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Guadeloupe. Municipales : Harry Durimel : « A Pointe-à-Pitre mon leadership est désormais admis »

21 Déc 2019
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Pointe-à-Pitre. Samedi 21 décembre 2019. CCN. Face à Jacques Bangou le maire démissionnaire sortant c’est une opposition à peu près unifiée sous la bannière d’Harry Durimel qui se prépare à la bataille de Pointe-à-Pitre. Après de longues et laborieuses discussions-hésitations, CCN est en mesure d’affirmer que Claude Barfleur (MGP) et un groupe scissionniste du RND de Georges Brédent ont décidé de se rallier au leader du REV.

Tania Galvani (RND canal-historique) quant à elle a refusé catégoriquement de faire cause commune avec Durimel comme leader. Ainsi donc, la jeune avocate pointoise soutenue à la fois par le GUSR de Guy Losbar et par le président Ary Chalus (LREM) s’apprête à se confronter à ceux qu’elle qualifie « de féminicide politique ». Ary Durimel, qui en est lui à sa 3ème tentative à la mairie de Pointe-à-Pitre semble avoir le vent en poupe. Peut-il gagner cette fois ? il le croit sérieusement.

Ses soutiens les plus sûrs sont 2 parlementaires Abymiens qui sont eux même membres du GUSR, et c’est là que ça se complique. Car une gestion improvisée du « cas Tania » peut mettre à mal la majorité de Chalus et entrainer des dommages collatéraux aux échéances électorales post municipales. Ce que l’on sait, c’est que la LREM et Macron souhaitent grâce à « coup de main » anba fey du néo gouverneur de prendre le pouvoir par le réveil opportun de certaines « affaires » dans des villes telles que : Pointe-à-Pitre, Capesterre-BE et peut être même Basse-Terre ! Durimel est confiant et dans l’entretien qu’il a accordé à CCN, il affirme qu’il est LE leader, capable de gagner à Pointe-à-Pitre et pour cela il faut s’embarquer dans le (bon) wagon, celui qu’il conduit.

CCN. Dans moins de 3 mois les pointois iront aux urnes pour élire leur nouveau maire. Avez-vous réussi à rassembler l’opposition ?

Harry Durimel : Quand on me demande qui peut fédérer à Pointe-à-Pitre ? Objectivement c’est moi. Il y a des critères objectifs qui me conduisent à le penser. Je remplis les conditions pour être vraiment celui qui fédère. J’ai passé 10 années comme fonctionnaire territorial, j’étais le Directeur Général des Services, je crois connaître l’administration communale, les budgets, la gestion, pour pouvoir apparaitre aux yeux de mes partenaires comme celui qui connaît et qui peut être le leader.

De plus, j’ai pour moi 20 années de militantisme pendant lesquels j’ai défendu la Guadeloupe, sans limites, sans frontières, sans considération de chapelle, et de communes sur des causes diverses et variées qui touchent aux libertés, qui touchent à la pollution et autres… On me dit de ne pas faire un fonds de commerce sur le chlordécone, mais on ne peut pas me le contester car depuis 20 ans, j’appelle l’attention de mon peuple sur le fait que notre pays, empoisonné au chlordécone… et depuis que le grand-papa-blanc l’a reconnu tout le monde l’admet et dit que j’avais raison trop tôt, est-ce un inconvénient ? 

La légitimité de mon militantisme ?

On le voit les guadeloupéens sont très déçus par la classe politique…

Vous savez, s’il est vrai que les élus sont décevants, mais il faut aussi admettre que le guadeloupéen a fait ses choix d’élus sur des critères qui ne pouvaient conduire qu’à la déception.

