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Martinique. Politique : Alfred Marie-Jeanne répond à CCN sur : l’OECO, l’Université Antilles, le MIM…

23 Mar 2019
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Basse Terre-Capitale. Samedi 22 mars 2019. CCN. En marge du sommet Caraibe qui a consacré l’adhésion de la Guadeloupe, à l’OECO, Alfred Marie-Jeanne le président de la Collectivité Territoriale de la Martinique, aussi leader du Mouvement Indépendantiste de la Martinique (MIM) a accepté avec beaucoup de courtoisie de répondre à toutes nos questions. C’est à lire…

CCN. En 2015 La Martinique a adhéré à l’OECS, qu’est-ce que ça a changé ?

Alfred Marie-Jeanne. Ça n’a rien changé pour la Martinique en soi. C’est la Martinique qui a fait bouger les choses dès le départ. Il faut le savoir. Et d’ailleurs, de toutes les interventions auxquelles que vous avez assisté vous avez dû voir, directement, indirectement ou de façon allusive, on a reconnu le travail qui avait été fait par moi-même (sans attirer toute la couverture vers moi) quand j’étais président de l’ex-conseil régional de la Martinique. Et j’ai eu à surmonter énormément de difficultés. Néanmoins, j’ai même pardonné, si vous voulez, des paroles désobligeantes à mon égard. Il fallait mettre l’intérêt général en avant et c’est ainsi que nous avons persévéré. Et aujourd’hui l’entrée de la Guadeloupe en tant que membre de l’OECS s’est faite pratiquement à la dernière minute. Tandis que pour moi-même, j’ai toujours appelé l’histoire à mon secours. J’ai demandé l’adhésion de la Martinique à l’OECS et j’ai reçu une réponse dix-sept ans après.

Donc je n’ai jamais bougé. Et que par conséquent, c’est pourquoi de façon très directe, très indirecte les gens ont rendu hommage au travail qui avait été fait. Je ne garde pas rancune à partir du moment où il s’agit de faire progresser notre pays. Et l’entrée de la Guadeloupe à ce niveau est intéressante.

CCN. Est-ce que l’entrée de la Guadeloupe à l’OECS va changer les choses ?

AMJ. Je tiens à dire qu’il ne s’agit pas seulement de la Guadeloupe. Tous les pays voisins de la Caraïbe demandent à y entrer sous une forme ou une autre. Ce qui veut dire que le chemin continu de s’élargir depuis les Iles Vierges. A ce propos, vous avez dû entendre la déclaration des collègues des Iles Vierges Britanniques avec lesquels j’entretiens d’excellentes relations. J’ai eu l’occasion de les visiter. Ils ont confirmé leur adhésion de façon positive à l’OECS. Ce qu’il faut condamner, c’est simplement les démarches personnelles qui ne se traduisent pas par des avancées concrètes. En dehors de cela, je pense que la voie est tracée et que l’OECS deviendra une œuvre incontournable qui se renforcera de plus en plus.

CCN. Cela signifie-t-il que le statut colonial de nos pays Guadeloupe et Martinique, nous empêche d’avancer ?

AMJ. Dans ce domaine peu importe le statut, j’ai commencé à travailler. Par conséquent, les bonnes graines que nous avons semé dans toute la Caraïbe germent aujourd’hui du sud au nord. Trinidad et Tobago et tous les autres demandent aussi leur adhésion, sous une forme ou une autre, leur participation pour développer de plus en plus leur pays.

Ils constatent très bien, à un moment donné, le colonialisme à l’état pur nous a écrasé et nous a rendu irresponsables. Mais depuis quelque temps l’adaptation que nous avons demandé se fait de plus en plus et cela nous permet d’avancer. Tout le monde s’est embarqué et c’est irréversible. Vous n’avez qu’à voir le nombre d’ambassadeurs présents. La Chine, le Maroc, le Canada, les États- Unis étaient présents à cette rencontre. Ce qui montre que le regard est tourné vers ce continent Caraïbe que j’avais moi-même baptisé le 6ème continent.

CCN. Le 6ème continent pourquoi ?  

AMJ. Marie José ALI à l’époque journaliste à RFO m’a interviewé à la télévision. Elle me montre un reportage sur Haïti dévasté par une sécheresse. A l’image, nous avions des bœufs ayants perdu la vie. Et elle commence par me dire : M. Marie-Jeanne, vous qui êtes un indépendantiste, est-ce dans cet état que vous voulez mettre la Martinique ? Je n’ai pas peur de le répéter et je lui ai répondu : Je sais où commence la coopération mais j’ignore où elle va se terminer.

Eh bien, aujourd’hui, même le Brésil demande son adhésion. Il faut, par conséquent, faire fi de cela. Je n’ajouterai rien d’autre...

Au moment où elle devait passer la main à son nouveau directeur, dont je tairai le nom, elle est venue me voir à la Collectivité, avec lui vous savez ce que j’ai eu l’occasion de lui faire comme « récompense » ?

CCN. Dites…

AMJ. J’ai reçu son directeur et je l’ai laissée dehors. C’était ma seule vengeance ! c’est peu ! Ensuite, elle est revenue me voir et je lui ai dit que je l’ai laissée à la porte à cause de toutes les méchancetés et les mauvaisetés qu’elle avait répandues… je ne lui en veux pas jusqu'à présent on s’est réconciliés et je lui ai pardonné (rires)

CCN. Concernant l’université des Antilles vous dites quoi ?

AMJ. Je dois rappeler ma position. J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises d’interpeller le gouvernement et M. Eustase Janky, pour répéter sans cesse que je déplore la disparition de l’UAG. Maintenant, il reste l’université avec deux pôles, Martinique et Guadeloupe. Par conséquent, le devoir de M. Janky consiste à protéger cet outil. Je le lui ai dit en personne. Je l’ai convoqué à plusieurs reprises dans mon bureau et je l’ai répété. Je l’ai dit à son staff. J’ai eu l’occasion de l’écrire personnellement. Je suis venu en Guadeloupe et je l’ai interpellé publiquement. Par conséquent, je ne comprends pas ce comportement et je demande aussi aux Martiniquais, s’ils veulent aussi se défendre ils n’ont qu’à bouger et ils n’ont qu’à réclamer leur dû. Dans tous les cas, l’attitude de M. Janky ne l’honore pas et n’honore ni la Martinique ni la Guadeloupe.

Notez quand j’interviens à la tribune de l’Assemblée, je défends aussi bien la Guadeloupe que la Martinique. Je ne fais pas distinguo

Je ne comprends pas ce comportement exécrable qui nuit à la réputation de la Guadeloupe et de la Martinique.

CCN. 20 ans après la signature de la « Déclaration de Basse-Terre », quel regard portez-vous sur l’évolution de nos 2 pays ?

AMJ. Je regarde les choses avec beaucoup de calme et un recul positif. Vous comprendrez que Mme Lucette Michaux-Chevry, que l’on inquiète à présent, était une femme de Droite. Je suis venue la voir pour la convaincre de faire un pas ensemble. Elle a accepté. Cela signifie, qu’il y a des gens, même de Droite, qui comprennent qu’à un moment donné il faut faire fi de cette conception pour faire avancer son pays.

Je tiens à la remercier de l’avoir rencontrée. Elle m’a écrit récemment pour me dire qu’il ne faut pas lâcher prise et qu’il faut tenir bon.

CCN. Comment se porte le MIM ?

AMJ. Excellemment bien. Tous ceux qui attaquent le MIM sont hors sujet pour moi. Il n’y a pas de réconciliation avec ces gens-là. On ne peut pas faire un reproche à celui qui a créé le MIM. Je trouve honteux que l’on puisse aller devant un gouvernement et devant une justice française pour réclamer sa disparition ou de faire condamner celui qui a porté le MIM au berceau. Le MIM existe et continuera d’exister c’est le Mouvement Indépendantiste Martiniquais. Et par conséquent, tous ceux qui ont participé à tous les complots, il n’y a pas de réconciliation possible. Jamais au grand jamais.

 

DECLARATION DE BT

 La Déclaration de Basse Terre

Les présidents des régions de GuadeloupeGuyaneMartinique, réunis Basse-Terre, le 1er décembre 1999 constatent :

  • La dégradation continuelle depuis de nombreuses années de la situation de leurs régions, illustrée notamment par :
  1. Une destruction systématique de l'initiative locale,
  2. Un affaiblissement des filières productives,
  3. La déstabilisation financière des collectivités,
  4. Un assistanat généralisé,
  5. Un taux de chômage croissant (en moyenne 30%). - Le développement rapide des dérives sociales, destructrices pour leurs sociétés et en particulier pour les jeunes générations dont les perspectives d'emploi apparaissent de plus en plus aléatoires.
  • L'impossibilité de mettre un terme à cette situation avec les moyens actuels qui leur sont dévolus dans le cadre de leurs compétences, malgré des efforts financiers importants des collectivités territoriales| et les concours de l'État et de l'Union européenne.
  • L'inadéquation d'un dispositif fiscal et social conçu pour un pays développé et appliqué à des régions en retard de développement.

Considérant les résultats obtenus par les autres régions ultrapériphériques|(AçoresCanariesMadère) en matière de développement et de progrès social, décident d'unir leurs efforts afin de bâtir un projet de développement économique social et culturel impliquant la prise en compte des identités propres à chaque région et basé sur l'évidence que la dignité procède du travail et non de l'assistanat.

Ce projet doit encourager la créativité et l'émergence d'activités productives afin de mettre un terme au développement d'une « société de consommation ». Ce projet doit également rompre avec le cycle infernal de l’« emploi assisté » pour favoriser la création et le développement d'entreprises, orienter les jeunes vers les métiers à forte plus-value, réaménager les formations vers les secteurs à forte potentialité. Cela suppose aussi, un partenariat actif avec le secteur socioprofessionnel, qui doit participer à une nouvelle économie qui ne se réfère pas exclusivement à l'aide publique.

Les présidents, conscients de la volonté de leur population de mieux maîtriser son devenir, affirment solennellement leur engagement à exposer et expliquer leur projet, afin de recueillir, après consultation, son adhésion. En conséquence, les présidents des trois régions proposeront au président de la République et au gouvernement, une modification législative voire constitutionnelle, visant à créer un statut nouveau de région d'Outre-mer doté d'un régime fiscal et social spécial pour la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, dans le cadre de la République française d'une part, et de l'Union européenne d'autre part (article 299-2 du traité d'Amsterdam).

Les présidents des régions de Guadeloupe, Guyane et Martinique réunis à Basse-Terre le 1er décembre 1999 ont pour leur part ouvert le débat, défini les thèmes et proposé les orientations de ce chantier d'avenir, dans le respect des idéologies de chacun.


Par [[Lucette Michaux-Chevry|]], présidente du conseil régional| de la Guadeloupe
Par [[w:Alfred Marie-Jeanne|]], président du conseil régional de la Martinique
Par [[w:Antoine Karam|]], président du conseil régional de la Guyane

 

Le Mouvement Indépendantiste Martiniquais (MIM)

En 1973, Alfred Marie-Jeanne avec quelques autres compagnons, parmi lesquels : Garcin Malsa, Lucien Veilleur et Marc1MIM Pulvar fondent le mouvement La « Parole au Peuple » qui deviendra le 1er juillet 1978, le Mouvement Indépendantiste Martiniquais (MIM) avec pour objectif « la décolonisation et l'indépendance de la Martinique ». Pourtant, lors de la séance du 18 décembre 2008 du Congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique, les élus du MIM ont voté à l'unanimité pour une évolution statutaire de l'île fondée sur l'article 74 de la Constitution française qui permet l'accès à l'autonomie.

Le 10 janvier 2010, la consultation de la population martiniquaise a eu lieu sur un éventuel changement de statut de leur département en une collectivité d'outre-mer régie par l'article 74 et dotée d'un juste degré d'autonomie, les élus et militants du MIM ont voté oui à cette consultation.

En décembre 2015 Alfred Marie Jeanne qui avait é té auparavant Président du Conseil Régional remporte au 2e tour face au PPM ,l’élection qui fait de la Martinique une Collectivité Territoriale ( CTM) .Le Gran Sanblé Pou ba Péyi -a an chans «   le nom du groupement très hétéroclite qui rassemble à la fois des indépendansistes ( MIM, PALIMA , CNCP) des autonomistes ((RDM, PCM) mais aussi des gens de la Droite francais ( LR) connaît depuis peu quelques soubresauts , tout comme le MIM, qui a du faire face à la fronde de quelques militants historiques.

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CCN

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