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Guadeloupe. Indianitude. Nouveau retour sur l’Affaire Maxette Pirbakas !

10 Juil 2020
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Le Moule. Vendredi 10 juillet 2020. CCN. Depuis l’élection de Maxette Pirbakas, comme député d’extrême droite au Parlement européen, chacune de ses prises de positions suscite en Guadeloupe des réactions et des polémiques liées à son appartenance au parti Lepéniste mais aussi du fait que Maxette Pirbakas soit une Indo-descendante. Son récent vote au P/E contre la reconnaissance de l’esclavage comme crime, n’est pas passée inaperçue. Michel Narayinsamamy, Président du Gopio Guadeloupe, en   publiant   cette contribution partisane qu’il a lui-même intitulé « La Goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Fera-t-il taire la polémique ?  Pas sur…

Depuis quelques jours, l’affaire « Maxette PIRBAKAS » fait la une de l’actualité et le buzz sur les réseaux sociaux.

Son crime : n’avoir pas voté pour la résolution proposée par le député européen Younous OMARJEE de « reconnaitre l’esclavage comme crime contre l’humanité » par le Parlement Européen.

La déferlante de propos racistes, de mépris, de haine... à son égard mais aussi à l’égard de la composante indienne amplifiée par les réseaux sociaux, le contexte international et préélectoral est incompréhensible et inacceptable. Toutes les limites ont été dépassées.

Je rappelle que le droit de vote est à la base de la démocratie. On peut ne pas être d’accord avec le choix du vote, on peut le critiquer, on doit même le critiquer, ce qui est normal dans une démocratie, mais critiquer, ce n’est pas dénigrer, ce n’est pas mépriser, et encore moins porter atteinte à la dignité de la Personne.

Quel député, quel sénateur, durant sa mandature n’a pas voté par solidarité avec son groupe parlementaire, une loi qui ne va pas forcément dans le sens des intérêts de sa circonscription, de son Pays. Il y a eu des critiques qui se sont limitées au cadre normal du jeu démocratique, mais il n’y a jamais eu cette vague de mépris, de haine, de violence...à laquelle nous avons assisté ces derniers jours.

Où est-elle cette liberté chérie ?
Ce que nous avons vécu est révélateur d’un racisme anti-indien profond, qui perdure, qui va même, au- delà des « Zindiens » et touche les principales Composantes Minoritaires de la population guadeloupéenne. N’a-t-on pas entendu durant la campagne des municipales, un slogan « pas voté pou syrien la » ?

Tous les Elus, toutes les Elues ont droit à un minimum de respect, parce qu’ils sont avant tout l’expression d’une légitimité démocratique. S’attaquer aux élus, c’est remettre en cause les principes de base de la démocratie.

La Guadeloupe sans toutes ses Composantes n’est pas la Guadeloupe.

Sa richesse, c’est sa diversité ethnique, son métissage, sa diversité culturelle, son histoire plurielle... pas mise en valeur ou pas suffisamment mise en valeur, par les politiques culturelles, ce qui constitue une forme de discrimination, alors que « la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui, après avoir indiqué dans son article 20 que « toutes les personnes sont égales en droit », précise, à l’article suivant, qu’est « interdite toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle ».

Le Cas Pirbakas est un cas parmi tant d’autres, révélés pendant la campagne municipale.

En effet, depuis quelques années, en Guadeloupe comme un peu partout dans le monde, l’intolérance qui a souvent pour cause essentielle I’ignorance, gagne du terrain dans l’indifférence générale.

Respect, Solidarité, Tolérance sont les valeurs fondatrices de la réussite de la vie en Groupe et de la vie en société.

Malheureusement, nous avons de plus en plus de difficultés à les intégrer dans nos comportements quotidiens, dans nos rapports avec les autres, avec pour conséquences, la porte ouverte à toutes les dérives, ce à quoi nous assistons depuis quelques temps sur les iles de Guadeloupe.

Alors, comment construire cette Guadeloupe, qu’on chérit avec des mots et que l’on s’amuse à détruire par des opérations de déstabilisations ?

Peut-on créer les conditions du « bien Vivre Ensemble » clé du devenir du Pays, en développant des sentiments de haine ?

Comme disait Bouddha, «Jamais la haine ne cesse par la haine ; c'est la bienveillance qui réconcilie ». (La Bienveillance : Qualité d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui).

Au moment où tout se radicalise, la ruse, la haine, l’ego, le politiquement correct, les discours humanitaires... la bienveillance est la seule réponse à la crise morale que traversent nos sociétés. D’où l’urgence, de la pratiquer sans peur, sans honte, sans modération et sans nuances...

L’absence de vision globale, la mise en place de politiques, claniques, iniques, électoralistes, sans perspectives, développent notamment dans le secteur culturel, des sentiments d’exclusion, divisent, et sont perçues de plus en plus par certains comme une volonté d’imposer le « noirisme » sur ce territoire des îles de Guadeloupe, en faisant disparaitre de manière subtiles toutes les richesses de cette diversité, ethnique, historique, culturelle, cultuelle...

Pour rappel, c’est le temps qui forge les Cultures, en agrégeant les différents apports.

La Culture c’est le ciment de toute société quand elle valorise et respecte tous les apports.

Le constat est sidérant.

C’est ainsi que l’on tente d’imposer :

 1. l’Esclavage, comme étant l’histoire de la Guadeloupe ;

 2. Le KA, comme étant la culture guadeloupéenne ;

Avec les relais politiques, médiatiques, culturels...

Quant au Mémorial Act, qui nous a été présenté comme le « Temple Mondial » de l’Histoire de la Traite Négrière et de l’Esclavage pour faire accepter le coût de la construction, chiffré à plus de 80 millions d’euros, payé par tous les Contribuables Français de Guadeloupe, de l’Hexagone et Européens, il suscite encore, bien des interrogations. Comment expliquer, que les financeurs de ce projet n’aient jamais pensé un seul instant aux autres Composantes de la population Guadeloupéenne, qui elles aussi, ont une histoire ?

Cette faute grave, a développé des sentiments d’exclusion et amené nombre d’entre nous, à s’interroger sur notre place sur ce territoire.

Ces mépris répétés, ce profond manque de respect à l’égard de toutes ces composantes minoritaires de la population guadeloupéenne, qui participent activement à la vie du Pays, niant leur existence, leur histoire, leur culture... deviennent, de plus en plus insupportables et inacceptables. RESPECTEZ NOUS ! Serais- Je tenté de dire.

Cette situation n’a que trop durée. Une réaction s’impose désormais.

Aux risques de plaire ou de déplaire, je dirai, malheureusement ou heureusement :

« Nous ne pouvons pas être, ce que nous ne sommes pas ».

Conséquences directes ou indirectes sur la vie, et le développement du Pays Guadeloupe

Pendant que l’on se dénigre, s’invective, se méprise, se tue, l’Intolérance, la Pauvreté, l’Analphabétisme, l’Illettrisme, le développement du sous-développement du Pays, la dépopulation, les problèmes environnementaux... s’accentuent, sans oublier les risques naturels qui constituent des menaces sérieuses pour notre Existence.

Face à ces maux, qui gangrènent notre société, obèrent notre avenir et celui de nos enfants, suscitent des inquiétudes, pas de réponses, pas de réflexions sérieuses.

Une société autant divisée voit son avenir menacé.

Face à la gravité de la situation, Il est peut-être temps, que les intellectuels, les « faiseurs d’opinion », les lanceurs d’alerte, victimes eux aussi de cette situation, s’activent, jouent leur rôle.

Sachons, faire fi de nos différences, de nos divergences quand il s’agit de l’intérêt supérieur de notre Pays pour enfin œuvrer ensemble, pour le développement d’une société apaisée et prospère.

Seule une société unie et solidaire est à même de pouvoir répondre aux défis qui se présentent à elle.

Le Moule 03 juillet 2020

Michel NARAYANINSAMY

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