale des Comptes le reconnaît timidement mais la question de la dotation globale de compensation des charges transférées lors du passage à la Collectivité a fait perdre à St Martin 11 Millions d’euros par an. La COM, endettée en naissant se retrouve à genoux et sans moyens pour se reconstruire.

Comment faire, à part vendre les bijoux de famille ? Pendant la visite présidentielle, on a bien ressenti le malaise. Le samedi à Saint-Martin, le Président Macron fustige le Président Gibbs, le prenant à partie devant la population, trop contente de pouvoir légitimement se plaindre des dysfonctionnements dont l’Etat est co-responsable, quoiqu’il en dise ou cherche à nous faire avaler. Il réclame effrontément et sans vergogne au Président Gibbs des comptes sur l’argent qu’il sait ne pas avoir versé. Le Président de la Collectivité semble à ce moment-là abasourdi par tant de toupet mais se contient et respecte l’institution jusqu’au bout. Le protégé de Sarkozy a du se sentir bien seul mais a été aussi courtois que possible quand on reçoit à diner des impolis sans éducation ni respect. Le lendemain Dimanche, lors de sa conférence de presse, sans s’excuser de son mensonge Macron semble faire du rétropédalage et promet à Gibbs de l’aider à « changer la Semsamar ». Les élus St-Martinois n’en attendaient pas tant et de l’aide pour reconstruire St Martin leur aurait été plus utile. Semsamar l’idée fixe de Macron. Quel deal a été fait ? 

Pas compliqué « Gibbs donne » la tête de la DG sur un plateau, la COM vote la révocation de la DG et en échange l’Etat aidera à reconstruire St Martin sinon…Bienvenue en Macronie ! Mais reste une question : pourquoi Macron veut-il récupérer la SEM ? Sa dévotion à caresser les jeunes St Martinois et à faire des bisous à tout va ne pourrait le justifier pleinement.

Acte 3 : Récupérer nos bailleurs sociaux et les privatiser ensuite. 1er tombé : La SIG n’est plus !

Il faut dire que Marie-Paule Bélenus-Romana dérange ce qui ressemble à une OPA (Offre Publique D’achat) agressive que l’Etat macronien a lancé dans les colonies - en faisant la SNI (Société Nationale Immobilière) reprendre la SIG. Sait-on que la SIG n’est plus Guadeloupéenne mais française ? Le plan prévoit ensuite d’avaler la SEMAG et la SEMSAMAR et de les fusionner en un unique opérateur. La SNI qui depuis est donc devenue la CDC Habitat. (CDC pour Caisse des Dépôts et Consignations.) La CDC est actionnaire de la Semsamar et détient 13 % des parts. La DG est un élément gênant dans la stratégie de l’Etat pour récupérer l’ensemble des bailleurs sociaux sous la CDC Habitat Antilles-Guyane. Mais personne n’est dupe. Macron a lancé une vaste opération de privatisation du patrimoine franco-français en ouvrant aux privés, par ex le capital d’Aéroport de Paris ou la Française des jeux. Au niveau français pour les bailleurs sociaux la baisse de l’aide au logement suffit pour assécher la trésorerie des bailleurs ce qui permettrait à l’état-crocodile de faire une belle opération financière et cela à moindre coût. La COM de Saint-Martin s’apprête donc à perdre son fleuron d’ingénierie pour 3 euros 6 cents, qui est pourtant parvenue à s’exporter. 

Quant aux autres territoires, les élus risquent de se trouver coincés. LA SEM on le rappelle n’est pas qu’un bailleur social elle réalise pour le compte des collectivités de nombreuses opérations immobilières. L’aménagement de leurs territoires sera désormais aux mains du bon vouloir de l’Etat colonial Une corde de plus au cou après avoir décidé de supprimer l’abattement fiscal de 30 %.

Le complot colonialiste est donc à l’œuvre. Cette fois c’est grave car l’Etat français n’a pas l’intention de donner de sikamant à sucer ; c’est grave parce que, bien que peu favorable à l’indépendance de la Guadeloupe, c’est honteux que l’Etat veuille prendre la ferme, la fermière et la vache sans rien lâcher ! Trop c’est trop !

