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Guadeloupe. Tourisme et hotellerie. La surprenante et lucide déclaration du citoyen Nicolas Vion.

10 Déc 2019
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Gosier. Mardi 10 décembre 2019. CCN. A la fin des années 90 Nicolas Vion président du Groupement Hotelier de la Guadeloupe, s’illustrait fréquemment par ses déclarations intempestives contre l’UGTG et singulièrement contre la branche hotelière du syndicat nationaliste :UTHR. Les grèves dans ce secteur à cette époque étaient fréquentes et Nicolas Vion, ne ratait jamais une occasion de dénoncer ces mouvements sociaux, qui de son point de vue « causait du tort au développement de l’économie touristique. Depuis Vion est entré au CESER et c’est à ce titre qu’il a fait la semaine dernière (lors du forum citoyen) cette déclaration d’une grande lucidité et qui mérite d’être diffusée C’est à lire….

 

J’étais présent. J’aurais souhaité m’exprimer, mais le nombre d’intervenants inscrits m’a conduit à m’abstenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il faut savoir écouter les autres, et tout en fuyant le capharnaüm, il faut leur accorder une libre expression pour percevoir la diversité des pensées, afin de mieux se forger sa propre opinion. J’ai donc écouté attentivement. Je n’ai pas été le seul, et en préambule je dois reconnaître que les élus présents on fait preuve d’une écoute attentive, voir remarquable, selon mon appréciation. Mme la Pdte Borel-Lincertin a parlée d’une population civile qui serait critique voir défiante visà-vis de leurs représentants élus…

Le Pdt Chalus a dit : il faut analyser les adaptations nécessaires au plan local, en dépassant les constats. A travers ces deux énoncés, ne semble-t-il pas qu’il y ait des besoins de transparence et de confiance sous-entendus ?

Notre monde souffre à mon avis, d’un mal profond, mais pour lequel fort heureusement il existe un remède peu coûteux favorable, confiance, parfois envers soi-même, souvent envers les autres, est assez généralement envers les structures de gestion de la cité. Le remède, c’est le respect envers les autres, une écoute attentive, et l’acceptation du dialogue et de l’échange, et ces « dotations » ne dépendent ni de l’État, ni de notre organisation structurelle. Les moyens modernes de communication, et les réseaux sociaux nous apportent chaque jour la preuve d’une défiance qui s’affirme, voir d’une contestation qui peut aller avec déraison, jusqu’à la violence. Soyons raisonnable. Toute communauté, de la fourmi, de l’abeille, jusqu’à l’Homme, a besoin d’une structure organisée et hiérarchisée dans les responsabilités. Ce fait est aussi évident qu’incontestable. En France, dans nos outre-mer, en Guadeloupe en particulier, nous avons des structures, que, ici ou là, on cherche à optimiser.

Mais je voudrais faire observer : Qu’un mauvais ouvrier, même dans une bonne structure, fera toujours du mauvais travail. Qu’un bon ouvrier, même dans une mauvaise structure, fera toujours du bon travail. Ce n’est donc pas la structure qui est en cause, mais nos compétences et nos comportements dans la structure.

À cet égard, observons si les modifications de structure intervenues en Martinique, à Saint-Martin, à Saint Barth, ont entraîné un renouveau révolutionnaire par rapport à la situation préexistante et une disparition notoire des problématiques en instance ? Bien sûr on peut chercher à réduire les frais de fonctionnement de la structure, c’est vertueux, mais l’essentiel dans la structure n’est-ce pas la compétence de ses acteurs et l’efficience qui en découle ? 2 La compétence n’est pas seulement technique, elle passe aussi par le « Savoir être », le respect des autres et donc par leur écoute car on ne réussit jamais tout seul, mais tous ensemble ou pas. Écouter ses partenaires dans l’environnement, c’est cela qui permet d’évoluer positivement, tous ensemble.

Or trop souvent le citoyen ressent, à tort ou à raison, c’est selon l’appréciation individuelle, qu’une fois qu’il a désigné ses représentants dans la cité, ceux-ci en font à leur guise, sans rendre compte, et sans solliciter l’avis de la société civile sur des questions d’importance

D’où la défiance et la méfiance. Certains vont même jusqu’à exprimer « Si vous êtes en désaccord, vous n’aurez qu’à vous présenter aux suffrages des électeurs la prochaine fois, mais pour l’instant c’est moi l’élu », comme si, extrait du peuple par la volonté du peuple, ils étaient devenus ainsi, par une onction sacrée, le temps de leur mandat, et parfois ad’ vitam, parfois de père en descendance, une nouvelle pensée révélée de l’olympe des Dieux dispensée de redescendre de la montagne pour rencontrer les brebis d’en bas. Fort heureusement ce sont là des cas extrêmes, et on ne peut que se féliciter de l’initiative du Forum d’aujourd’hui et de la richesse de la diversité de franches interventions sans langue de bois.

Mais il suffit d’une seule dérive pour jeter la suspicion sur les autres. Il suffit qu’un seul Maire vende un terrain communal à vil prix à un membre de sa famille et en catimini, pour que, dès l’iniquité révélée s’élève la rumeur « tous pourris

». Au service du citoyen, l’on se doit d’être irréprochable, et de veiller à l’égalité de traitement. Pour en revenir à notre sujet, il est fortement à craindre qu’un changement de structure éventuel ne modifie en rien cette situation caractéristique de comportements singuliers. En revanche l’évolution technologique permet aisément aujourd’hui la modification des comportements critiqués. Pourquoi ne pas publier périodiquement sur le site Internet de la commune, ou de la collectivité de commune, certaines informations en toute transparence : • Un récapitulatif clair des recettes et des dépenses, (par trimestre par exemple) ? • Quelles orientations pour les aménagements du territoire, avec la possibilité que chacun puisse déposer un avis sur ces orientations, avis qui pourraient être synthétisés dans une réunion publique ? • Une information décentralisée de la citée, accessible au plus grand nombre, à l’opposé de la culture du Secret ? • La preuve concrète du respect de la légalité comme par exemple la tenue et la publication de : - L’annexe « obligatoire » au compte administratif de la commune sur la collecte des taxes d’habitation temporaires improprement appelées taxes de séjour, - Des arrêtés de répartition - obligatoires jusqu’au 31/12/2018 – prouvant l’égalité de traitement envers tous les contributeurs de la taxe, - Du montant et de l’affectation des taxes Casino … Les taxes d’habitation temporaires dites improprement taxes de séjour ont été instituées en 1910 pour permettre à une commune de montagne de 700 habitants de s’équiper structurellement pour recevoir en période touristique d’hiver jusqu’à 20.000 skieurs. C’était logique et vertueux. Avec le temps est venue la perversion du système de taxation, la maximisation autant que possible de la collecte, et l’utilisation du produit à des fins non voulues à l’origine par le législateur : il y a eu trahison envers le citoyen payeur.

De même pour l’Octroi de mer voulu protéger, à l’origine, la production locale : Quels montants dans le temps sont venus vraiment soutenir l’agriculture et la pèche en Guadeloupe ? 3 Est-ce vraiment une fiscalité protectrice de la production locale aujourd’hui, ou un impôt, un octroi du passé, ciblé vers le fonctionnement de nos collectivités dont certains disent qu’il doit être pérennisé et ne peut être ni réduit, ni supprimé.

Le vrai problème est-il les montants ou leur affectation acceptée par le plus grand nombre de la population ? Les dépenses répondent-elles à l’intérêt général ? Le financement du fonctionnement des structures des collectivités doit–il reposer sur un dévoiement de la volonté, voulue à l’origine par le Législateur, de la destination finale des taxes et impôts ? (Comme par exemple la Vignette pour les « vieux ») Le non-respect de la finalité est-il propice à engendrer la confiance du citoyen ? Autres exemples encore, les taxes sur les jeux. Vous savez que les taxes « Casino de Jeux » sont progressives et sont, au-delà de 13 Millions de CA annuel, de 80 % du CA dont 65 % vont à l’État et dont 15 % vont à la commune d’implantation. Je pose la question :

Quels sont les montants collectés en Guadeloupe sur Gosier et St François ? Qu’a-t-on fait depuis des années de cette collecte ? La population est-elle informée des divers produits fiscaux et de leur utilisation ?

