Breaking News

Guadeloupe. Médias : Pourquoi Bernard Mirre alias « Chicanos » devra faire ses bagages de Canal 10 !

13 Mar 2019
12843 fois

Pointe-à-Pitre. Mercredi 13 mars 2019. CCN. Il est un peu plus de 17 heures ce jeudi 7 mars 2019 quand subitement un animateur de Canal 10 connu sous le pseudonyme de « Chicanos » se met, sans raison apparente et avec une violence verbale inouïe, à invectiver ses collègues, les traitant « d’énergumènes » et annonçant à grand fracas son départ immédiat et donc irrémédiable de la chaîne. CCN n’avait pas souhaité s’attarder sur cette pitoyable affaire, mais les derniers remous causés par cet événement médiatique nécessitent quelques explications.   

L’extrait-vidéo ayant été peu après mis en ligne sur les réseaux sociaux, les fans de l’animateur (car il y en a !) abusés par ce coup de bluff en mode bad-buzz, ont tous pensé que le pauvre animateur était la victime d’une injustice. Des dizaines de messages ont afflué sur les réseaux pour voler à son secours. D'aucuns ont même voulu lancer une pétition sur Facebook appelant, ni plus ni moins, à boycotter Canal 10 et exiger de la direction, le retour du pseudo-martyr.

Mais tout cela n’était en fait qu’une supercherie. Chicano n’a jamais vraiment souhaité partir de Canal 10.

Que s’est-il donc passé ?

On ne le saura que plus de 72 heures après. Le samedi suivant, la direction de Canal 10 convoque le dénommé Chicanos pour une première explication. Le lendemain, dimanche après-midi, une réunion exceptionnelle est annoncée avec l’ensemble du personnel de la chaîne. Une grande partie de l’équipe espère une explication et surtout des excuses car personne n’a été capable de trouver une justification rationnelle à des propos totalement irresponsables et un comportement inacceptable dans un « direct-télé ». C’est du moins la tendance générale en interne.

Certains pensent que « Chica » a pété les plombs. Était-il lucide quand il fit cette sortie ou avait-t-il abusé de quelque chose ? Personne ne peut valablement répondre à ces interrogations. Donc les bruits les plus fous circulent sur les réseaux. Ainsi naît l'affaire Chicanos-Canal 10.

Il est un peu plus de 16 heures quand l’animateur qui a pris le melon « débarque », flanqué de sa compagne, dans les locaux de Jarry. Auparavant, Liza Rodriguez, la directrice générale s’est fendue d’un petit discours apaisant en mettant l’accent sur la « liberté de ton » et le « respect » de ce qu’elle nomme la « famille Canal 10 ».

Une fois installé face à ses collègues attentifs, Chicanos vocifère, éructe et se lance dans des gentillesses à tire-larigot : « vous êtes tous des hypocrites ! », « Fuck up ! »...

La fièvre monte, certains participants se sentant agressés et pas d’humeur à en prendre davantage, quittent fissa la réunion. N'en jetez plus, la coupe est pleine !

Chicanos, lui est loin de se calmer ; il poursuit derechef dans l'invective et l'auto-justification qui tourne à l'obsession. Bernard Mirre serait-il un pervers narcissique auto-satisfait qui marche dans les bottes d'un mégalo ? Cela devient pathétique. Il révèle même à l'assemblée qu’il avait demandé le licenciement de la jeune responsable de C10 FM (Canal 10 la radio).

Stupéfaction. Personne ne pouvait imaginer qu'en dehors des responsables de la chaîne, Chicanos pouvait lui aussi demander et obtenir le licenciement d'une consœur. De qui détient-il ce pouvoir se demandent ses collègues présents ?  

Chicanos complètement incohérent peine à convaincre. Quand on lui demande avec insistance s’il pourrait déraper de nouveau, il botte en touche, invoque Dieu puis repart de plus belle dans une volée d'insultes. Personne ne semble en mesure de l'arrêter.

Au cours de son inqualifiable délire, Bernard Mirre- révèle que Trace TV lui aurait fait une offre mirobolante qu'il a décliné fort de son attachement à Canal 10 ! lol

Il faudra plus d’une heure d’un inconsistant galimatias pour qu’on commence enfin à cerner les raisons de la « colère ». L'animateur imbu de sa personne déplore le fait que depuis des mois, ses émissions à la radio sont systématiquement « sabotées ». Les « Live » sur Facebook ou les appels téléphoniques sont ignorés.

