Breaking News

Guadeloupe. Nation. Basse-Terre est la Capitale de notre pays et doit le rester (1)

23 Mai 2019
1371 fois

Basse Terre-Capitale. Jeudi 23 Mai 2019. Exclusif CCN. Au début il s’agissait d’une simple rumeur qu’on croyait sans fondement. Mais depuis peu, du côté du Gouverneur de la colonie, il est de plus en plus question d’envisager de dé-capitaliser Basse-Terre, peut-être même, la décapiter. Mais tout cela reste encore très officieux, car le gouverneur ne l’a pas (encore) exprimé au grand jour. Il attend nous dit-on le « moment favorable ». Après les prochaines municipales ? après la publication du nouveau recensement de l’INSEE ? CCN qui demeure véyatif est déjà mode alerte. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de faire campagne sur cette question. Ainsi CCN a demandé à quelques personnalités de réagir. La 1ère contribution est légitime, elle émane de l’actuelle maire de Basse Terre : Marie-Luce Penchard.

Suivront : celle de l’historienne, Josette Fallope, du conseiller municipal d’opposition le Dr André Atallah, de la Conseillère générale Brigitte Rodes, de l’avocat Robert Valérius, d’Olivier Nicolas Dir Cab au CG, de la présidente des LR et ex-adjointe Sonia Pétro, de la Présidente du Conseil Général Josette Borel Lincertin…

BASSE TERRE CAPITALE DE LA GUADELOUPE (1)

Par Mme Marie-Luce Penchard, maire de Basse-Terre

Depuis des mois nous constatons régulièrement la parution d’articles de presse sur le déclin annoncé de Basse Terre et l’éventualité d’un transfert du chef-lieu dans l’agglomération pontoise. Au-delà du fait que cette analyse est bien souvent le propre soit de personnalités Basse-terriennes qui ont la nostalgie d’un passé, soit des détracteurs du chef lieu qui ont toujours alimenté une rivalité entre la Grande-Terre et la Basse-Terre, cette idée est absurde et va à l’encontre des politiques publiques actuellement défendues visant à repenser le développement des zones rurales dans le cadre d’un meilleur rééquilibrage du territoire.

Les dernières lois adoptées par le parlement français en termes d’aménagement du territoire vont en ce sens. La puissance publique a, en effet, l’obligation d’une certaine cohérence là où des interventions individuelles, souvent d’ordre économique, sont à l’origine de désordre voire de déséquilibres profonds qui mettent à mal l’équité territoriale et renforcent les inégalités économiques, sociales et culturelles.

 

La région de Basse-Terre n’échappe pas à ce constat dans le développement du pays Guadeloupe sans revenir sur des évènements qui ont marqué l’histoire économique de la ville avec notamment l’éruption en 1976 de la Soufrière. Ce qui est certain c’est qu’il faudra absolument entamer ce travail de rééquilibrage entre les différentes communautés d’agglomérations qui n’ont pas « la même égalité de chances » si l’on veut assurer un minimum de cohésion territoriale et mettre un terme à cette concurrence qui peut conduire à des aberrations dans les choix de développement.

Ce rééquilibrage passera forcément par la mise en application d’une péréquation dans l’attribution des dotations et des taxes, qu’il faudra avoir le courage d’instituer, pour une meilleure répartition de la richesse et un développement plus harmonieux et plus juste de la Guadeloupe.

Il ne s’agit pas évidemment de construire le Sud Basse-Terre à partir une bataille rangée avec les autres mais d’aborder le sujet dans le cadre d’une complémentarité entre les deux pôles que constituent la Basse-Terre et la Grande-Terre et en s’appuyant sur leurs forces et faiblesses.

L’aménagement de la Guadeloupe ne peut se résumer à la création d’une métropole autour de trois communes qui concentreraient les trois quarts de la population et le reste se répartissant entre les autres communes de l’archipel ! on connaît les effets dévastateurs de ce modèle de forte concentration humaine qui, par exemple, renforce la délinquance, accentue la pollution, provoque l’isolement des personnes et installe sur les autres parties du territoire des déserts ruraux où le sentiment d’abandon de la puissance publique devient insupportable voire révoltant.