Y-a-t-il transparence de ceux qui gèrent envers ceux qui leur ont confiés cette mission ? Et cette transparence accouche-t-elle de la confiance ? Est-il scandaleux d’oser suggérer un droit de regard du citoyen envers les personnes mandatées pour le représenter dans la citée ? Est-ce acceptable ? Si l’on veut rétablir la confiance, ne faut-il pas reconnaître un large droit de regard du citoyen envers les personnes mandatées pour le représenter dans la cité, car le citoyen veut connaître l’affectation de ses efforts et de ses sacrifices : il paye pour les routes, la santé, les services d’école, de maternité, de crèches, etc … et au final est-il suffisamment satisfait pour consentir sans restriction aux efforts demandés ? Bien sûr, le CESER est une représentation civile de la société très utile, mais peut-on dire qu’à elle seule cette représentation suffit, et qu’une information transparente des citoyens serait contradictoire ? La transparence passe par le dialogue. Celui-ci favorise la compréhension réciproque des points à traiter et l’acceptation de l’autre. A cet égard il faut s’interroger sur l’équilibre de la représentation dans notre société. Les statuts des EPIC donnent-ils ou non, une majorité écrasante aux élus ? La représentation minoritaire des professionnels favorise-t-elle la confiance ? Si l’adage « Qui commande Paye » conduit à avoir dans ces instances, majoritairement, les élus qui tiennent les cordons de la bourse, alors pourquoi jouer à un semblant de consultation démocratique en saupoudrant l’assemblée avec quelques représentants extérieurs ? L’équilibre actuel – ou le déséquilibre – entre les membres délibératifs et consultatifs doit-il et peut-il être encore conservé longtemps ? Les deux premières commissions de ce Forum ont traité de questions économiques et fiscales. Quand on parle de fiscalité, de quoi parle-t-on ? On sait qu’en France la pression fiscale est la plus élevée d’Europe (47 %). 4 En Guadeloupe, cette pression fiscale élevée se conjugue avec un PIB / habitant qui est 25 % inférieur à celui de l’Hexagone, et avec des disparités de revenus entre secteur public et privé dont personne ne peut contester qu’elles soient inégalitaires. Or, peut-il y avoir : Consentement à l’impôt si la transparence sur la collecte et son affectation conforme à l’intérêt général n’est pas évidente ? C’est-à-dire si l’équilibre entre les coûts de fonctionnement indispensable et les investissements nécessaires n’est pas convaincant ? Cet équilibre est-il en général respecté ? La sphère publique est-elle si différente d’une entreprise ou d’un ménage ? Comment cela se passe-t-il dans ces deux dernières ? On ne dépense que ce que l’on possède en capacité de dépense, et pour une entreprise qui ne respecte pas ce principe fondamental, elle fait faillite. Les banquiers acceptent rarement de leur consentir des prêts sur plusieurs générations quand elles sont dans le « rouge » … Ma grand-mère disait « Je paye d’abord mon loyer et mes charges (eau, électricité) et je mange ensuite ». C’était la morale d’hier : pas de tricherie et respect des engagements sociétaux. Aujourd’hui ne faut-il pas s’interroger si ces valeurs subsistent encore : On travaille d’abord et on s’amuse ensuite ou bien est-ce l’inverse ? On assume ses responsabilités de citoyen dans la cité, ou l’on préfère se nourrir sur la collectivité sans apporter sa contrepartie ? La société n’est que le résultat, la somme des engagements individuels que chacun accepte d’y apporter. Combien de budgets communaux en excédents, et en déficit, en Guadeloupe ? Pourquoi ? L’enfer est pavé de bonnes intentions dit-on et arguer que la situation économique autorise, en particulier en Guadeloupe, à avoir dans les collectivités des effectifs pléthoriques, n’est pas responsable.

La mission du service public n’est pas de donner de l’emploi à tous les vrais ou les faux chômeurs, en les affectant à des postes pour lesquels certains affectés n’ont aucune compétence ou encore aucun moyen d’assurer leur mission.

Aller dans cette voie conduit inéluctablement : - à la recherche de recettes maximales, (Taxes d’enlèvement des ordures ménagères, d’habitation, foncières, etc …) - à privilégier les dépenses de fonctionnement au détriment des investissements attendus dans l’intérêt général. - C’est selon moi ce qui explique les dérives dans le temps de la volonté initiale du législateur et ce qui a conduit à dénaturer l’emploi de la fiscalité. Il ne peut y avoir : Consentement à l’impôt que si il y a transparence sur l’affectation du produit des taxes et impôts et que ceux-ci soient conformes à l’intérêt général, de même qu’on ne peut payer le service de l’eau que si l’on a, en permanence, en suffisance, une eau de qualité. Ceci étant posé : Les élus ne sont que les délégataires du peuple, 5 Ils doivent rendre compte régulièrement des recettes, des dépenses et des projets sociétaux. Le problème n’est pas leur organisation structurelle, mais leur efficience et leur acceptation par le peuple électeur. Rejeter le sujet de l’efficience sur une proposition de modification de la structure, n’est-ce pas abuser le peuple ? Pour rétablir la confiance, il faut de la transparence, et dire : Où veut-on aller ? Comment on y va ? Dans quels délais ? Quels sont les freins à surmonter ? Quels sont les moyens dont on dispose rationnellement pour y parvenir ? Cela s’appelle une stratégie et dans cette stratégie il faut définir : - Les « pré-requis » (être nourri, couvert, en bonne santé, avoir un air respirable, des énergies, des services : école, crèche, etc …) - Et les objectifs.

Quelle Guadeloupe voulons-nous ? Industrielle ? Agricole ? Tertiaire ? Touristique ? Comment voyons-nous la Guadeloupe de demain matin ? Quelle politique énergétique (géothermie, marémotrice, et solaire en particulier) ? Et dans ce MIX, quelle est la priorité ? Et si le tourisme est reconnu comme une priorité par le plus grand nombre, quel tourisme ? Actuellement beaucoup de paroles en bouche se leurrent sur le tourisme. Beaucoup y vont de leur petit couplet, avec une autosatisfaction non cachée, comme si ils étaient des « touristologues confirmés » et alors ils vous parlent de : - Tourisme Vert (dans nos grands fonds ignorés pour l’instant et qui méritent une mise en valeur ?) - Tourisme Bleu (où en sont les réparations navales ?) - Tourisme durable (Tri et traitement des déchets ?) - Tourisme de sens et de contresens qui s’accommode de pollutions diverses (air, eau, visuelles, …) Le tourisme n’est-il pas à certains égards comme un garagiste qui vous vanterait les chromes et la carrosserie exceptionnelle d’une épave automobile à qui il manquerait l’essentiel : le moteur, les freins et la suspension ?

Ne relève-t-il pas parfois de la stratégie du pyjama ? La stratégie du pyjama consiste à discourir sur l’esthétique du pyjama à passer au mourant, pour montrer à la famille qu’on s’occupe bien de lui, alors qu’on pourrait le soigner, mais qu’on estime les soins trop coûteux. 6 Au-delà des bonnes intentions quelles concrétisations visibles immédiates avons-nous ? Le tourisme nécessite des pré-requis (eau, assainissement, routes, propreté, beauté, etc …) et sans les pré-requis, on peut toujours parler des chromes pour cacher la misère, mais quand les yeux vont s’ouvrir, qui restera abusé ? La communication est large aujourd’hui, les photos et commentaires circulent dans le monde entier … Quel est le tourisme le plus contributif : - Au transport aérien ? - À l’emploi ? - À l’évolution du PIB/habitant ? Actuellement, l’hôtellerie est une espèce en voie de disparition comme l’écrit l’Écho Touristique du 8 novembre 2018, car elle est prise entre les deux mâchoires d’une tenaille qui serre de plus en plus fort. Ces deux mâchoires sont : a) L’Hôtellerie flottante appelée Croisière b) Les Hébergements non professionnels a) Cette hôtellerie flottante est le plus souvent à bas coût car elle emploie des salariés hors de notre système social, c’est-à-dire : - Des emplois qui travaillent (50 à 60 heures hebdomadaires pour un quart de SMIC), - Hors de la législation sociale française protectrice, - Avec un nombre d’emploi antillais proche de zéro, - Sur des navires le plus souvent construits en dehors des chantiers navals nationaux voir européens, (donc hors création d’emplois européens) - Activités qui engendrent des investissements d’accueil en général supérieurs aux gains récoltés sur le sol Guadeloupéen (recette par croisiériste descendant à terre – un sur trois – de l’ordre de 80 € contre 1.100 à 1.200 € pour un touriste résidentiel, hors billet d’avion). Hormis l’image positive apportée à la destination,

La Croisière coûte plus cher à la Guadeloupe qu’elle ne lui rapporte actuellement. En outre, c’est une hôtellerie flottante qui est délocalisable et peut abandonner la destination subitement. b) Les Hébergements non professionnels La politique conduite par la région Guadeloupe vise à diversifier la répartition des touristes sur le territoire pour mieux équilibrer le territoire et éviter un sur-tourisme.

On ne peut qu’approuver un tel objectif. Cependant, ces hébergements non professionnels ne sont pas soumis à TVA, CFE, CVAE. Ils perçoivent rarement ladite taxe de Séjour et la reversent avec parcimonie. Les responsables communaux ou de communauté d’agglomérations mettent rarement en œuvre les moyens à leur disposition pour percevoir cette taxe, de sorte que si 65 % des passagers aériens vont dans les hébergements non professionnels, ceux-ci ne reversent même pas 10 % de la collecte totale. Cette situation sera difficilement rectifiée tant qu’on n’adoptera pas un prélèvement à la source portant sur tous les touristes, ce qui augmentera la collecte pour les collectivités, dégageant ainsi des moyens d’investissement, avec un taux de taxation plus bas et plus raisonnable, car le nombre de contributeurs sera plus grand. 7 C’est une première solution facile à mettre en place en acceptant de dialoguer avec les professionnels, si on l’accepte. La deuxième solution est purement législative : la Loi I peut décider que les hébergeurs non professionnels sont des intermédiaires du tourisme au même titre qu’une agence de voyage, et qu’ils doivent être soumis au même régime fiscal. Les hébergements professionnels et non professionnels seront soumis aux mêmes conditions fiscales et la concurrence pourra jouer librement. Rien ne sert de s’en prendre aux plateformes de distribution : elles ne font qu’exercer une activité qui répond à un besoin. Il ne faut s’en prendre qu’à nous-mêmes et à nos représentations nationales incapables d’adapter en temps réel laloi aux réalités technologiques. On pourrait ajouter encore beaucoup d’élément s d’éclairage, mais ces quelques-uns précédents suffisent à illustrer que les hébergements non professionnels, qui ne créent pas d’emplois déclarés, peuvent pratiquer des prix particulièrement bas que les hébergements professionnels – qui eux portent l’emploi - ne peuvent pas concurrencer. Pris entre les deux mâchoires de la tenaille, mâchoires dont la pression au serrage est de plus en plus forte, les hébergements professionnels commencent à suffoquer et l’hôtellerie (qui crée des emplois et contribue à l’augmentation du PIB Guadeloupe) est en train de dépérir doucement et risque de disparaître à terme en douceur, comme une bougie qui s’éteint, sans effrayer l’énorme foule qui applaudit la croisière et se satisfait d’une économie parallèle croissante dans le temps, et en toute impunité. Seules subsisteront alors les créneaux qui échappent aux deux mâchoires de la pince pour l’instant : - Les hôtels 5* et palaces (le très haut de gamme) - Les Hébergements professionnels à thème (relais du silence, spas, jardins créoles, hôtels boutiques) Est-ce ce que veulent, ceux qui veillent au devenir de la Guadeloupe, dans un environnement critiquable (eau, routes, pollutions visuelles, plages polluées…) ? Le rapport Moral du Président du GHTG – UMIH Guadeloupe de l’Assemblée Générale Ordinaire 2019, statuant sur l’exercice 2018 développe avec beaucoup plus d’ampleur les quelques remarques qui précèdent, qui ne sont que le résultat des réflexions à l’état brut et spontanées suite à diverses interventions pendant le Forum. Ce rapport Moral peut être adressé sur demande à ceux qui se sentent sensibilisés par ces questions pour conclure les interventions de l’après-midi du Forum ont été si riches qu’elles ont mobilisées toute mon attention. On voudra donc bien m’excuser de ne rien en reproduire. Je me félicite de l’expérience positive vécue lors de ce forum qui, au-delà de riches échanges, a révélé une écoute attentive, écoute qui n’est pas partout généralisée. Bien sûr, le débat est ouvert, et chacun peut répondre en envoyant un mail à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Nicolas Vion

Membre du CESER Guadeloupe,

Représentant le secteur touristique,

6ème vice-président, Médaille du Tourisme OR promotion 1/1/2017

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