Tout d'un coup, boum ! Le melon explose et désigne l’auteur de ces nombreux « sabotages ». C‘est la responsable de C10 FM. La malheureuse qui souhaite rester « anonyme » (et je la comprend !) prendra la parole pour s’expliquer et même s’excuser si besoin, mais l’irascible et colérique Chicanos ne veut rien entendre, ne veut rien savoir.

Le climat de la réunion s’alourdit. La star cathodique auto-proclamée refuse d‘admettre qu’il a lourdement fauté, qu’il n’avait aucune raison de « casser » ainsi Canal 10. Il n’arrive pas à comprendre que son « pétage de plomb » en direct dessert et fragilise Canal 10. De tout cela, il en a cure car clame-t-il, il est le « champion toutes catégories confondues de l'audimat » et que ce serait grâce à cet audimat que les collaborateurs permanents de Canal 10 parviennent à boucler leur fin de mois. « Sé mwen ka nouri zot ! », l’arrogance made-in-Gwada a trouvé son porte-parole.

On touche le fond car à l’entendre, du seul fait de sa popularité dans une frange extrêmement marginale de l’auditoire, il peut en toute impunité, faire comme il veut quand il veut. 

Il faut regarder la situation avec une grande lucidité. Avant Chicanos, il y a eu au milieu des années 90 un phénomène médiatico-populiste du même acabit. Il s’appelait Ibo Simon- Akadanaka. Dans son show télévisuel du lundi au vendredi, à la mi-journée, en direct de canal 10, Ibo haranguait la foule et s’en prenait avec violence et xénophobie aux Haïtiens et Dominiquais installés en Guadeloupe. Les excès répétés et tout aussi délirants d’Ibo Simon ont alors fait l’objet de plusieurs plaintes du Corecca et de l'organisation « Justice et paix » entre autres. Finalement en septembre 2001, Canal 10 qui était à l’époque dirigée par son fondateur Michel Rodriguez, a été contraint de réduire Ibo Simon au silence suite à la double condamnation par la justice de l’ex-animateur et également de la chaîne.

Pour l'heure, Chicanos, qui se dit très croyant, certes, n'incite pas comme Ibo Simon à la haine raciale et à la xénophobie. Cependant, si dès aujourd’hui on ne le bride pas, qui peut assurer que dans un futur proche, s’appuyant sur sa popularité dans la composante la plus vulnérable de la population guadeloupéenne, il ne risque pas lui aussi de dériver ?

Au cours de l’échange très houleux qu’il a eu avec l’ensemble du personnel de Canal 10, Chicanos n’a eu cesse de se targuer être un « mec de la rue », une sorte de bad boy. Ceux qui le connaissent savent que c’est pur « fake ». Bernard Mirre, le mytho-arrogant, a grandi au Moule, élevé dès sa plus tendre enfance par ses grandes tantes et sa grand-mère maternelle dans la plus stricte éducation catholique. Son père et sa mère, travaillant dans le milieu éducatif, tout comme sa sœur aînée, sont des gens qui se sont efforcés à lui donner une bonne éducation. Sans pour autant excuser ses dérives actuelles, on peut cependant penser qu’un évènement familial dans son enfance a peut-être contribué à le « troubler » et faire de lui ce qu’il est aujourd’hui. A-t-il souffert de cette situation dans son adolescence ? C’est une hypothèse mais elle ne peut en aucun cas expliquer son comportement.

Il apparaît aujourd’hui qu'après son pitoyable show, il devrait être lourdement sanctionné, ou pour le moins rappelé à l'ordre. Pour l’heure, la direction de Canal 10 n’a pas réagi en ce sens. Dimanche soir après l’AG du personnel, dans une émission d’une heure en compagnie de Liza Rodriguez, il est clairement apparu que cette dernière a eu beaucoup de mal à « canaliser le  flow » du Chicanos.

Il est évident que cet animateur ne peut en aucun cas être en permanence ainsi des hors des clous. Tôt ou tard, il va falloir que la direction de Canal 10 se penche très sérieusement sur ces questions :

Faudra t-il écarter définitivement Bernard Mirre de l’antenne ou le garder au risque en cas de nouveau dérapage de devoir rendre des comptes au CSA ? Comment alors encadrer un Chicanos qui a du mal à se maitriser en direct à l’antenne ? Entre sa popularité qui est réelle et la perte de crédibilité de la chaîne, il y a un surement un choix à faire.

La direction de Canal 10 ne peut plus faire l’impasse sur cette problématique…

Évaluer cet élément
(106 Votes)
Danik I. Zandwonis

Directeur de rédaction de CCN et fondateur du site.

@ : danik@mediacreole.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires