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Guadeloupe. Inédit : Delgrès sur scène à l’Artchipel, un concert historique !

19 Nov 2018
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Basse-Terre-Capitale. Lundi 19 novembre 2018 CCN. Pascal Danae, auteur, compositeur, musicien multi instrumentiste d’origine guadeloupéenne, a crée il y a quelques temps ‘ « Delgrés » un groupe musical dont le nom symbolique, puisqu’il renvoie à l’histoire de notre pays. La musique de « Delgrés », un blues créole et caribéen avec parfois des accents de funk est d’une grande originalité d’autant que tous les textes sont en « kréyol gwadloupéyen ». Leur 1er CD « mô jôdi » cartonne déjà. Avant le concert unique qui sera donné a l’Archipel ce samedi, Pascal Danaé répondu aux questions de CCN.


CCN : Il y a 2 héros majeurs dans la lutte en 1802 contre le rétablissement de l'esclavage en Gwadloup, IGNACE et DELGRÈS. Pourquoi plutôt Delgres ?  

Pascal Danaé. J’ai découvert cet épisode de notre histoire par Louis Delgres. C’est plus tard que j’ai appris l’existence des autres héros. Donc tout naturellement c’est la figure de Delgres qui a laissé sa plus forte empreinte en moi.

CCN : Comment expliquer votre choix de chanter en créole, alors que vous vivez en France et que votre premier public est franco-français ?

PD. Quand j’ai commencé à écrire les premières chansons, j’avais surtout besoin de me retrouver et de connecter avec ce que j’avais de plus personnel. Le créole était pour moi porteur d’une intimité lié à mon enfance et à ma famille. C’était sur ce mode là que je voulais m’exprimer sans me soucier de la façon dont cela allait être reçu. Plus qu’une langue le public veux de la sincérité. Et la seule façon pour moi d’être totalement sincère dans ce projet était de reconnecter avec ma famille et mes ancêtres par le créole.

CCN : Quand vous allez dans des festivals étrangers (Montréal) comment vous vous définissez ? Artiste français ou gwadloupéyen ?

P.D. Les deux

CCN : Quels chemins musicaux avez-vous traversés pour arriver à ce « blues créole » ? 

P.D.Quand j’ai commencé la guitare je jouais beaucoup de Folk, même si bien sûr on écoutait beaucoup de choses à la maison. Cela allait du classique au Rock. Du gwoka à la funk...

Puis j’ai joué beaucoup de Jazz mais aussi avec des musiciens africains.

Le choc du blues est passé par des DVD sur le blues produit par Martin Scorsese. C’est par cette porte que je suis entré dans ce monde et que j’ai découvert tous ces immenses artistes. La nostalgie qu’ils véhiculent a raisonné avec ma propre nostalgie et les pièces du puzzle ont commencé à se mettre en place pour arriver à ce blues créole.

CCN : Les choix de vos instruments n'est pas anodin : guitare dobro et sousaphone, pourquoi ? 

PD. La guitare dobro à cause du lien évident avec le tout premier blues. Et Le sousaphone à cause de son lien avec la Nouvelle-Orléans. C’est l’instrument noble de la rue qu’on trouve aussi dans le carnaval aux Antilles. Il est lié à une époque où le Jazz naissant était encore très caraïbe même par la rythmique. Il suffit d’écouter des enregistrements très anciens pour se rendre compte de la force de ce lien qui unit la caraïbe à la Nouvelle-Orléans. Le sousaphone fait ce lien

CCN : Comment vous situez vous par rapport aux musiques de votre pays d'origine : Gwo ka , biguine, Zouk ? Vous les avez étudiées ?

PD. Je connais toutes ces musiques sans les avoir étudiées car j’ai grandi avec. Mais j’ai aussi grandi en France J’ai vécu à Londres, Amsterdam, j’ai voyagé et toutes ces expériences font qui je suis. La musique de Delgrès est ma vision très personnelle d’une certaine expression créole et Caraïbes. Un aspect qui n’a pas beaucoup été exploité jusqu’à maintenant, c’est-à-dire un blues féroce à la limite du rock.

CCN : Vous serez à l'Artchipel en Guadeloupe cette semaine, que représente pour vous, au niveau du symbole, ce concert unique ?

P.D.C’est un premier pas très important. Je sais que ce premier concert sera émotionnellement très fort et je pense bien sûr à mes parents. Combien ils seraient heureux de savoir que je retourne au pays proposer cette musique d’identité et d’ouverture

CCN : Votre titre lead "Missile prézidan" est une supplique ou une contestation ? En quel état d'esprit avez-vous écrit cette chanson ? et l'album "mô jôdi" ? 

PD. Ni l’un ni l’autre. C’est un petit rappel avec le sourire à nos politiques qui ne peuvent pas indéfiniment promettre des choses et faire le contraire une fois élus. Une façon de leur dire que les électeurs ne sont pas dupes même si bien des fois ils en donnent l’impression !

 

CCN : Vos musiciens Baptiste Brondy et Rafgee, comprennent ils le sens de vos textes ?

P.D. lis ne sont pas mes musiciens car nous sommes un vrai groupe. Je suis leur chanteur. Ils comprennent le sens général et parfois me demandent de traduire tel ou tel passage. Ils ressentent tout cela d’un point de vue bien sûr très musical et sont très sensibles à l’hommage rendu à la culture Caraïbe qu’ils affectionnent particulièrement.

CCN : Comment comptez-vous concilier Rivière Noire et Delgres ?

Pour l’instant je me concentre exclusivement sur Delgres. Il y a énormément à faire !

CCN : Chaque année il y a en Gwadloup, "Terre de Blues" un important festival musical, vous y serez en 2019 ? 

Je connais ce festival et j’adorerais pouvoir participer d’autant plus que mon père était de Marie-Galante. Je pense que notre calendrier ne nous permettra pas d’y participer en 2019 mais on prépare d’autres choses en Guadeloupe et avant même de venir au pays j’ai hâte d’y revenir !

 

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Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

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