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Guadeloupe. Politique. Xavier Cordoval : « Prenons notre pays en main ! »

19 Avr 2020 Xavier Cordoval
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Saint-François. Lundi 20 avril 2020. CCN. Ancien journaliste de la presse audiovisuelle (RCI et Canal 10) Xavier Cordoval demeure un observateur attentif de la vie politique et sociale d de son pays. C’est à ce titre qu’il a adressé à CCN cette réflexion, inspirée par la Guadeloupe en mode en confinement mais aussi par l’attitude contestable, mais pas assez contesté d’un préfet hyper présent sur le terrain médiatique et pas que…

Il y a ce qui dépend de nous et il y a ce qui ne dépend pas de nous disait Épithète.

  • Nul doute que la nomination et le cursus professionnel du Préfet, représentant de l’État en Guadeloupe ne dépend pas de nous.

Les politiques publiques qu’il met en œuvre, la communication qu’il déploie, les arbitrages qu’il impose, les mises en demeure qui pullulent et les graves accusations qui sont émises à l’égard de nos élus, ne le sont pas davantage.

Nous, population, ne faisons que subir, des directives, des radars, des réquisitions et autres sommations…

Cependant, il y a ce qui dépend de nous.

Nos collectivités, la gouvernance de notre pays, nos élus, l’animation de la société, de la vie communautaire, l’organisation de nos foyers, nos modèles de famille, notre consommation, l’éducation que nous réservons à nos enfants, le regard que nous portons à nos semblables, notre volonté de faire peuple… oui tout cela dépend bien de nous.

Si nous devons reconnaître notre impuissance face à ce qui nous échappe, nous avons tant à faire sur le reste.

La distribution d’eau potable et l’assainissement, le traitement des déchets, l’organisation du transport, le coût des denrées alimentaires, la réelle cohabitation des communautés et même la crise du Covid 19 sont des sujets à notre portée.

La réponse publique locale à la crise sanitaire que nous subissons ne peut sérieusement se limiter à la prière de Pâques et à la distribution de paniers de fruits et légumes.

Le chef de l’Etat s’est exprimé : qu’avons-nous prévu au plan local afin de protéger nos populations et d'obvier aux conséquences de cette pandémie ?

Pourquoi ne pas tester notre population dans son ensemble à l'exemple de la COM de Saint Barthélémy ?

Pourquoi ne pas apporter des alternatives sérieuses et pérennes à cette crise sans précédent ?

Sommes-nous aujourd’hui en mesure de résoudre nos problématiques majeures ?

Sans aucun doute, si l’on en s’en réfère au nombre de diplômés guadeloupéens. `

Nous n’avons, en effet, jamais autant dénombré de bacheliers, d’universitaires, de guadeloupéens capables de penser et construire le pays Guadeloupe.

Nous détenons l’intelligentsia capables de conduire des politiques publiques cohérentes et d’être des portes paroles audibles auprès du pouvoir central.

Une mise en réseau avec les porteurs de capitaux endogènes devrait féconder une nouvelle voie, la possibilité de produire en local les outils de défenses efficaces de la population face à cette attaque virale.

Fort de cette nouvelle alliance Guadeloupéenne, nous serions en mesure d’apporter des réponses à la population afin d'annihiler la prolifération de mouvements citoyens aux influences politiques extrêmes.

Nous avons tant à faire et à construire : laissons le représentant de l’Etat faire de la politique, laissons le essayer de salir, essayer de détruire le lien entre les communautés.

Personne n’est dupe : son omniprésence médiatique, ses interventions quotidiennes sur tous les supports de diffusion ont pour objet de masquer les carences de l’Etat, les empoisonnements de masse, les choix douteux, les manipulations médiatiques et les silences complices.

Le monde a changé,  et comme le dit  Me Pierre Yves Chicot "aujourd’hui l’action publique et son efficience doivent être envisagées dans le cadre d’une co-contractualisation avec l’Etat".

Préparons demain, l’après confinement .

Prenons notre pays en main, anticipons la sortie  de crise.

Interrogeons nous sur un accompagnement efficace et rigoureux de nos entreprises locales, sur leur valorisation.

Investissons nous afin d'être acteurs de la relance de l'économie guadeloupéenne.

Le tourisme est à l’arrêt et les prévisions pour 2020 ne sont pas optimistes : quelles mesures pouvons-nous prendre afin d’atténuer l’impact du Covid 19?

En définitive, être en marche ne suffit plus à faire avancer les grands dossiers du pays Guadeloupe.

Notre représentation politique doit être forte et crédible aux yeux du pouvoir central, elle a trop longtemps paru fragile à l’épreuve des grands enjeux archipélagiques.

Une faiblesse dont nous portons une forte part de responsabilité car au final notre bulletin de vote nous donne le pouvoir de choisir des hommes et des femmes en capacité de nous sortir de ce vide intellectuel.

Un vide qui fait le nid de tous les Gustins du monde ...

Béf ka janbé la bayé ba

 

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