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Guadeloupe. Diplomatie Caraïbe : Ruddy Blombou : « Toutes les décisions prises au sein de l’OECO ont un impact sur la Guadeloupe »

12 Juil 2019
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Basse-Terre-Capitale. Vendredi 12 juillet 2019. Membre depuis avril 2014 de l’Association des États de la Caraibe (AEC). La Guadeloupe a pu enfin eu faire son entrée officielle au sein de l’Organisation des États de la Caraibe Orientale (OECO/AECS) en mars 2019 dernier. On se rend compte que bien qu’étant toujours une colonie francaise, notre pays prend toute sa place dans le concert des états indépendants de la Caraibe. Cela préfigure déjà de l’avenir et de la volonté de l’Autorité Régionale d’inscrire la Guadeloupe dans son bassin naturel : La Caraibe. Au plan de la géopolitique ce sont des premiers pas encourageants, dans l’attente d’une démarche similaire au plan géoéconomique car d’une manière ou d’une autre notre intégration dans la Caraibe doit à terme faciliter les échanges économiques et culturels. La question se posera quand la Guadeloupe pourra aussi frapper à la porte de la CARICOM à ce moment la question statutaire se posera réellement. Le 16 juin dernier, Ary Chalus, Marie Luce Luce Penchard à la tête d’une délégation ont participé à Antigua à la 67é assemblée de l’OECO. Ruddy Blombou, membre du cabinet Chalus a été promu commissaire guadeloupéen en charge des relations, avec l’OECO, c’est en quelque sorte un diplomate Cari-Guadeloupéen. Explications pour CCN.

CCN. Vous êtes désormais commissaire de l’OECS, quel est votre rôle ?

DSC 5458Ruddy Blombou. Lors de la phase des négociations avec l’OECO, j’organisais le dialogue entre l’OECO et l’exécutif du conseil régional. En qualité de commissaire je continuerai à organiser ce lien. Mais maintenant que la Guadeloupe est membre associé, je représenterai aussi la Commission ici en Guadeloupe. Au sein de la commission, j’ai aussi à contribuer aux travaux pour émettre des recommandations et avis à l’Autorité et/ou au conseil des ministres. J’aurais très prochainement à me rendre à Sainte-Lucie pour mettre en place le fonctionnement de la représentation guadeloupéenne au sein de l’organisation.

 

CCN. Comment se prépare ( en interne) depuis la RÉGION, un sommet OECS ? la constitution de la délégation ? qui fait quoi ?

Ruddy Blombou (RB). Les questions de coopération sont traitées, au sein de la collectivité régionale par un triptyque composé de laDSC 5436 commission thématique regroupant les élus régionaux, la direction de la coopération et le cabinet du président. Les délégations sont composées fonction de l’ordre du jour et du format des réunions de l’OECS. Lorsque l’autorité de l’OECO se réunit, la présence du président et/ou de la vice-présidente en charge des questions de coopération doit être assurée. C’est l’autorité qui prend les décisions ! L’assemblée, qui a un format plus rare, réunis les chefs de gouvernement et le chef de l’opposition, pour chaque pays ou territoires membre. C’était le cas, le 17 juin dernier, à Antigua. Le lendemain, 18 juin, c’est l’autorité de l’OECO qui s’est réunie. La Commission de l’OECS est l’organe administratif de l’Organisation, elle est dirigée par le directeur général qui œuvre avec un commissaire nommé pour chaque État membre et qui représente également la Commission dans cet État membre. La Commission supervise l’administration quotidienne de l’Organisation. Les fonctions de la Commission comprennent la prestation de services de secrétariat aux organes de l’Organisation, la coordination des réunions de ces organes et l’exécution des décisions, recommandations ou directives approuvées lors de ces réunions. La Commission de l’OECS peut faire des recommandations à l’Autorité et au Conseil des ministres de l’OECS. Pour tous les autres formats de réunion, la direction de la coopération du conseil régional assure la participation de la Guadeloupe, en présentiel ou par visio- conférence le cas échéant. 

CCN. Les contacts avec le staff de l’OECS ? avec la Martinique ? les échanges d’infos ?

RB. La Guadeloupe a adhéré en qualité de membre associé en 2019. La Martinique est membre associé depuis 2015.
Il y a une grande proximité entre ces deux territoires français d’Amérique; nos intérêts convergent sur de nombreux sujets. Les contacts avec les équipes de l’OECS sont permanents.
L’Organisation dispose de solides équipes qui travaille sur des projets dimensionnés au sein de la Commission et décidés par l’Autorité. Ces projets sont très divers: éducation, formation professionnelle, commerce, résilience des territoires, ...
La Guadeloupe et la Martinique, qui ne sont pas des états souverains, ne contribuent pas à tous les travaux mais sont invités à toutes les réunions.

CCN. Les pays de l’OECS ont-ils des à priori ou une vision particulière de la Guadeloupe ? 

RB. L’Organisation a un objectif politique évident ; une meilleure intégration régionale, mais aborde cette question de manière très pragmatique.
Composée initialement d’anciens territoires britanniques, l’Organisation a su maintenir des principes souples et efficace pour créer un espace de dialogue, de coopération et de mutualisation avec nos territoires.

CCN. Une fois sur le terrain (Antigua, Ste Lucie..), qu’est ce qui devient important dans l’organisation, du sommet ?

RB. Une fois de plus il faut souligner le caractère pragmatique de l’Organisation. Lors des réunions de l’Autorité, c’est la solidarité et le pragmatisme qui priment. Les sujets sont mis à l’ordre du jour soit par la Commission soit par un état membre. Les débats sont toujours cordiaux et sans tabous; l’organisation permet l’expression de la souveraineté de chaque état membre tout en maintenant une solide cohésion.

CCN. Au plan diplomatique, du fait que la Gpe représente elle-même, quelles en sont les limites ? 

RB. La Guadeloupe intervient pour l'essentiel autour des compétences du conseil régional mais nous représentons la Guadeloupe toute entière, avec toutes ses composantes!
Toutes les questions soulevées au sein de l’OECO nécessitent que l’on s’y intéresse!

L’OECO rassemble nos plus proches voisins et à ce titre, toutes les décisions prises dans la zone ont un impact sur la Guadeloupe.

Il ne me semble donc pas responsable de rester à l’écart.

CCN. Au niveau du gouvernement français, quel est le référent ? Quel rapport avec le ministère français des affaires étrangères? on parle souvent de "Diplomatie régionale"....

RB. Il n'y a pas de référent aux sein du gouvernement français; ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent !
Les territoires français d’Amérique participent en leur nom propre et dans les limites de leurs prérogatives telles que fixées par la loi.

Il y a, bien sûr, un dialogue avec la représentation diplomatique française, notamment par l’intermédiaire de l’ambassade de France auprès de L’OECO et de la Barbade. 

CCN. Quel est l’agenda de l’OECS pour les mois à venir ?

RB. L’autorité de l'OECO se réunit en principe tous les 6 mois. Les travaux de la Commission sont journaliers.

CCN. Que peut apporter l’OECS à la Guadeloupe aux guadeloupéens ? aux chefs d’entreprises ?

RB. Nous sommes aujourd’hui au cœur d’une organisation qui regroupe tous nos voisins et qui s’organise autour d’une mutualisation forte.

L'OECO travaille avec des partenaires de développement internationaux à travers un certain nombre d'accords pour faire avancer le développement de la région des Caraïbes orientales.

L'OECO travaille dans ses domaines programmatiques autour d’objectifs stratégiques pour consolider l'espace économique unique, pour la croissance économique, l'inclusion sociale et la protection de l'environnement.
Nous intégrons une communauté de destin et une organisation qui ouvre de nouveaux horizons; cet ensemble vient renforcer le positionnement de la Guadeloupe en complétant avec pertinence notre ancrage européen par notre appartenance à l’espace caraïbes, dynamique et dialoguant sans complexes avec le monde à l’instar de St-Vincent et les Grenadines qui siégerons au Conseil de Sécurité de l’ONU. 

CCN. Tôt ou tard la question du Drapeau de la Guadeloupe, va se poser ... comment éviter ce qui s'est fait en Martinique ?

RB. Cette question n’est pas l’ordre du jour ne fait pas partie d’un quelconque prérequis pour être membre associé à l’OECO.
Il est par contre indispensable de respecter les décisions et les processus démocratiques de chaque pays membres.

CCN. Outre l’OECS la Guadeloupe est depuis 2014 membre de l’AEC, on en parle que peu pourquoi ?DSC 5460

RB. On n’en parle moins parce que l’actualité en 2019, c’était l’OECO. Les contacts établis avec l’AEC sont toujours actifs et les sujets de coopération nombreux.
Toutefois, ce n’est pas le même format que l’OECO ; il s’agit d’une coopération moins intégrée; les échanges restent surtout entre chefs de gouvernement et les exécutifs. Mais la banalisation de ces échanges illustre que la coopération régionale est entrée dans les mœurs et pratiques de notre administration. Nous ne pouvons pas assister à toutes les réunions de L'AEC mais les relations sont constantes, par exemple, la collectivité régionale a positionné deux stagiaires de Guadeloupe à l'AEC et en juin la région était représentée à tous les comités spéciaux.

Pour finir, l'AEC sera notre partenaire pour la prochaine Conférence Internationale sur les Sargasses en octobre prochain en Guadeloupe. 

L’OECO 

L'Organisation des États des Caraïbes orientales (OECO) est une organisation internationale intergouvernementale vouée à l'harmonisation et à l'intégration économiques, à la protection des droits de l'homme et des droits légaux, ainsi qu'à l'encouragement de la bonne gouvernance entre pays indépendants et non indépendants des Caraïbes orientales.

L'Organisation a vu le jour le 18 juin 1981, lorsque sept pays des Caraïbes orientales ont signé un traité dans lequel ils s'engagent à coopérer et à promouvoir l'unité et la solidarité entre les membres. Le traité est devenu le traité de Basseterre, ainsi nommé en l'honneur de la capitale, Saint-Kitts-et-Nevis, où il a été signé.

Le traité de 1981 a été remplacé en 2010 par un traité révisé de Basseterre (St Kitts) , créant une union économique. Ce Traité révisé a été signé le 18 e Juin 2010 à Sainte - Lucie lors de la 51 e réunion de l'Autorité de l'OECS.

Le traité révisé crée un espace financier et économique unique dans lequel les biens, les personnes et les capitaux circulent librement, les politiques monétaire et fiscale sont harmonisées et les pays continuent d'adopter une approche commune du commerce, de la santé, de l'éducation et de l'environnement, ainsi que du développement. des secteurs critiques comme l’agriculture, le tourisme et l’énergie. 

De manière significative, le traité ouvre la voie à l'introduction d'une compétence législative au niveau régional, de sorte que les États membres de l'Organisation agissent de concert pour élaborer et promulguer une législation dans certains domaines spécifiés dans le traité.

L’OECO est désormais un groupe de onze membres comprenant les États membres à part entière d’Antigua-et- Barbuda, de la Dominique, de la Grenade, de Montserrat, de Saint-Kitts-et-Nevis, de Sainte-Lucie et de Saint- Vincent-et-les Grenadines, avec les Îles Vierges britanniques, Anguilla, la Martinique et Guadeloupe en tant que membres associés de l’OECO.

Etat membre

Antigua et Barbuda
Dominique
Grenade
Montserrat
Fédération de Saint-Kitts-et-Nevis Sainte-Lucie

Saint-Vincent-et-les Grenadines Îles Vierges britanniques Anguilla
Martinique
Guadeloupe 

 

 
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CCN

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Site internet : www.caraibcreolenews.com

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