La Semsamar c’est surtout la démonstration de notre compétence, foulée aux pieds et vilipendée par Macron qui fait comme si avant son arrivée les représentants de l’Etat n’existaient pas sous les cocotiers et qu’il a inventé le concept. Non ! l’Etat a toujours été présent et a toujours, soit cautionné, soit fauté, en ne sanctionnant pas si faute il y a eu. La responsabilité est partagée au nom du principe de continuité de l’Etat. Les cadres de la Semsamar sont majoritairement des Antillo-Guyanais compétents et excellents dans leur domaine. Cela aussi a semblé gêner le Président Macron qui s’est livré à des insinuations surprenantes vues lors de sa conférence de presse du 30 septembre. C’est le jeu subtil et manipulateur de l’Etat colonial qui nous conduit peuples sous domination à l’auto flagellation ; ces méthodes d’un autre temps ont justifié les crimes de traitrise les plus infâmes et de faire perdurer leur sentiment de domination sur les populations naïves de continuer de leur accorder du crédit à leur détriment.

Le préfet délégué à la reconstruction devenu préfet de Guadeloupe toujours en charge de la reconstruction à St martin (reprise sous croupe) a presqu’accompli sa mission. On lui avait sans doute dit Konplo a neg sé konplo a chyen mais il était loin d’imaginer que ce serait aussi facile. 

Acte 4 : Que peut-il se passer ?

Les révélations de CCN, sur la méthode foccartiste de Macron ne peuvent pas laisser le pouvoir colonial dormir sur ses deux oreilles.

Vont-ils alors changer leurs plans et opter pour une solution antillaise à la tête de la Semsamar ? Cela suffirait pour endormir ceux qui disent à tout bout de champ oui bwana ! Mais la finalité resterait la même ! Le piège savamment tendu se referme dans le silence assourdissant des serviteurs de Macron, têtes penchées…la main sur la couture du pantalon !

ENCADRE

Une DG à 20 000 euros par mois : info ou Intox ?

Pour bien comprendre, il faut se souvenir que la SEMSAMAR en tant que société d’économie mixte a une partie de ses activités qui relève du privé et une autre du public comme le logement social. L’organisation d’un groupe oeuvrant à Saint-Martin, en Guadeloupe, Martinique et en Guyane en fait un modèle d’outil économique intelligent atypique, rentable et adapté à nos régions. Aussi, historiquement, les Dirigeants de la SEM avaient ce panachage dans le calcul de rémunérations sans plafonnement de l’intéressement. Du coup, si la société gagnait beaucoup ils gagnaient beaucoup d’argent aussi. A son arrivée en 2009 au poste de Directrice Générale, Marie-Paule Belenus -Romana est la première à critiquer ce système qu’elle juge perfectible et qu’elle souhaite plus transparent. Cette histoire-là tout le monde la sait et personne ne l’a dit. 

Les administrateurs de l’époque, qui valident les rémunérations, n’en font pas une priorité. Le rapport de la Miilos en fait, elle, le sujet. Et pour cause. Un vrai scandale. Comment, limite une bananeraie comme celle-là peut rapporter autant de fric à la barbe et au nez d’Enarques et Polytechniciens qui cette fois n’était pas à la table du gâteau. ? On commence à y venir. Entre temps le système d’intéressement est revu et limité, Marie-Paule Bélénus-Romana ne gagne plus que (ce qui n’est pas mal tout de même) 20 000 euros par mois soit 1000 euros, 1 smic par filiale dirigée, ce qui lui coûte une responsabilité pénale multipliée par 20. Ses nuits doivent être difficilement paisibles. Réputée bosseuse invétérée et au franc parler musclée, malgré les meilleures performances du monde sa rémunération ne pourra jamais dépasser, partie fixe comprise 400 000 euros par an comme pour les sociétés d’Etat. En effet, les administrateurs, ont décidé d’appliquer les barèmes de l’Etat alors que la Semsamar n’est pas assujettie à ce régime. Donc résumé, oui elle a gagné environ 1 million pendant 3 ans donc la moitié au moins a fini dans la poche de l’Etat. Les nombreux contrôles fiscaux auxquels a eu droit la DG n’ont rien trouvé de grave sinon nous l’aurions su avec une célérité sans commune mesure avec celle dont manque l’Etat pour fixer les indemnisations dues aux ravages de la Chlordécone ou pour prendre en charge le ramassage des sargasses en mer au lieu de les laisser s’échouer sur le rivage pour le compte des communes de Guadeloupe. 

Toutes ces précisions, pour dire que le sujet de la rémunération des cadres de la Semsamar n’est plus un sujet depuis longtemps et cela l’Etat le sait, le Président de la République le sait, le Ministre du logement le sait parfaitement. D’ailleurs les rapports de la Chambre régionale des comptes et ceux de l’Ancols n’ont rien trouvé à redire non plus. Lorsque la Justice se décidera à retrouver sa langue peut-être … qui sait 

 

 

Évaluer cet élément
(39 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires