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France. Débat. La fondation pour la mémoire de l’esclavage : sans historien ?

23 Avr 2020 By Oruno. D. Lara ( Cercam)
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Paris. Jeudi 23 avril 2020. CCN. La Fondation pour la mémoire de l’esclavage créée à Paris (Hôtel de la Marine) en novembre 2019, présidée par Jean-Marc Ayrault, a pour objectifs avoués : « Comment mieux prendre en compte dans le récit national l’héritage de quatre siècles de relations entre la France, l’Afrique, l’Amérique, les Caraïbes et l’Océan Indien ? ».

« La Fondation veut aider à la compréhension de l’identité mondiale française issue de quatre siècles de relations entre la France, l’Afrique, l’Amérique, les Caraïbes et l’Océan Indien et ainsi participer à la cohésion nationale en montrant que les outre-mer ont enrichi la culture et comment la résistance à l’oppression et le combat pour l’abolition ont façonné les valeurs de la France ».

La Fondation est dirigée par Dominique Taffin, conservatrice générale du patrimoine, ancienne directrice des Archives de la Martinique.

Pour atteindre ces objectifs, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage s’entoure d’un comité scientifique nommé le 14 février 2020. Une réunion inaugurale de ce comité scientifique s’est tenue à Paris le 27 février 2020.

« Cette instance consultative de la Fondation comporte 41 membres, français et étrangers, représentant de multiples disciplines (histoire, sciences politiques, archéologie, histoire de l’art, littérature…) ».

Le comité scientifique est présidé par Romuald Fonkoua, professeur de littérature francophone, employé depuis 1999 au service des éditions Présence Africaine à Paris. Cet universitaire africain d’origine camerounaise a soutenu à Lille en 1990 une thèse sur « Les écrivains antillais et leurs Antilles ». Comment demander au littéraire africain enfermé dans son milieu de romans, de contes et de théâtre, de reprendre toute sa vision et de la replacer dans une large fresque sous le chapiteau de l’Histoire ?

Dans un entretien avec Boniface Mongo-MboussaA, rédacteur en chef de la revue Africultures, Romuald Fonkoua, répondant à la question : « Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à la littérature antillaise ? » déclare ceci :

« Je suis issu d’une famille de rois, de princes africains… En fait, je soupçonne mes ancêtres d’avoir pratiqué l’esclavage. Donc je paie ma dette ».

J’avoue avoir été surpris, agréablement surpris de cette réponse. Il est si rare d’entendre un Africain, universitaire de surcroît, reconnaître spontanément que ses ancêtres ont vraisemblablement été des esclavagistes et ont donc sûrement vendu des captifs africains aux Européens des comptoirs qui les embarquaient - ces captifs - sur les vaisseaux négriers qui appareillaient pour les colonies des Amériques et des Caraïbes.

Ceci dit, revenons au prince, c’est-à-dire au spécialiste de la littérature africaine qui refuse d’étudier sa propre littérature camerounaise, pourtant si riche, et préfère braconner dans le champ littéraire des Caribans. Un univers des Caraïbes qu’il ne connaît pas car il navigue encore dans les « Antilles » à voiles et à la lampe à huile.

Dans cet entretien, Romuald Fonkoua ne cache pas les difficultés rencontrées, en particulier nous dit-il, « en reconstituant l’histoire, on s’est aperçu que les écrivains antillais entretenaient avec leur espace natal des rapports très complexes, sans doute liés au poids d’une notion qui n’a pas toujours été prise en compte dans les analyses littéraires : l’assimilation ».

Une assimilation que l’impétrant africain perçoit ainsi :

« A chaque fois que l’on prononce le mot assimilation, s’y agrègent tout de suite les notions esclavages, colonisation, domination, indépendance, ou bien les rapports centre/périphérie ».

Cette perspective conceptuelle l’incite à constater que « aux Antilles françaises, l’assimilation n’est pas seulement un phénomène d’ordre politique : elle relève aussi du domaine culturel… ».

Romuald Fonkoua pense que l’assimilation est un phénomène politique ou culturel. Il n’imagine pas qu’il y ait une perspective historique. Au vrai, l’Histoire n’est jamais prise en compte, sauf quand il affirme « en reconstituant l’histoire », ce qu’il n’explique pas clairement. Qu’entend-il par reconstituer l’histoire ?

Qui reconstitue ? Comment l’histoire est-elle reconstituée ? Que représente cette reconstitution ?

Bref, le littéraire se déplace dans un milieu qui lui est propre et qui échappe aux historiens de métier. Nous ne parlons pas le même langage. Nous ne percevons pas la même réalité. La vision du littéraire n’est pas celle de l’historien. Précisons que ce dernier, l’historien de métier, qui résout ses équations dans son espace, ce continent découvert par Karl MARX au XIXe siècle, a pris grand soin de connaître, d’apprendre la littérature de son sujet. Ici, l’espace des Caraïbes ne se dissocie pas de sa riche littérature.

Que demande-t-on aux experts ainsi réunis sous la bannière de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage ?

Impossible évidemment d’exiger d’un littéraire africain de passer par l’histoire, donc de devenir historien, avant de chercher à étudier et à comprendre la littérature dite « antillaise » ainsi que les « Antilles ». Comment définir ces « Antilles » ? Et que signifie « les écrivains antillais » ? Faut-il retenir dans cette sphère « antillaise » tous les auteurs des îles de l’arc oriental des Caraïbes ? Ou bien faudrait-il circonscrire les colonies françaises, en englobant ou pas Saint-Domingue ? S’il n’était pas prisonnier d’une historiographie coloniale française qu’on appelle communément la Vulgate, érigée par l’administration et les colons békés,  sans doute aurait-il analysé de manière critique les concepts d’« Antilles » et d’« écrivains antillais »…

Romuald Fonkoua termine son entretien en citant trois écrivains de ces Antilles qu’il a étudiées, selon nous dit-il, une modalité proprement « territorialiste » qui court de Césaire … à Glissant, et « une modalité plus saine,… plus détachée de la terre… c’est Daniel Maximin ». Comment peut-on aligner et comparer Aimé Césaire, Édouard Glisant et Daniel Maximin ?

Que signifie « une modalité plus saine » ?

Est-on dans l’univers des frères Grimm ou dans la galaxie du réel aux Caraïbes ?

Aimé Césaire est un personnage aux dimensions multiples d’une telle variété, qui peut être critiqué certes, mais qui ne souffre aucune comparaison. Combien de fois faut-il le dire et le redire. Dommage que Romuald Fonkoua, qui s’affiche biographe et spécialiste du maître, ne le sache pas et ne paraisse pas en mesure de l’apprendre. Mon ami Édouard Délépine, auteur de l’ouvrage Nous sommes des nains sur les épaules d’un géant, Aimé Césaire (K Éditions, Fort-de-France, 2015) devrait le rappeler à l’ordre et lui apprendre les rudiments, les fondamentaux de Césaire que nous connaissons tous et qui métamorphosent la Martinique, l’île aux revenants !

Marc Césaire, en mars 2014, dans sa préface au second volume (1935-1956) des Écrits Politiques d’Aimé Césaire, l’avait déjà tancé en ces termes: « ou pire, le fourvoiement d’un biographe (Romuald Fonkoua, Aimé Césaire, Perrin, 2010) qui, manquant complètement la part prise par Césaire dans la construction du sentiment national martiniquais, publie sans ciller que le Parti communiste martiniquais se prononce dès l’année 1957 en faveur de l’indépendance de la Martinique et fonde sur cette bourde… son appréciation de la stratégie comme de la tactique développées par le mouvement césairiste émergent… ».

Romuald Fonjkoua emploie un vocabulaire non scientifique que je ne comprends pas et qui m’oblige à interpréter sans aucune précision ce qu’il développe dans une thèse présentée en 1990 à l’université de Lille, sous la direction de Bernard Mouralis.

Heureux ces littéraires qui peuvent ainsi s’affranchir de l’Histoire !

Heureux ces enseignants qui, le nez dans leurs textes de littérature francophone, peuvent sauter à pieds joints de Césaire  à Glissant puis à Maximin, sans jamais s’interroger sur le contexte historique qui les enveloppe et les porte sur la lice des combats en cours.

N’est-ce pas Aimé Césaire qui terminait son discours « Culture & Colonisation » au Premier Congrès des Écrivains et Artistes Noirs le 20 septembre 1956, à Paris, en invitant les peuples noirs à occuper leur place dans le monde :

« Nous sommes là pour dire et pour réclamer ; donnez la parole aux peuples. Laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l’histoire ».

Dans un Film-documentaire de 0h 52 minutes réalisé en 2017, de Guy Deslauriers, scénario de Patrick Chamoiseau, intitulé « Césaire contre Aragon », nous retrouvons Romuald FONKOUA. Il donne son avis sur la fin de cette communication de CÉSAIRE au Congrès de 1956. Il la cite pour expliquer le comportement de Césaire, signataire de la lettre à Maurice THOREZ le 24 octobre 1956. L’occasion pour le Camerounais de naissance de faire étalage de ses connaissances de l’histoire « antillaise », « reconstituée » sans nulle doute par lui-même. Romuald Fonkoua expose les deux sens que sous-entend, selon lui, l’entrée des peuples noirs sur la grande scène de l’histoire.

« L’expression peut être entendue aujourd’hui dans deux sens, nous dit-il dans le documentaire : 1- au sens politique, c’était plaider pour l’autonomie de ceux-ci (les peuples noirs) qu’ils soient d’origine antillaise, comme en Martinique et en Guadeloupe, où l’autonomie avait déjà eu lieu quelques années plus tôt ; ou bien qu’ils viennent d’Afrique où pointait à l’horizon la question de l’indépendance, comme on le verra avec le Ghana en 1957 et la Guinée en 1958.

2- Mais c’est aussi une formule qui permet de défendre l’autonomie qui est l’autonomie littéraire des peuples noirs, comme l’a montré le débat qui a opposé Aimé Césaire à Aragon… position que contestait Césaire qui militait lui, pour l’autonomie du poète, pour l’autonomie du peuple, pour l’autonomie de création, pour l’autonomie de la langue à travers la défense du vers libre ».

Ainsi pour Romuald Fonkoua, président du comité d’experts de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, quelques années auparavant - avant 1956 - les Antillais avaient « déjà bénéficié de l’autonomie ». Est-ce une manière bien personnelle de restituer l’histoire ?

Le littérateur africain a voulu évoquer, je suppose, la loi du 19 mars 1946.

J’espère que quelques experts qualifiés pourront lui expliquer cette fameuse loi qui, contrairement à ce qu’il croit, ne concerne pas l’autonomie des colonies insulaires, mais le prolongement de la colonisation et leur enfermement dans l’espace exigu de l’hexagone français.

La lettre de Césaire est analysée comme un texte littéraire par l’enseignant africain. Il aurait fallu par exemple, pour mieux comprendre la lettre de Césaire, analyser les différentes étapes qui progressent au cours de cette année 1956. Ce que nous pouvons résumer imparfaitement certes, trop rapidement, de la manière suivante.

On commencerait par mentionner l’ouverture, le 14 février 1956, du XXe Congrès du P.C.U.S. (Parti Communiste de l’Union Soviétique). Évoquer les grandes manœuvres de Maurice Thorez  à Moscou contre Khroutchev avec son article publié dans la Pravda, le matin même de l’ouverture du Congrès.

Le choc du « Rapport secret » prononcé à la séance de minuit, à huit clos. Khroutchev prononça son rapport réquisitoire contre les crimes de Staline pendant quatre heures qui sont entrées dans l’Histoire pour devenir le XXe Congrès. Le choc avait été terrible.

Le matin suivant, 25 février, vers les onze heures, « Maurice Thorez reçut, par porteur spécial, une copie du document. Le messager soviétique faisait savoir en même temps que le texte en question devait être regardé comme confidentiel et réservé à l’usage exclusif des seuls dirigeants et délégués des partis frères : il était demandé de ne prendre aucune note et précisé que le rapport devait être rendu aux dirigeants soviétiques quelques heures plus tard » (Philippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste).

Maurice Thorez regagna Paris par train dans la matinée du 8 mars. Il retrouva sa compagne Jeannette Vermeesch et ils se livrèrent à une interminable discussion. Ils décidèrent alors que le Parti devait ignorer les crimes de Staline. A la table familiale Jean, leur fils aîné, âgé de vingt ans, leur lança « Nous sommes tous des assassins ! ». Jeune communiste, Jean Thorez étudiant en russe, servait parfois d’interprète lors des rencontres Khroutchev-Thorez.

Cette incapacité à pouvoir convaincre son propre fils renforça Thorez dans sa décision de cacher la vérité. Dès lors, il faut suivre les choix du secrétaire général, la réunion du Comité central consacrée au XXe Congrès, le 22 mars. Porté absent à cette réunion, c’est Jacques Duclos, du haut de son 1,49 m (une taille qu’il voulait cacher aux militants du Parti) qui présenta le rapport. THOREZ se rendit en Italie, à Florence où il rencontra Togliatti, le secrétaire général du Parti communiste italien, le dimanche de Pâques. Ce dernier, placé dans la même situation, n’informa pas pour sa part la délégation italienne et attendit son retour à Rome pour prévenir ses principaux collaborateurs. Le secrétaire général du P.C.F. était venu à la rencontre de son homologue italien, avec l’idée de trouver un appui : l’espoir de le gagner à la lutte contre Khrouchtchev aux côtés de la vieille garde stalinienne du Presidium. Or Togliatti  manifesta un choix en sens contraire. Ce fut la rupture Thorez-Togliatti.

Un état d’esprit inquiétant se développa dans l’appareil du Parti. La contestation s’instaura au sein de l’appareil. L’existence du rapport secret révélée par le département d’État le 4 juin, le journal Le Monde publia le rapport secret le 6 juin. La fronde s’intensifia dans le Parti : militants et responsables se rencontraient et chuchotaient que Staline avait fait tuer 500.000 communistes. Maurice Thorez réagit le 18 juin et décida de dépêcher une mission à Moscou pour rencontrer Khrouchtchev et lui dire qu’il plaçait le Parti français « dans une situation intenable ». La victoire de Thorez était totale au XIVe Congrès stalinien qui se tint au Havre du 18 au 21 juillet 1956, sur la base des critères du Secrétaire général.

Maurice Thorez passa ses vacances au bord de la mer Noire et à la rentrée, « les événements et la pression de la base du Parti, plus particulièrement le développement des affaires polonaise et hongroise, allaient contraindre Thorez à faire ce qui devait être sa dernière et sa plus importante concession sur le plan de la théorie du Parti ». Dans France-Nouvelle du 13 octobre 1956, on trouve en effet le texte d’un discours du secrétaire général du Parti aux professeurs de l’École centrale du Parti.

La lettre d’Aimé Césaire à Maurice Thorez est du 24 octobre.

Le scénario du film-documentaire n’a pas été rédigé par un historien et le résultat final, la réalisation se ressent d’une telle absence. L’occasion de déplorer la prépondérance dans nos îles de ces écrivains à l’imagination fertile qui produisent tant de livres cachets pour fuir la réalité politique et jouir sur la plage, sans complexe, des délices de l’assimilation.

Disons-le une fois pour toutes, Romuald Fonkoua n’est pas historien. C’est un spécialiste de la littérature dite francophone donc une littérature africaine. Il ne semble d’ailleurs pas connaître la littérature des Caraïbes. Il n’a semble-t-il qu’une connaissance assez superficielle des îles de l’archipel oriental. Quant à ce qu’il nomme histoire « antillaise », c’est, n’en doutons pas, un fatras de croyances empruntées à la Vulgate ou à son imagination. Où a-t-il donc pris l’information selon laquelle la Martinique et la Guadeloupe seraient des territoires autonomes depuis quelques années, avant 1956 ? Sinon dans son imaginaire d’écrivain africain sollicité par sa formation intellectuelle littéraire. Comment peut-on soutenir une thèse de doctorat avec de telles ignorances me direz-vous ? C’est un autre problème qui concerne le directeur de thèse et le jury choisi par les autorités universitaires pour juger de la valeur des travaux présentés par l’impétrant en question.

Les interprétations soi-disant historiques du littéraire Fonkoua surprennent négativement dans le Film-documentaire « Césaire contre Aragon » (2017) que j’apprécie pour la richesse de ses illustrations sociales et la réelle beauté de sa réalisation.

 

Le problème qui m’intéresse est de savoir comment, pourquoi aucun historien n’apparaît dans l’encadrement de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage ?

Comment expliquer une telle absence à ce niveau de la construction d’un tel organisme d’État, reconnu d’utilité publique ?

Peut-on imaginer un tel rassemblement visant à constituer une Fondation analogue sous la coupole de la Shoah, sans la contribution du lot d’historiens connus depuis des lustres qui travaillent à la reconnaissance de la mémoire juive ?

La réponse, on la connaît : pas d’historiens dans l’encadrement, c’est verrouiller les investigations : pas de développement de l’Histoire à redouter ! Des experts rassemblés sur le papier, autour d’un aréopage de personnalités politiques pressées de se doter de fonds et de se mettre à pérorer, à voyager, à se montrer aux fenestrons, à se congratuler et à s’échanger des breloques.

Par ailleurs, comment justifier que les organisateurs aient choisi comme président du comité scientifique, un tel enseignant ? Un prince, fils de roi africain, spécialiste de la littérature francophone d’Afrique, ignorant l’Histoire des Caraïbes, placé à la tête d’un groupe d’experts scientifiques ?

La littérature française diffère comme on le sait de la littérature francophone. C’est ce que soulignent des spécialistes Africains s’exprimant sur cette question dans un documentaire du 12 mars 2019 sur les réseaux sociaux. Il ne peut y avoir de littérature africaine que d’expression africaine. Tous ces universitaires africains qui revendiquent la littérature francophone et qui ne parlent qu’en français, pour un public français, et ne s’expriment pas en langues africaines sont qualifiés de « nègres acculturés perdus pour l’Afrique ». En conclusion, « un Noir Africain qui ne sait pas exprimer son savoir dans des langues africaines  est un analphabète ».  

 

Un président Africain littéraire, à la tête d’un groupe d’experts, visant à promouvoir la mémoire de l’esclavage et de la traite négrière, signifie en d’autres termes, pas de président du tout. Cette absence de président  rend l’ensemble des chercheurs totalement inefficace. Même si d’autres cerveaux, dans l’ombre, s’évertuent à animer le cercle. Aucun comité d’experts ne peut fonctionner dans de telles conditions.

Reconnaissons toutefois que Romuald Fonkoua a raison de souligner l’importance de l’assimilation qui doit être prise en compte dans la « problématique » qu’il envisage pour ses travaux universitaires. Au moins, un tel président ne se fait aucune illusion sur les membres de son groupe, ces experts tapineurs qu’il doit diriger pour façonner des valeurs bien françaises. Certains de ces chercheurs qui ont accepté de travailler de concert au sein de la Fondation sont des individus colonisés. Dans l’ensemble des experts distingués par l’État français pour tracter cette Fondation pour la mémoire de l’esclavage, soyons certains en effet que les organisateurs ont soigneusement veillé à sélectionner des hommes et des femmes fidèles à l’orientation politique du courant assimilationniste qui irrigue et traverse de part en part ce projet de déprédation de l’Histoire.

 

ODL

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