Le premier de ces critères : c’est la séduction. Et justement on me considère, comme pas assez séducteur, je ne souris pas assez, je ne passe pas assez la pommade, mais c’est dû au fait que les combats que je mènes ont des causes difficiles qui ne prêtent pas au sourire, mais à force de m’entendre exprimer mon indignation, on a fini par me coller l’image d’un indigné permanent, d’un écorché à vif, et cette étiquette me nuit aujourd’hui. Les guadeloupéens doivent comprendre que s’ils désignaient leurs élus, sur le critère de leur combativité, de leur générosité, de leur altruisme pour leur pays, ils ne seraient pas déçus, car ils choisiraient des militants, des gens qui défendent une cause profonde. C’est ce sur quoi je compte pour dire aujourd’hui que si certains cherchent à se faire connaitre, moi j’ai 20 années pendant lesquelles on a pu observer ma constance, mon exposition, j’ai aussi bravé l’État : un procureur m’a poursuivi, lequel procureur est aujourd’hui en difficulté à Nice, (NDLR Jean Michel Pretre qui a été procureur à Pointe à Pitre de 2005 à 2011). En octobre dernier, alors qu’il exerçait cette fonction à Nice, il a été rétrogradé, suite à l’affaire Legay, une septuagénaire victime d’une bavure policière, ce que JM Pretre avait publiquement nié avant de se rétracter)

Le 2ème critère c’est mon engagement, mon opiniâtreté qui me permettent de dire que je suis le meilleur leader pour conduire une liste à Pointe-à-Pitre.

Et puis il y a aussi le critère purement démographique et électoraliste. Je me suis présenté par 2 fois aux élections municipales ; la 1ére fois, j’ai rassemblé sur mon nom 1500 voix, et la 2ème fois près de 2000 voix. Du point de vue de l’électorat, on peut considérer, qu’il y a un certain nombre de pointois qui me verraient bien accomplir le mandat que mon grand-père a eu en 1951 et qu’il n’a pas pu exercer. Je ne réclame pas un héritage, mais je souhaite que l’histoire rendre justice à Amédée Fengarol qui a été élu au suffrage populaire et qui est mort le soir même de son élection.

Cette motivation spirituelle, qui est je l’admets, d’ordre mystico-rationaliste est un argument que j’oppose à tous ceux qui me disent : laisse la place, t’es déjà allé 2 fois, et moi je leur réponds : jamais 2 sans 3 !!

CCN. Harry Durimel, il faut bien admettre que l’union de l’opposition pointoise est compliquée ?

HD. L’union était compliquée. Au vu des contacts que j’ai, il semble se dessiner que mon leadership est désormais admis. Les autres candidats potentiels admettent qu’on ne peut pas me demander d’être le second de ceux qui ne m’ont jamais devancé en termes de score. On a déjà fait un grand pas. Vous savez parfaitement, que la question de la tête de liste est souvent la cause des dissensions. J’aurais aimé parler non seulement de la tête de liste mais aussi de la cohésion de l’ensemble. Plutôt qu’un patchwork ingouvernable, il faut réussir à mettre en place une équipe rassemblé, cohérente, stable qui puisse transformer Pointe-à-Pitre.

CCN : Votre projet pointois est prêt ?

HD. Tout à fait. Il me suffit de l’actualiser : c’est l’ouverture de Pointe-à-Pitre sur la mer, établir un nouveau modèle démocratique, où le citoyen pourra quartier par quartier définir la politique de la ville, il faudra nettoyer les quartiers, les animer, faire dans chaque quartier que les citoyens se réapproprient leur environnement, faire des veillées populaires avec les enfants, des matches de foot…

Il faut aussi une totale réappropriation de la ville par les citoyens, car le redressement de la ville passe par l’instauration d’un tableau de bord et une comptabilité d’engagement avec une seule personne qui signe les commandes, pour éviter les dérives que l’on sait et la violation du code des marchés publics. L’ossature du projet est donc là, on aura besoin d’une contractualisation avec l’état pour revenir à l’équilibre car on aura besoin d’un soutien fiscal pour offrir aux entreprises une certaine attractivité pour les faire revenir sur le territoire. Régler le problème des dents creuses, associer en fait l’initiative privée aux moyens publics pour transformer cette ville. Voilà c’est mon projet depuis une dizaine d’années mais je vous le redis, il sera réactualisé...

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