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Guadeloupe. Méga crise sanitaire : 1/ La grève est-elle le meilleur médicament ? 2/ Valérie Denux (ARS) sera-t-elle révoquée par Gustin-le-Gouverneur ?

22 Juil 2019
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Pointe-à-Pitre-Abymes. Lundi 22 juillet 2019. CCN. Il y aura bientôt 2 ans que le CHUG était la proie des flammes. Cet incendie, n’a fait qu’amplifier une situation sanitaire déjà d’une très grande précarité. Pourtant au cours des années de l’avant-incendie les syndicats les plus représentatifs au sein du CHUG, n’ont pas cessé de se battre pour tenter d’alerter, toutes les instances responsables (ARH devenue ARS) mais aussi les divers gouverneurs-préfets qui tous n’ont pas été d’une grande efficacité/réactivité.

Ainsi quelques temps après l’incendie du 20 novembre 2017 l’Etat colonial a organisé (pour la vitrine) une sorte de grand chambardement :

a) Patrice Richard (DG de ARS) a été débarqué de ses fonctions et réexpédié en France.

b) Il a été immédiatement remplacé par un médecin- militaire : Valérie Denux.

c) Pierre Thépot directeur du CHUG à l’époque du sinistre a lui aussi été remplacé.

d) C’est Gérard Cotellon, un ex haut cadre de l’AP qui depuis un an (Aout 2018) et à sa demande occupe le poste de Directeur Général du CHUG.

Depuis l’incendie, côté syndical, l’UT S-UGTG puis la CGTG ont été très actifs sur le terrain , avec en appui un « Collectif de défense du CHU » à sa tête le Dr Mona Hédreville, souvent même plus radicale (dans ses propos ) que les syndicalistes !

N’ayant pas l’impression que les choses avancent au rythme souhaité, et surtout parce que la situation se dégrade, l’intersyndicale qui souhaite faire bouger les lignes et arracher quelques avancées a donc lancé un mot d’ordre de grève générale pour ce mardi.

Ce mouvement social qui se voudrait être une réponse à l’ampleur de la crise sanitaire dont le CHUG est la partie la plus visible, suffira-t-il pour remettre tous les compteurs à zéro ? rien n’est moins sûr.

Mais alors face à cette crise sanitaire, Philipe Gustin, le néo- gouverneur va -t-il - réclamer et obtenir la révocation immédiate de Valérie Denux ? vraiment pas sûr.

 

La semaine dernière le néo Gouverneur qui ne rate pas une seule occasion de faire la une des médias complaisants, plutôt que de pousser l’ARS trouver des solutions à la crise a préféré tenter de faire diversion. C’est ainsi qu’il a menacé le SIAEG de dissolution.. Un peu plus tard, il a remis un peu de pression, à la fois sur l’État colonial et sur Jacques Bangou. Contraignant ce dernier à démissionner en plein weekend end. Avant le couperet de-là révocation. Tous ces coups médiatiques bien calculés, ont - comme il fallait s’y attendre -distrait l’attention des médias, occupés les réseaux sociaux, et ont ainsi contribué à éloigner (provisoirement ?) de l’actu la grève UTGTG/CGTG et l’ objectif principal : , la dénonciation d’une crise sanitaire sans précèdent dans notre pays.

Quand on examine, les revendications de l’intersyndicale, elles sont quantitativement légitimes. Elles démontrent que la crise sanitaire est réelle et que les solutions immédiates aussi lointaines que la livraison du nouveau CHUG. Mais ce mouvement social, aussi légitime qu’il paraisse ne pourra pas durer éternellement, car en milieu hospitalier, en dépit du climat d’abandon, il faut tout de même assurer le minimum avec les minima disponibles. La situation catastrophique au CHUG n’est pas à vrai dire nouvelle, elle a été projetée sur le devant de la scène depuis l’incendie, mais il y a très longtemps que les problèmes étaient identifiés L’UTS omni présente dans tous les services n’a pas ménagé ses efforts pour arracher que ses syndiqués soient titularisés. Souvent les DG de l’époque pour obtenir la paix sociale, lâchaient du lest. C’est ce qui explique qu’aujourd’hui que les charges salariales du CHU sont supérieures à ses recettes. Ce déficit en trésorerie est un casse-tête comment retrouver un équilibre financier si à la fin de chaque mois… il y a un trou ?

`Mais les problèmes du CHU ne sont pas que financiers, la question de la sécurité a aussi souvent été évoqué. Ainsi quelques mois avant l’incendie, un mouvement initié par l’UTS au CHUG mettait en exergue des questions déjà récurrentes dans ce communiqué. (Avril 2017)

 

 

 

 

 

 Wi nous, agents du CHU de Pointe-à-Pitre avons déclaré massivement le 16 Février dernier notre détermination à soutenir par la grève notre contestation des situations inédites et scandaleuses qui caractérisent les conditions de travail, de soins, d’accueil et d’hébergement des malades du CHU de Pointe-à-Pitre.

Situations qui depuis des mois nous dénonçons et que ni l’ancienne direction générale, ni la nouvelle, ni l’ARS, ni le Conseil de Surveillance ne semblent en mesure de résoudre. C’est d’ailleurs un aveu d’impuissance que le Directeur Général par intérim Alain PHILIBERT a présenté au Conseil de Surveillance du Vendredi 10 Mars 2017 :

 « Ils posent les vraies questions , mais nous n’avons pas les bonnes réponses »

 « Les fournisseurs, dont la situation financière s’est dégradée au fil des années, ont relevé leur seuil de tolérance et bloquent systématiquement les approvisionnements ou la réalisation des prestations pour défaut de paiement quel que soit le montant de la dette (+ de 47 millions d’euros au 01 Janvier 2017) »

 « Le montant des investissements indispensables à la sécurisation de la prise en charge du CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes s’élève à 26 704 000 €uros »

ALORS QUE FAIRE ?? Nou ja palé, nou ja négosyé, l’IGAS, l’ANAP, la DGOSH ja ankété, nou ka menm achté avec notre argent nos petits matériels… YO PAKA TANN !!!

Alors, comme nos Camarades du Centre Hospitalier de Capesterre Belle Eau, comme ceux de la DRH, du Service Informatique, de l’Entretien des locaux, du Biomédical, et bientôt du Centre Hospitalier de la Basse-Terre, nous aussi, NOU KAY LÉVÉ ON BÈL GAOULÉ pour :

 Le retour à tous les équilibres (financiers, organisationnels, fonctionnels, managériaux, sociaux, psychologiques…) nécessaires à l’exécution optimale de notre mission de Santé Publique ;

 L’attribution constante de tous les moyens, notamment financiers de façon à ce que les situations de rupture et de dégradation de la sécurité des soins et des conditions de travail que nous vivons aujourd’hui ne soient plus la règle ;

 Que les réorganisations administrativo-financières de la Santé, décrétées par l’État (GHT – CHU de la Caraïbe…) ne se substituent au Projet de Santé Publique conforme aux attentes de la Population et au contexte socio-économique de la Guadeloupe ;

 Que l’actuel CHU dans cette période transitoire continue d’assurer ses missions et obligations dans des locaux et avec des équipements et matériels aux normes, en quantité suffisante ;

 Le respect de tous les droits des Agents (titularisation, avancement de grade, congé, repos hebdomadaire, rémunération, formation) ;

 L’élaboration concertée d’un Projet Médical, d’un Projet Social, d’un Projet Psychologique, d’un Projet d’Établissement en somme, en lien avec le Projet de délocalisation vers le CHU de Perrin ;

 

 

 

 

 

Les problèmes de sécurité déjà évoqués par les syndicats en avril 2017, l’étaient déjà officiellement dans un rapport alarmiste transmis aux autorités (Cf PJ) mais à l’époque personne n’a vraiment bougé. Ces questions de sécurité ont donc été amplifies par l’incendie, qui aurait pu être sinon évité mais mieux maitrisé si les recommandations de ce rapport avaient été suivis. Il faut noter qu’à cette époque l’actuelle gouverneur s’occupait alors des finances de l’UMP et de suites de l’affaire Pygmalion.

 

 

 

 

 

La sous-commission départmentale pour la sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public (ERP) et les IGH (immeubles de grande hauteur) à procédé à la visite périodique du CHU le jeudi 16 juillet 2015.

L'analysedes rapports techniques relatifs à la conformité des installations aux normes en vigueur et les manquements aux règles . de sécurité constatés sur place ont conduit la commission à émettre des avis défavorables à la poursuite de l'exploitation pour :

- la maternité, l'ancienne réanimation et le bloc central opératoire du bâtiment principal.

- le pôle SSR de l'hôpital RICOU, le reste de l'établissement étant sous avis favorable.

J'ai transmis les procès-verbaux de visite de la commission (copies jointes) à Monsieur le Député-Maire des Abymes, auquel il appartient au titre de ces pouvoirs de police, de donner la suite qu'il convient à ces avis et de m'en tenir infomédans les meilleurs délais.

Compte-tenu de l'urgence et des risques existants pour le public fréquentant votre établissement, il convient que vous adoptiez sans délai les mesures nécessaires pour mettre l'établissement en conformité et donner aux prescriptions émises par la commission. 

J'attire tout particulièrement votre attention sur la mise en  cause de votre responsabilité personnelle et pénale, dès lors que l'établissement placé sous votre autorité, est exploité pour une partie des bâtments malgré un avis défavorable de la commission de sécurité.

Je vous rappelle que mes services (service interministériel de défense et de protection civiles ainsi que  le service départemental d'incendie et de secours) restent à votre disposition pour vous apporter toutes informations complémentaires. 

 

 

 

 

C’est pour mettre la pression sur Gérard Cotellon, et au travers de lui, sur l’ARS que les syndicats ont décidé de marquer le coup a parti de ce mardi.

Gerard Cotellon que CCN a rencontré ; nous a confié que la porte des négociations n’était pas fermée, que les syndicats étaient bien informés de la situation réelle d de leur outil de travail. Il admet que la situation est très grave. L’ARS de son côté joue la montre…

Philippe Gustin est lui aussi informé.

L’itw de Gerard Cotellon

 

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CCN

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