Cette erreur que bien des textes législatifs cherchent à corriger, nous serions impardonnables à vouloir l’appliquer chez nous !

Avec le potentiel que constituent les services administratifs, Basse-Terre doit rester le chef-lieu de la Guadeloupe en conservant les directions régionales de l’Etat et également les services des deux collectivités majeures. Ce caractère administratif doit d’ailleurs être renforcé à partir d’une valorisation des bâtiments dont certains sont classés monuments historiques et qui accueillent ces administrations. On peut espérer une vraie prise en compte de l’Etat avec cette annonce, lors de son passage en Guadeloupe de la Ministre de la Justice, de réhabiliter et d’agrandir le palais justice considéré comme l’un des bâtiments remarquables de la ville à l’instar du Conseil Départemental et de la Préfecture.

De toute évidence, l’Etat, qui depuis deux ans investit dans le chef lieu avec la restauration de la maison CHAPP, la reconstruction du commissariat de police, la réhabilitation et l’agrandissement de la maison d’arrêt sans oublier les travaux importants réalisés à la résidence préfectorale de Saint Claude ces dernières années, serait très mal inspiré d’envisager un transfert du chef lieu dans ces temps de fortes contraintes budgétaires.

C’est la raison pour laquelle le changement de chef lieu ne peut pas être un sujet d’actualité !

Autre atout, autre axe de développement : le patrimoine et son histoire, deux axes majeurs pour asseoir une politique touristique qui ne peut être portée uniquement par les acteurs locaux mais qui doit être au cœur du projet de développement de la Guadeloupe en faisant le lien avec la croisière de luxe que proposent de nombreuses compagnies sur des bateaux de taille moyenne pouvant accoster au Port de Basse-Terre.

De plus cette région du Grand Sud Caraïbe qui a conservé son charme et une certaine authenticité appréciée par les touristes ne saurait souffrir d’un déclin d’activités avec le transfert de la capitale administrative, au moment où un effort sans précèdent est engagé pour relancer le tourisme en Guadeloupe et tenter de créer de la richesse et des emplois.

Le changement de chef de lieu ne se justifie pas et aucune raison ne peut être avancé pour expliquer un rapprochement avec le poumon économique de la Guadeloupe depuis les avancées des nouvelles technologies de communication et la dématérialisation des actes administratifs. Les risques naturels ne sont pas plus importants en Basse-Terre contrairement à ceux que l’on essaye de nous faire croire avec la publication régulière de l’activité volcanique de la soufrière. Ces risques concernent toute la Guadeloupe entre les ouragans, les séismes et les tsunami …

Cette idée de changement de capitale, qui a tendance à revenir, risque d’apparaître plus comme un caprice, un confort pour une poignée de fonctionnaires de passage qui aspire à se rapprocher des communes balnéaires ! Cela paraît invraisemblable vu les conséquences immédiates pour toutes les communes du Grand sud Caraïbe et à plus long terme pour la Guadeloupe.

L’exemple de Fort de France en Martinique est là pour nous rappeler l’aberration d’un tel choix !

Dans cette période où l’on a le sentiment que pour avancer et traiter les dossiers, il faut opposer les guadeloupéens entre eux et instaurer la division dans notre société, prenons garde à ne pas soulever un sujet qui risque d’être la mèche qui fera renaitre une nouvelle explosion sociale 

Marie-Luce Penchard

Maire de Basse-Terre

V/Pdte de la Région

 

 

Évaluer cet élément
(2 Votes)
CCN

Webzine cari-guadeloupéen créé en 2008. Notre premier objectif est d'établir par ce biais un véritable lien entre les caribéens, qu'ils soient francophones, créolophones, anglophones, hispanophones. L'information est donc pour CCN une matière première d'importance capitale.

Site internet : www.caraibcreolenews.com

Toute l'actu de la Guadeloupe et des Caraïbes.

Articles Populaires